Van Gogh, de Vinci et Matisse au Louvre d'Abou Dhabi

Paris et Abou Dhabi ont signé en 2007... (Photo KARIM SAHIB, Archives AFP)

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Paris et Abou Dhabi ont signé en 2007 un accord sans précédent pour 30 ans portant sur la conception et la mise en oeuvre par l'Agence France-Muséums du Louvre aux Émirats.

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René SLAMA
Agence France-Presse
DUBAÏ

Des chefs d'oeuvre de Léonard de Vinci, Vincent Van Gogh, Claude Monet, Henri Matisse et Andy Warhol figurent parmi les 300 oeuvres qui seront prêtées par 13 musées français pour l'ouverture du Musée du Louvre d'Abou Dhabi, a annoncé dimanche l'émirat.

En révélant ces prêts exceptionnels, le richissime émirat du Golfe n'a pas dévoilé la date exacte de l'inauguration du musée construit par l'architecte Jean Nouvel, mais décembre 2015 reste l'objectif des autorités, indique-t-on de source française.

Quelque 300 oeuvres «provenant des plus grands établissements français» seront présentées «aux côtés de la collection du musée pour son année d'ouverture», indique l'émirat. Ces prêts viendront compléter la collection, «tout en illustrant la vocation universelle du Louvre Abu Dhabi».

Parmi les prêts figurent La Belle Ferronnière de Léonard de Vinci, qui vient du Musée du Louvre, l'Apollon du Belvédère de Francesco Primaticcio (Château de Fontainebleau), Bonaparte franchissant les Alpes de Jacques-Louis David (Versailles) et Le Fifre d'Edouard Manet (musée d'Orsay).

Sur la liste, on trouve aussi un célèbre Autoportrait de Vincent Van Gogh (musée d'Orsay), la Nature morte au Magnolia d'Henri Matisse (Centre Pompidou), La gare Saint-Lazare de Claude Monet (Orsay), une statue colossale du roi Ramsès II (Louvre) et une oeuvre d'Andy Warhol (Big Electric Chair), prêtée par le Centre Pompidou.

Paris et Abou Dhabi ont signé en 2007 un accord sans précédent pour 30 ans portant sur la conception et la mise en oeuvre par l'Agence France-Muséums du Louvre aux Émirats.

Cet accord intergouvernemental représente un total d'un milliard d'euros sur cette durée, auquel il faut ajouter 500 millions pour le coût estimé de la construction du musée, dont les travaux se sont accélérés cette année. Des milliers d'ouvriers asiatiques se relaient sur le chantier pour achever le musée à temps.

Le projet a connu des retards et a fait l'objet d'un audit à Abou Dhabi, alors que des informations publiées par des journaux parisiens signalaient l'année dernière des «râtés» dans le pilotage initial du projet en France, ainsi que des «dérives» financières.

«Aucune oeuvre n'a été censurée»

Construit sur l'île de Saadiyat, en bordure de mer, le Louvre Abu Dhabi s'étendra sur 64 000 m2, avec 6000 m2 pour les collections permanentes et 2000 m2 pour les expositions temporaires.

Un dôme de 180 mètres de diamètre, reposant sur quatre piliers, coiffera les deux tiers du musée. Fait de plusieurs couches ajourées en acier inoxydable, le dôme laissera passer une pluie de lumière douce, évoquant les ombres mouvantes des palmeraies.

Une maquette du musée et une sélection de la collection permanente que l'émirat est en train de constituer ont été dévoilées au printemps à Paris lors d'une exposition au Louvre intitulée «Naissance d'un musée».

Cheikh Sultan bin Tahnoon Al Nahyan, président de l'Autorité du Tourisme et de la Culture, organisme supervisant le Louvre Abu Dhabi, a souligné que les «prêts exceptionnels consentis par nos partenaires français sont le symbole de la collaboration et des échanges qui caractérisent» le projet.

Citée dans le communiqué, Fleur Pellerin, ministre française de la Culture, a pour sa part estimé que l'annonce de dimanche «représente une étape majeure».

«Grâce aux chefs d'oeuvre que les 13 musées et établissements publics français partenaires du projet prêtent à Abou Dhabi, un dialogue inédit entre les civilisations et les cultures va pouvoir s'engager dans un esprit d'universalisme», a-t-elle dit.

L'accord sur le prêt français de 300 oeuvres est d'une durée de 10 ans. Il s'agit surtout de «créer une masse critique» la première année, avant que le nombre d'oeuvres prêtées ne décroisse progressivement, explique-t-on de source française.

Cette source souligne que les Émiratis n'ont censuré ni la nudité, ni aucune oeuvre symbolisant d'autres religions. «Aucune oeuvre n'a été refusée», dit-elle en rappelant que les Émiratis avaient eux-mêmes acheté notamment une tora yéménite (judaïsme), une statue shiva nataraja (hindouisme), un bouddha et des oeuvres incarnant l'animisme africain.

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