Les artistes de l'année: Nadia Myre, la persévérante

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Nadia Myre

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Mario Cloutier

L'image était belle le 19 novembre dernier à Winnipeg. Nadia Myre, Algonquine de la Première Nation Kitigan Zibi Anishinabeg du Québec, a reçu le prix Sobey - la plus importante récompense privée en arts visuels au Canada - des mains de Duane Linklater, Cri Omaskêko, de la Moose Cree First Nation du nord de l'Ontario.

Les artistes des Premières Nations nés dans les années 60 et 70 - Kent Monkman, Brian Jungen, Annie Pootoogook et Rebecca Belmore entre autres - , sont à l'avant-garde de l'art contemporain canadien sur la scène internationale. Remis 11 fois depuis 2002, le prix Sobey - doté d'une bourse de 50 000 $ - a récompensé quatre fois le travail d'artistes des Premières Nations.

Parmi ces grands artistes, Nadia Myre n'a pas volé sa place. Elle en était à sa quatrième nomination depuis 2011, et à sa dernière année d'admissibilité pour ce prix réservé aux artistes de moins de 40 ans au Canada.

Depuis une dizaine d'années, ses oeuvres ont été vues dans des expositions individuelles ou collectives aux États-Unis, en France, en Suède et en Grande-Bretagne. Elle a été récemment au Sénégal, et son travail peut également être vu à la Biennale de Shanghai jusqu'au 31 mars 2015.

The Scar Project

C'est son oeuvre monumentale The Scar Project (2005-2013) qui a retenu l'attention du jury du prix Sobey, cette année. Pendant toutes ces années, Nadia Myre a accumulé 1400 canevas tissés, déchirés, cousus par autant de participants qui exprimaient ainsi blessures et cicatrices, physiques ou mentales.

Cette matière brute, ancrée dans la vie des gens, l'inspire donc depuis des années. En plus des canevas exposés comme tels, l'artiste en a jusqu'ici tiré un livre, une vidéo, des bandes sonores et des photographies.

Sa pratique multidisciplinaire s'inspire souvent de la participation d'autres personnes, sur des thèmes comme l'identité, la langue, la nostalgie et la perte. Nadia Myre utilise des techniques ancestrales, comme le tissage ou le perlage, pour faire émerger des oeuvres conceptuelles à message, subtiles, mais éloquentes.

Nadia Myre est diplômée de deux importantes institutions en arts visuels au Canada: l'Emily Carr University of Art and Design de Vancouver (1997) et l'université Concordia (maîtrise en beaux-arts, 2002).

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