Art public à Longueuil: sept oeuvres à l'abandon

De cuivre et de chimère de Joëlle Morosoli (en... (PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE)

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De cuivre et de chimère de Joëlle Morosoli (en collaboration avec son mari Rolf) est la plus triste à voir.

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Mario Cloutier

Si l'art public vit un âge d'or à Montréal, selon certains experts, c'est l'envers du décor juste de l'autre côté du fleuve, à Longueuil, où sept oeuvres de femmes ont été abandonnées à leur sort, vandalisées et, certaines, volées.

Si l'art public vit un âge d'or à Montréal, selon certains experts, c'est l'envers du décor juste de l'autre côté du fleuve, à Longueuil, où sept oeuvres de femmes ont été abandonnées à leur sort, vandalisées et, certaines, volées.

Le spectacle est plutôt désolant. Des sculptures abîmées de nombreux graffitis, rouillées, vandalisées. Deux oeuvres sur sept manquent à l'appel, probablement volées. C'est l'état des lieux du parc de sculptures que la Ville de Longueuil s'était vantée d'avoir créé en 1995 en bordure du fleuve dans le parc Marie-Victorin. 

Un rapport de 2003, obtenu par La Presse, montrait déjà l'état déplorable dans lequel se trouvaient les sept oeuvres du Symposium international Terre gravide... émergence qui donnait à Longueuil « l'opportunité de créer dans notre ville un parc de sculptures », comme l'écrivait le maire Claude Gladu, en 1995.

« Dans l'ensemble, les oeuvres sont dans un assez bon état. Il faudrait un minimum d'entretien pour répondre aux normes que les artistes ont recommandées », peut-on lire dans ce rapport réalisé il y a 11 ans. 

Après vérifications, très peu des sept recommandations de ce rapport ont été suivies. La situation a, de toute évidence, empiré. 

« C'est un désastre, déclare la coorganisatrice de l'événement Louise Matte qui a visité le parc récemment. Je ne pensais pas que c'était allé si loin. »

« Je crois que la Ville a été négligente en plus de manquer carrément de respect envers les artistes », ajoute la coorganisatrice du Symposium Terre gravide... émergence.

La pièce monumentale De cuivre et de chimère de Joëlle Morosoli (en collaboration avec son mari Rolf) est la plus triste à voir. Inspirée par les drakkars scandinaves, cette sculpture a perdu le moteur qui faisait bouger sa figure de proue ainsi que des ailes métalliques placées de chaque côté l'oeuvre.

Parmi les autres sculptures, il y avait aussi le travail de l'artiste montréalaise Linda Covit, à qui l'on doit la magnifique sculpture monumentale, Havre, qui vient d'être installée devant le CUSM.

« Personne ne m'a avertie que des pièces étaient manquantes. Nous devrions être les premières personnes informées quand il se passe quelque chose », note-t-elle quand La Presse lui a rapporté que les anneaux en laiton qu'elle avait installés autour de sept arbres étaient introuvables.

Le duo Cozic, Yvon Cozic et Monic Brassard, a, par contre, été informé rapidement il y a quelques semaines que son oeuvre Hommages à René Lévesque avait failli être volée, sur la promenade qui relie Longueuil à Boucherville tout près du parc Marie-Victorin. 

« Le métal a été tordu et coupé, relate l'artiste Yvon Cozic. La Ville va faire le nécessaire pour réparer, mais il manque d'éclairage et de surveillance. »

« Ce n'est pas la première fois que ça arrive. La Ville a trop attendu », soutient M. Cozic

C'est ce que reproche Louise Matte également à la Ville de Longueuil en disant qu'au minimum les sculptures doivent « bien identifiées et éclairées ». 

Celle qui avait aussi organisé le Symposium international de la Place Ville-Marie en 1991 croit que Longueuil se doit, en conséquence de « mettre de l'éclairage, réparer les oeuvres, mieux identifier le symposium et les oeuvres créées avec des des plaques bien situées ». 

À part une plaque à l'écart des oeuvres qui montre plutôt schématiquement le parcours du parc de sculptures et une plaque près de l'oeuvre de la sculpteure Liliana Berezowsky - intitulée À la lisière du fleuve, la pièce la moins abîmée, mais néanmoins garnie de graffitis - il y a fort peu d'éclairage dans ce parc et aucune identification située à proximité de six des sept oeuvres du symposium.

Coupé de la ville par l'autoroute 132, il faut dire que le parc Marie-Victorin n'a pas très bonne réputation auprès des habitants de Longueuil. 

« Je n'irais pas là le soir, mais puisque j'habite Longueuil, j'ai pu constater que les oeuvres s'étaient détériorées », a souligné Jacinthe Lemay, l'une des quatre signataires du rapport sur le parc de sculptures remis au Conseil montérégien de la culture et des communications en 2003.

Réponse de la Ville

La Ville de Longueuil dit vouloir prendre des mesures afin d'améliorer la situation sans en préciser la teneur. 

« On est conscient des problèmes au parc Marie-Victorin, explique le directeur des communications de la ville de Longueuil, Bernard Bigras. Ça nécessite le renforcement de la sécurité non seulement des gens, mais des oeuvres qui s'y trouvent. La surveillance doit y être accrue. »

Dans le cas de l'oeuvre du duo Cozic, la Ville de Longueuil compte la retirer le plus rapidement possible en la démantelant afin de la « restaurer en collaboration avec les artistes », a précisé M. Bigras.

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