Alexandre Taillefer: regard sur l'avenir

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Le président du conseil d'administration du Musée d'art contemporain, Alexandre Taillefer.

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Mario Cloutier

Le président du conseil d'administration du Musée d'art contemporain, Alexandre Taillefer, ne regarde pas vraiment derrière lui. Toutefois, il sait exactement où en est le MAC aujourd'hui, où il veut qu'il soit demain et il connaît le chemin pour y arriver.

Le dragon ne crache pas de feu, mais des chiffres quand il parle de son antre préféré à Montréal, le Musée d'art contemporain. En amateur d'art, hommes d'affaires et président du conseil d'administration du MAC, Alexandre Taillefer lance des statistiques éloquentes quant à la nouvelle administration du musée et à sa capacité d'attirer plus de visiteurs et d'argent.

«On s'attend en 2014 à doubler la billetterie de notre meilleure année et nos ventes d'abonnement sont en hausse de 950 personnes à 7500 en moins de deux ans. Nos revenus en billetterie et abonnements vont probablement atteindre le million de dollars cette année. Par le passé, ce chiffre s'élevait en moyenne à 400 000$», résume-t-il.

Le président estime que la programmation du musée est excellente, mais que ce n'est pas à lui de s'en mêler. Le conseil d'administration fait pleinement confiance au directeur John Zeppetelli et à son équipe de conservateurs.

«Je ne pense pas qu'on a un problème de contenu ou de qualité d'expositions. On ne fera pas de compromis là-dessus. Mais depuis 25 mois, on essaie de changer l'idée que le musée est une cathédrale qui invite au recueillement. L'art contemporain n'est pas hermétique. C'est le segment le plus en croissance dans le monde.»

Marketing

Il croit que le MAC doit miser sur des «locomotives» comme l'installation The Clock de Christian Marclay ou la nouvelle collaboration avec le festival EM15, en plus d'une approche marketing plus dynamique qui touche toute l'équipe du musée.

«Le budget de marketing devra rapidement atteindre 15%, dit-il. En dépensant un dollar en marketing, on crée trois dollars en billetterie. Sinon, on ne s'attaque pas au public de demain et on voit ce que cela fait dans nombre d'institutions culturelles.»

Un sondage mené pour le MAC révèle que le taux de notoriété de l'institution est à 6%, comparativement à 57% pour le Musée des beaux-arts. Et seulement 10% de la clientèle du MBAM connaît le MAC. Il faut donc, en plus des récentes collaborations entre les deux institutions, augmenter le membership, qui devrait représenter la moitié des revenus du musée, selon Alexandre Taillefer. Du gros pain sur la planche, surtout l'été.

«Malgré le fait qu'on soit en plein quartier des festivals, on constate que c'est le moment de l'année où on a le moins de visites», note M. Taillefer.

Agrandissement

Toutes les nouvelles avenues explorées par le MAC, cependant, risquent de piétiner si Québec et Ottawa ne donnent pas le feu vert à l'agrandissement du musée. Le projet de près de 45 millions de dollars exige des mises de fonds d'environ 19 millions des deux gouvernements.

«Sans l'agrandissement, on ne pourra pas positionner notre institution de façon aussi prestigieuse que le MBAM. Dans cinq ans, je veux être capable de dire à Nathalie Bondil que nous avons atteint 50% du total des revenus autonomes de son musée. C'est tout un revirement que l'on cherche à créer. Partout dans le monde, les musées d'art contemporain sont aussi performants que les musées des beaux-arts.»

Alexandre Taillefer assure que le projet va de l'avant avec le gouvernement Couillard. «Il nous reste à convaincre le gouvernement fédéral de sa pertinence. Je crois pouvoir y arriver. C'est l'un des 10 projets prioritaires en vue du 375e anniversaire de Montréal. Les conservateurs doivent envoyer des signaux par rapport à l'importance du Québec et de la culture dans le cadre du 150e anniversaire du Canada et du 50e de l'Expo.»

Le nouveau MAC aurait deux fois plus d'espace d'exposition, possiblement un restaurant sur le toit, et le concours d'architecture ne serait ouvert qu'aux firmes québécoises.

Privé

Le MAC rouvrirait en 2018 si le projet va de l'avant avec, aussi, des fonds privés, soit 7 millions. Les gens d'affaires vont plus que jamais au MAC. Il y a cinq ans, le Bal avait attiré 125 personnes. Cette année, les 700 billets pour la fête qui aura lieu en septembre sont déjà vendus. La Fondation du Musée générait 150 000$ en 2009, alors que ce chiffre devait atteindre le million cette année.

«Il y a un enthousiasme de la part de la communauté d'affaires, croit-il. Dans cinq ans, on sera dans un climat plus créatif, imaginatif, innovant. On est au centre de Montréal, on veut que les gens viennent nous voir. S'ils assistent à un spectacle, qu'ils passent au MAC avant ou après, tous les mois ou, pourquoi pas, toutes les semaines.»




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