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Les Grecs - D'Agamemnon à Alexandre le Grand: 5000 ans d'histoire exposée

L'archéologue et conservateur de l'expo Les Grecs -... (Photo Giorgos Moutafis, fournie par le Musée Canadien de l'Histoire.)

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L'archéologue et conservateur de l'expo Les Grecs - d'Agamemnon à ALexandre le Grand, Terence Clark dans l'enceinte du Parthénon.

Photo Giorgos Moutafis, fournie par le Musée Canadien de l'Histoire.

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En accueillant en première mondiale, à partir du 12 décembre, l'exposition Les Grecs - D'Agamemnon à Alexandre le Grand, le musée Pointe-à-Callière ouvre ses portes à «la plus ambitieuse exposition portant sur la Grèce antique que l'Amérique du Nord ait vue depuis une génération», estime l'archéologue du Musée canadien de l'histoire (MCH), Terence Clark, qui a mis sur pied et coordonné cette exposition, dont il est le conservateur.

Ambitieuse parce qu'elle retrace 5000 ans d'histoire de la péninsule hellénique. Et, surtout, parce que plus de 20 musées grecs ont mis la main à la pâte afin de prêter au Canada près de 550 objets: masques funéraires et couronnes en or, bijoux, poteries, attirail militaire; sculptures en marbre ou en terre glaise (kouros et korês, statue d'Alexandre divinisé par des cornes «paniques» à son front, tête d'Homère); pièces de monnaie et autres objets de la vie quotidienne.

Autant de «joyaux d'une valeur inestimable» estime Chantal Schryer,vice-présidente du MCH. D'une «ampleur sans précédent», cette concertation représente un défi immense pour son collègue Terence Clark, plutôt versé dans les sites autochtones de la côte ouest. Il a dû composer avec les consignes et les inquiétudes de chacun des éminents spécialistes, «souvent bien plus calés» que lui, qui ont accepté de lui confier des «trésors du patrimoine archéologique grec» auxquels ils sont souvent «sentimentalement très attachés».

«Cinq mille ans d'histoire, c'est vaste, et on ne peut malheureusement pas tout dire.» De plus, «avoir de superbes pièces ne suffit pas: l'important, c'est de savoir comment on va raconter et présenter cette histoire», explique M. Clark. Pour le public nord-américain, il s'est efforcé d'«humaniser» l'approche, notamment par le truchement de 11 «rencontres» avec des personnes qui ont réellement existé. Rois, héros ou quidam, ces effigies grandeur nature porteront des accessoires que le public pourra toucher et comparer aux originaux dont ils sont les répliques.

L'interactivité et les passerelles vers les réseaux sociaux ont été soignées. Une application pour téléphone mobile offrira une expérience de «réalité augmentée» dans le cas de certains objets.

Songeant au jeune public, il dit avoir réservé une place importante aux grands mythes grecs.

Redorer l'image de la Grèce

En ce début novembre, Terence Clark arpente Athènes avec une délégation canadienne qui multiplie les visites muséales afin de constater le bon déroulement des ultimes préparatifs avant que les précieux objets soient acheminés par avion vers Montréal.

Ce soir-là, l'archéologue a l'air ravi: il revient tout juste d'une rencontre avec l'ambassadeur du Canada en Grèce, Robert Peck, et Eleftherios Angelopoulos, son prédécesseur. Les deux diplomates ont réitéré leur gratitude envers «la vision, la motivation et le dévouement du Musée canadien de l'histoire», sans omettre de souligner «l'enthousiasme» de son directeur général, Jean-Marc Blais, idéateur du projet, ainsi que l'«énorme accomplissement» de l'équipe de Terence Clark, qui travaille au projet depuis plus de deux ans.

«C'est une occasion unique pour affirmer que la Grèce est de retour» à l'avant-scène, s'est exclamé l'ambassadeur Peck, qui a rappelé que bon nombre des objets ici réunis n'étaient jamais sortis du pays. Pour la République hellénique, ce prêt est aussi une façon de redorer à l'étranger une image ternie par la crise financière et le chômage endémique qui l'ont touchée dans les dernières années.

«Cette très ambitieuse exposition représente une opportunité de montrer non seulement le visage de notre glorieux passé, mais aussi celui de la Grèce moderne», a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Evangelos Venizelos, après avoir évoqué le «patriotisme archéologique des Grecs», plutôt frileux à l'idée de voir leurs trésors traverser les frontières. Leurs appréhensions ne sont pas étrangères au fait que, pour admirer le bas-relief de leur monument national, le Parthénon, ils doivent se rendre... au British Museum. La fresque de marbre a été envoyée à Londres en 1901 par l'ambassadeur à Constantinople, Lord Elgin. Les démarches diplomatiques menées pour la récupérer ont échoué jusqu'ici.

«Et on est très heureux de commencer [cette ouverture internationale] avec nos alliés du Canada», a indiqué le ministre Venizelos.

Expo-vitrine

Les visiteurs canadiens sont dans la ligne de mire de la ministre du Tourisme, Olga Kefalogianni, car ils sont beaucoup plus dépensiers que les Européens, constate-t-elle. Elle mise sur cette exposition-vitrine pour susciter les envies de voyage aux abords de la mer Égée.

La communauté grecque de Montréal, évaluée à 80 000 personnes, attend fébrilement l'exposition, au point d'avoir largement contribué à en faire la promotion dans les derniers mois, selon la directrice du marketing de Pointe-à-Callière, Claude-Sylvie Lemery.

Pendant la durée de l'exposition, soit jusqu'au 26 avril 2015, le musée montréalais offrira de nombreuses activités connexes - gastronomiques, cinématographiques ou musicales - ainsi qu'une série de conférences données par des spécialistes, après quoi Agamemnon, Alexandre et leurs compatriotes prendront le chemin de Gatineau, où le Musée canadien de l'histoire les accueillera du 5 juin au 12 octobre). The Field Museum, à Chicago, et le National Geographic Museum, à Washington, les recevront ensuite. Ces quatre musées ont uni leurs forces dans un consortium dirigé par le MCH afin de faciliter la mise sur pied de l'exposition.

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