Musée du Rock'n'Roll: des iPod de 400 livres...

Un «iPod de 400 livres» qui fait tripper... (Photo: fournie par le Musée du Rock'n'Roll)

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Un «iPod de 400 livres» qui fait tripper les jeunes à l'expo Révolution Rock.

Photo: fournie par le Musée du Rock'n'Roll

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Daniel Lemay
La Presse

She loves you, yeah! yeah! yeah! En avril 1964, les Beatles occupent les cinq premières places du Billboard américain, du jamais-vu depuis, et She Loves You, le premier méga-hit du quartette britannique, est au numéro 1. Yeah! yeah! yeah! ye....eah!

Tout le monde, partout, essaye d'imiter les Beatles, du point de vue vestimentaire, instrumental, harmonique ou capillaire. Ici, les Baronets - René Angelil, Pierre Labelle et Jean Beaulne - sont au premier rang: les Beatles lancent un titre et une semaine plus tard, les Baronets le sortent en français. Twist and Shout devient Twiste et chante, Ça recommence est la reprise d'It Won't Be Long (Yeah!).

Déjà en 1963, le sociologue français Edgar Morin (La Méthode) parlait des yé-yé en évoquant les vedettes de l'heure, Richard Anthony, Françoise Hardy et autres Johnny Hallyday dont les artistes d'ici reprennent aussi les succès. Comme Michèle Richard avec La plus belle pour aller danser, popularisée là-bas par Sylvie Vartan.

Le yéyé était un style, une époque, et nostalgiques et curieux de tous âges voudront se remémorer ou découvrir les principaux éléments de cette esthétique du milieu du XXe siècle au nouveau Musée du Rock'n'Roll qui vient d'ouvrir au 2222, Ontario Est, dans l'édifice de La Boîte à musique.

Oh! Révolution Rock 1964-1968 - Du yéyé au psychédélique ne remportera pas de prix de muséologie ou de scénographie, mais ses 3000 pieds carrés contiennent assez d'artéfacts, d'information et de musique pour faire comprendre l'époque où Archambault vendait des radios à son effigie et où, dans les bars, on pouvait écouter et regarder des chansons-clips dans le Scopitone.

Le Musée du Rock'n'Roll, qui a longtemps fait la route des festivals dans un autobus conduit par son «conservateur» Patrice Caron, s'est monté avec un budget de 35 000 $ - trente-cinq mille! - obtenu d'organismes de subventions «sociales» comme le Réseau d'investissement social du Québec: «RISQ» minimal.

«Trente-cinq mille piastres et beaucoup d'huile de bras», nous dira Patrice Caron qui s'est adjoint des collaborateurs aussi passionnés que lui pour le rock québécois.

Au-delà des tenues de scène et des journaux artistiques - «Les jambes de Pierre Perpall valent 100 000 $», affirmait Écho-Vedettes en 1967 - , on s'étonne, en visitant Révolution Rock, du nombre d'artistes qui sont encore actifs aujourd'hui

Avant de devenir une super-vedette dans les années 70, Jacques Michel avait enregistré cinq microsillons et écrit des chansons pour d'autres dont Monsieur le robot, grand succès de Simon Brouillard et des Lutins. Après son hit aux retrouvailles du festival Guitares du monde en Abitibi-Témiscamingue en mai dernier, on apprenait cette semaine qu'Audiogram avait «recruté» Jacques Michel qui retourne en studio. Pas besoin de frapper...

Trevor Payne, ancien des Hounds puis des Soul Brothers, fondera en 1982 le Montreal Jubilation Gospel Choir, une des plus prestigieuses chorales montréalaises que dirige toujours le Révérend.

Dans la section des «Affranchis», «ceux qui sortaient du cadre», explique Caron, on retrouve entre autres les Sinners, un quatuor irrévérencieux que plusieurs considèrent comme le premier groupe punk du Québec. Aujourd'hui, l'ex-Sinner François Guy dirige le Studio-théâtre Claude-Léveillée de la Place des Arts, et son ancien collègue Charles Prévost-Linton chantait les hymnes nationaux aux matches du Canadien... jusqu'à ce que Ginette Reno, elle-même une ancienne yéyé, le remplace au printemps.

Le chanteur des Strongmen puis des Chanceliers s'appelait Michel Pagliaro et, au sortir de la période yéyé, Pag est devenu une des figures de proue du rock québécois. Avec Robert Charlebois qui, lui, s'était fait connaître dans des revues - Terre des bums, l'Osstidcho - mais n'a toujours travaillé que sous son propre nom.

Les groupes féminins par ailleurs - les Intrigantes, les Guerrières, les Miladys - étaient peu nombreux, mais certains ont connu leur demi-heure de gloire, comme les Beatlettes qui ont fait la première partie de Dave Clark Five au Forum en octobre 1964 avec, entre autres, Pierre Lalonde, l'animateur de la grande émission de télé de l'époque yéyé, Jeunesse d'aujourd'hui. Aucune vedette actuelle, toutefois, ne faisait partie d'un groupe. De l'époque, il reste Ginette Reno, Renée Martel et Nanette Workman, amenée ici par Tony Roman, inoubliable interprète de Doo Wa Dee-Dee.

Mais qu'est-ce qui frappe les jeunes qui n'ont pas connu l'époque? «Les kids trippent sur la technique, affirme Patrice Caron. Pour eux autres, un juke-box, c'est comme un iPod de 400 livres, mais avec juste 100 tounes dedans...»

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Expo Révolution Rock: jusqu'au 29 mars 2015.

À l'agenda

> Dimanche Blues - Dimanche, le Club Soda présente la plus grande affiche de blues de son histoire avec deux sextettes comptant parmi les «légendes» du blues canadien: Downchild Blues Band, toujours mené, après 45 ans, par «Mr. Downchild» lui-même, Donnie Walsh; et Powder Blues avec le guitariste Tom Lavin qui, pour une fois, va se retrouver «on the right side of town».

> Sonate spontanée - S'inspirant des sonates de Beethoven, le guitariste Tim Brady a écrit The Spontaneous Sonata Project, pour guitare électrique et deux pianos, avec traitement électronique en temps réel. Tim Brady a entrepris une tournée montréalaise avec les pianistes Brigitte Poulin, interprète de musique classique contemporaine, et François Bourassa, un des grands noms du jazz québécois. À voir et à entendre mardi à la MC Ahuntsic, le 12 novembre à la Chapelle historique du Bon-Pasteur, le 13 à la MC Marie-Uguay et le 15 à la MC Rosemont.

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