Vicky Sabourin: donneuse de sens

L'animal fait partie intégrante de la démarche de Vicky... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE)

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L'animal fait partie intégrante de la démarche de Vicky Sabourin.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

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Alliant l'art dramatique à l'art visuel, Vicky Sabourin est en train de faire sa marque au Québec. Grâce à ses performances qui découlent de récits qui l'ont marquée et ses expositions au Canada, aux États-Unis et en Europe, elle a été en lice l'automne dernier pour le prix Pierre-Ayot de la Ville de Montréal.

Vicky Sabourin a deux atouts: un goût immodéré pour la scène et un grand besoin de créer. Les portes des écoles de théâtre n'ayant pas daigné s'ouvrir à elle quand elle avait la jeune vingtaine, la Montréalaise a quitté la métropole pour aller étudier les arts visuels à l'Université Laval. Elle a ensuite rebondi à l'École supérieure des beaux-arts de Marseille, où elle s'est perfectionnée en photographie.

Avec un «regard neuf», l'artiste a fini ses études sur le campus de Sainte-Foy avant d'entamer une maîtrise à Concordia qu'elle a terminée l'an dernier. «En Europe, mes études m'ont appris à être autonome car, là-bas, les profs ne sont pas toujours derrière vous, dit l'artiste de 31 ans. Ça permet de trouver une stimulation en soi pour produire. Quand je suis revenue à Montréal, j'étais plus stable et plus motivée.»

Son année au bord de la Méditerranée lui a permis de faire ses premiers pas en performance. Sans jouer, mais en mettant en scène des figurants au milieu de la garrigue et des animaux de Provence.

«C'est en revenant à Québec que j'ai pu découvrir, lors d'un séminaire, un grand éventail de performances, notamment celles de l'Irlandaise Amanda Coogan qui faisait des tableaux vivants. Je me suis dis "Ça, c'est moi!'', car ça reliait les arts visuels à l'art dramatique. J'ai alors compris comment je pourrais me mettre en scène dans mon travail.»

Animaux et narration

L'animal fait partie intégrante de sa démarche. Jeune, l'artiste voulait être vétérinaire. Son grand-père est peintre animalier. Elle possède un réel talent pour créer des lièvres en feutre ou un cheval grandeur nature criant de vérité, comme elle l'a fait récemment à la galerie Trois Points.

Ses installations partent toujours d'une histoire qui a frappé son imaginaire et stimulé une émotion qu'elle essaie de transmettre au public lors de ses performances. Comme une réflexion sur la vie. Elle l'a montré l'été dernier lors de l'exposition Re: Faire comme si... présentée à la Maison des arts de Laval avec Julie Favreau et Jacinthe Carrier. Elle y évoquait un épisode de la vie rurale américaine du XXe siècle, une histoire qui prenait un sens universel grâce à ses choix visuels et scéniques.

Elle travaille actuellement à une série d'expositions autour du conte avec une commissaire albertaine. Vicky Sabourin reste donc ancrée dans le récit. Pour donner du sens. Et elle n'a pas fini d'en donner, grâce à de «nouveaux médiums, de nouvelles techniques et de nouvelles idées».

Ce qui l'allume

LIVRE

Dance of the Happy Shades, d'Alice Munro

«Son premier roman de 1968 symbolise ma lecture de 2014. En effet, après qu'Alice Munro eut reçu le prix Nobel en 2013, on m'a offert ce livre à Noël. Dans ce livre, il y a une nouvelle sur une famille qui élève des renards et qui doit abattre un cheval à cause de la situation économique. Ça m'a beaucoup marquée.»

SPECTACLE

Cabaret brise-jour - Autour des musiques de Kurt Weill, de l'Orchestre d'hommes-orchestres

«Je les ai vus au Musée d'art contemporain dans le cadre du Festival de jazz. J'ai été très touchée, bouleversée. Ça m'a fait vivre plein d'émotions.»

FILM

Mommy, de Xavier Dolan

«Je trouvais important de le mentionner, car c'est un film québécois qui m'a beaucoup touchée.»

TÉLÉVISION

Les revenants (France) sur ARTV

«Je regarde beaucoup d'émissions. C'est souvent ma façon de décrocher quand je produis. Cette série m'a marquée. Le traitement de l'image est tellement à part. Et puis, il y a un mystère tellement inhabituel...»

MUSIQUE

Graceland, de Paul Simon

«Ç'a été produit en 1986 et je ne peux pas croire que je ne connaissais pas cet album avant. Je l'ai écouté durant mes vacances d'été dans le Maine. C'est aussi la musique que j'écoute avant mes performances, quand je suis bien nerveuse. Ce disque me met de bonne humeur et m'enlève du stress.»

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