Éclipse de René Derouin: le dérouineur sans frontières

Territoires sauvages II est une des merveilles de... (Photo: Olivier Pontbriand, La Presse)

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Territoires sauvages II est une des merveilles de papiers collés et troués que René Derouin a créées depuis deux ans.

Photo: Olivier Pontbriand, La Presse

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Son exposition Fleuve, bilan de 50 ans de création, se poursuit à la Grande Bibliothèque jusqu'au 23 mars. Mais René Derouin continue de concevoir des merveilles de papiers collés et troués. Celles qu'il a réalisées depuis deux ans sont présentées à la Galerie Lounge TD sous le titre Éclipse.

Plus tôt cette année, René Derouin a donné un grand nombre d'archives personnelles à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ): des documents écrits, un millier de photographies, 7 films, 52 VHS, 75 bandes magnétiques et 75 cassettes audio. «Ce sont 60 ans d'archives, dit René Derouin. J'ai dit à Gilles Berthiaume, président de BAnQ, que c'était mon second largage après celui que j'ai fait il y a 20 ans dans le fleuve Saint-Laurent en y larguant 19 000 statuettes entre Baie-Saint-Paul et L'Isle-aux-Coudres. Là, je me sens vraiment libéré!»

René Derouin a beau se détacher d'une partie de son passé, il continue à... dérouiner. Le dérouineur, c'était le coureur des bois de la Nouvelle-France, issu de l'expression «courir la dérouine» avec les autochtones. René Derouin porte bien son nom, mais lui, il est le plus souvent allé dérouiner au Mexique, sa deuxième patrie, où il est encore ces jours-ci.

De ses pérégrinations, il s'est enrichi, s'irriguant d'idées, de songes et d'une mémoire qu'il a métamorphosée sur papier tout en créant ses Jardins du précambrien à Val-David, où il présente chaque été des artistes du Nord comme du Sud.

On a un bel exemple de ses influences avec l'exposition Éclipse, pour laquelle il a encore travaillé sur le mariage des formes et de la lumière. La grande salle d'exposition de la Galerie Lounge TD est idéale pour ses oeuvres. Il faut s'y rendre un jour de grand soleil, quand la lumière pénètre par les vitres et éclaire ses papiers troués.

Oeuvre constellation

D'une belle facture contemporaine, son Éclipse Hiver 3 présente de belles figures géométriques et les découpages caractéristiques de Derouin, ici selon une trame de triangles tournant autour de sphères. Le cercle de Chapultepec et L'éclipse toltèque sont plus complexes, l'artiste ayant ajouté à l'abstraction le charme de ses rêveries mexicaines. On entre alors dans un métissage culturel sur une même trame de base avec des éléments collés au centre de l'oeuvre rappelant les symboles aztèques.

Les derniers territoires V est une oeuvre fascinante. L'immense sculpture sur un carré de bois de 1,83 m de côté est délicatement travaillée. Séparée en neuf parties, elle est constituée d'un réseau sinueux peint en blanc ou en noir ou laissé en bois brut, ce qui lui confère un rendu à la fois cartographique et cellulaire. La combinaison du territoire et de l'humain.

La dernière oeuvre, terminée en janvier, est le triptyque La constellation de l'aigle, oeuvre de 12 pieds comportant des dessins d'animaux, de personnages et de symboles. Éclairée par-derrière, elle clôt le cheminement de l'exposition quand on suit les 10 oeuvres placées au centre de la salle selon un «territoire de lumière», notamment sa Cabane de la longue pointe avec de magnifiques dessins centraux de sirènes, d'oiseaux ainsi qu'un personnage qui tient dans sa main une petite maison.

René Derouin s'est aperçu, après l'avoir créée, que sa constellation de l'aigle ressemblait à l'ensemble d'étoiles du même nom qu'on peut entrevoir l'été dans le ciel du Québec. «L'artiste n'est finalement pas un créateur, mais un transmetteur, dit-il. Pour cela, il faut être dans un état de perception et d'attention pour que l'oeuvre apparaisse. Cette oeuvre vient clore une grande recherche sur la lumière, l'aigle étant un oiseau sans frontières.»

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À la Galerie Lounge TD (305, rue Sainte-Catherine Ouest) jusqu'au 11 mai.




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