Daniel Barrow au MAC: le charme du suranné

L'artiste Daniel Barrow projette l'installation Le voleur de... (Photo Olivier Pontbriand, La Presse)

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L'artiste Daniel Barrow projette l'installation Le voleur de miroirs en direct au Musée d'art contemporain.

Photo Olivier Pontbriand, La Presse

Il est auteur, illustrateur et performeur. Originaire de Winnipeg, Daniel Barrow est établi à Montréal depuis cinq ans. Il présente au Musée d'art contemporain une performance d'animation et de récit en direct au charme à la fois suranné et nostalgique.

Lauréat du prix Sobey de l'artiste visuel canadien de l'année en 2010, Daniel Barrow est un as du cinéma d'animation expérimental. Ses performances au moyen de rétroprojecteurs constituent sa signature. Elles sont d'ailleurs fort prisées puisque l'artiste maintes fois primé a été accueilli au Musée d'art contemporain de Los Angeles, à la galerie New Langton Arts de San Francisco, à la Contemporary Art Gallery de Vancouver et en France, en Italie, en Nouvelle-Zélande, en Tasmanie, en Croatie, en Espagne...

En 2012-2013, il a exposé son installation vidéo Le voleur de miroirs au MASS MoCA (situé à North Adams, au Massachusetts) dans le cadre de l'événement Oh Canada. C'est ce récit - dans lequel un miroir est doté de pouvoirs surnaturels - qu'il présente au Musée d'art contemporain de Montréal au moyen de deux rétroprojecteurs synchronisés.

Assis derrière l'appareil, il projette des images sur un écran, tout en racontant une histoire, grâce à deux assistants : un lui passe les transparents sur lesquels il a dessiné les scènes de son récit, tandis que l'autre ajoute sur l'écran quelques effets spéciaux.

L'histoire d'une quinzaine de minutes est celle d'un voleur affublé d'un masque de clown qui pénètre une nuit dans une demeure pour y voler des bijoux et embrasser l'homme et la femme en train de dormir avant de laisser l'empreinte de son visage sur le miroir de leur chambre à coucher.

Daniel Barrow raconte son histoire de sa belle voix de conteur accompagnée par la musique de Greg Goldberg. Les tableaux se suivent sur l'écran comme aux débuts du cinéma, rappelant un peu les spectacles de lanternes magiques ou, dans un autre concept, le théâtre d'ombres de Turquie.

Soustraction révélatrice

Pour construire les différences identités d'un personnage, il enlève couche après couche des dessins. Une femme se maquille et se déshabille devant son miroir : Daniel Barrow joue avec ses ustensiles pour nous décrire la scène. Ses illustrations sont à la fois fantastiques et bédéesques, mais il ajoute un effet contemporain original qui donne à la performance son caractère unique. Il parvient, par exemple, à rendre sur l'écran des impressions de flou ou d'eau mouvante. Inspirée du Kissing Bandit des années 60, l'histoire est poétique et évoque l'amour, la richesse, la pauvreté et le mal de vivre.

Dans sa deuxième animation, de 26 minutes, À la recherche de l'amour dans la galerie des Glaces, on entre un peu plus dans l'intimité de l'artiste. Oeuvre dessinée en noir et blanc accompagnée d'une musique plus moderne, écrite par Jeff Cressman, l'animation se déroule avec un seul rétroprojecteur.

Il y est question de l'enfance d'un personnage à Winnipeg. Sa découverte de l'art et de sa propre différence, sa passion pour la lecture et pour le dessin, sa peur du noir et ses influences diverses.

Dans cette histoire, qui s'apparente à une lettre écrite à ses parents, on croise des personnages du Manitoba, comme l'artiste Marcien Lemay qui a sculpté une statue de Louis Riel placée devant le collège de Saint-Boniface, le Pierrot d'Antoine Watteau, Oscar Wilde ou l'icône gaie Quentin Crisp.

Deux projections en direct de Daniel Barrow, les 26 février et 5 mars au MACM.




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