Festival Mural: c'est parti!

Une oeuvre réalisée par le collectif 123Klan.... (Photo: Olivier Jean, La Presse)

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Une oeuvre réalisée par le collectif 123Klan.

Photo: Olivier Jean, La Presse

Les muralistes montréalais de 123Klan, Scien et Klor, sont à l'image des nouvelles vedettes du street art: des artistes passionnés par la création et qui font fructifier leur talent sur la planète entière... grâce à l'internet. Le tandem participe à la deuxième édition du festival Mural, qui bat son plein sur le boulevard Saint-Laurent.

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Les muralistes Scien et Krol, du collectif 123Klan, prendront part au festival Mural jusqu'à dimanche.

Photo: Olivier Jean, La Presse

Les deux muralistes sont à l'image des nouvelles vedettes du street art: des artistes passionnés par la création et qui font fructifier leur talent sur la planète entière... grâce à l'internet.

Ils exposent partout dans le monde. Ils participent à des festivals. Ils ne sont pas représentés par une galerie d'art, mais ont créé leur propre compagnie. Ils sont des artistes de la nouvelle vague du street art: celle qui ne peint plus sur des murs dans l'illégalité, mais qui utilise son savoir-faire pour préparer sa retraite!

Originaires du nord de la France, Scien et Klor, tous deux dans la jeune quarantaine, font du graffiti ensemble depuis l'âge de 17 ans. Ils ont commencé à dessiner dans la rue tout en poursuivant leurs études, lui en arts graphiques, elle en français et lettres modernes.

Jeunes, ils avaient créé 123Klan, un groupe de graffeurs inspirés par le graphiste britannique Neville Brody et le savant mélange de graffitis et de graphisme. Un style qui rappelle la bédé et qui met de l'avant l'esthétisme plutôt que la lisibilité du lettrage.

C'est l'essor de l'internet dans les années 90 qui a permis à 123Klan de transformer un loisir en une entreprise lucrative.

«Quand on a créé notre site, ce n'était ni un portfolio ni une agence de création, mais la traduction de notre style graphique sur le web. Grâce à l'internet, on a été approchés par des clients, notamment des maisons d'édition de graphisme», raconte Scien.

La touche originale de 123Klan, une sorte de «graffiti clean», a plu ensuite à des entreprises de vêtements de sport et de loisirs (surf, planche à roulettes, etc.) en quête de designs jeunes et modernes. Comme la plupart de leurs premiers clients, dont Nike et le magazine Wired, étaient aux États-Unis et avaient été charmés par Montréal à l'occasion d'un bref séjour, ils sont venus s'installer au bord du Saint-Laurent en 2007.

La diffusion de leurs dessins sur des vêtements et par l'intermédiaire de l'internet fait en sorte que leur entreprise, située dans l'édifice Grover de la rue Parthenais, va aujourd'hui très bien. Leurs clients se nomment Adidas, Coca-Cola, Lamborghini, Microsoft, Saputo, Pepsi, Sony, Ubisoft, Sid Lee ou même Nasdaq.

«Quand les marques ont un petit coup dans l'aile et ont besoin d'être cool, elles font appel à nous, dit Scien. On est des transformeurs de marques; les entreprises savent que quand la marque n'est plus cool, elle finit dans un réseau de distribution de seconde zone.»

Rayonner dans le monde entier

Désireux de se démarquer, 123Klan a créé sa propre marque, BANDIT-1$M, qui produit et vend t-shirts, sweatshirts et casquettes.

«On est à la fois des artistes et des gens d'affaires, mais ça passe par là pour avoir sa liberté créative», dit Klor.

Bien qu'ils brassent des affaires (et vendent leurs t-shirts par internet jusqu'à Dubaï et au Kazakhstan!), Scien et Klor continuent de peindre des murs... légalement, soit quand les propriétaires les y autorisent. Et quand ils sont à Montréal, car ils font le tour du monde des festivals et des conférences.

Récemment, ils étaient à Barcelone et au Maroc. Après Mural, ils iront à São Paolo, Sydney, New York puis Los Angeles. «On laisse toujours un mur partout où on passe», dit Klor.

D'ici là, ils s'attaquent avec bonheur à leur mur du festival Mural, situé juste derrière le local de l'agence LNDMRK.

Olivier Bonnard y avait créé l'an dernier Headless Garden, une fresque fantastique avec des têtes de mort. Mais ce style n'avait pas beaucoup plu au propriétaire du mur. «Donc, nous, on fera quelque chose d'hyper coloré, genre super vitaminé, un gros Titi [le poussin Tweety] refait à notre sauce, avec un contraste mignon et très rentre-dedans, dit Scien. Ce sera décalé sans se prendre au sérieux. Ça a toujours été notre devise. Et ici à Montréal, on est ultra comblés. On voyage partout toute l'année - on en voit, des villes! -, mais pour vivre, créer et élever des enfants, Montréal est imbattable!»

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Du 12 au 15 juin, sur le boulevard Saint-Laurent, entre la rue Sherbrooke et l'avenue du Mont-Royal. muralfestival.com




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