1+1=1 au MBAM: dialogue contemporain

Chacun des deux commissaires a puisé dans la... (Photo: Martin Chamberland, La Presse)

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Chacun des deux commissaires a puisé dans la collection de son musée pour cette exposition commune. Ils ont choisi notamment l'oeuvre intitulée Le Berger (2008), de David Altmejd.

Photo: Martin Chamberland, La Presse

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Les musées peuvent se parler! Et cela donne des résultats... Deux grands musées de Montréal, le Musée des beaux-arts (MBAM) et le Musée d'art contemporain (MAC), célèbrent leurs collections d'oeuvres contemporaines en en présentant une sélection à l'occasion des 50 ans du MAC. L'exposition a lieu au musée encyclopédique de la rue Sherbrooke jusqu'au 15 juin.

L'exposition a été intitulée 1+1=1. Quand les collections du Musée des beaux-arts et du Musée d'art contemporain de Montréal conversent. Initiative de Nathalie Bondil, directrice et conservatrice en chef du MBAM, cette rencontre de 60 oeuvres contemporaines est une première.

«Nos deux musées travaillent en coévolution, dit Mme Bondil. Nos mandats sont différents, mais complémentaires. On avait des liens d'amitié et on pensait qu'il serait formidable de se rassembler dans le cadre de cette exposition.»

Les deux commissaires, le conservateur de l'art contemporain au MBAM, Stéphane Aquin, et le directeur du MAC, John Zeppetelli, n'ont pas eu de mal à travailler ensemble puisqu'ils sont amis de longue date. Chacun a puisé dans la collection de son musée et la présentation des oeuvres a été pensée ensemble.

«On a fait un choix personnel en faisant appel à nos achats récents, dit John Zeppetelli. L'expo s'est ensuite montée de façon très organique en traçant un portrait des 30 dernières années en art contemporain.»

Sullivan, Sherman, Sterbak...

Symboliquement, l'exposition débute avec l'oeuvre en 32 photos Promenade entre le Musée d'art contemporain et le Musée des beaux-arts de Montréal réalisée en 1970 par Françoise Sullivan, deux ans après que le MAC eut emménagé dans la Galerie d'art international d'Expo 67, à la Cité du Havre. Le travail photographique en noir et blanc de Mme Sullivan est une sorte de cartographie documentaire montrant à la fois l'architecture et la vie du centre-ville à cette époque.

On entre ensuite dans une grande salle où ont été accrochées plusieurs oeuvres marquées par la force, le malaise ou la violence de leur message. Par exemple, le Poème IV (2005) du Canadien Steven Shearer, immense murale composée de mots extraits de chansons death metal, une oeuvre assez noire et crue.

Plus évocateur, le fameux Generic Man et son code- barres, de Jana Sterbak, côtoie la peinture Sans titre no54, un des inquiétants capuchons de Karel Funk, et la photo Untitled # 153 (1985) de Cindy Sherman, une mise en scène dans laquelle l'artiste américaine joue la morte, étendue par terre, le corps recouvert de saletés.

Dans la salle voisine, on retrouve l'installation narrative souvent exposée de Louise Bourgeois, The Red Room - Child (1994) avec ses portes de bois reliées entre elles pour constituer un espace clos ressemblant à un atelier de filage, dans lequel tout est rouge ou presque, les bobines de fil et les sculptures de mains et d'avant-bras. Une oeuvre de souvenirs et d'interprétations.

En face de cette oeuvre, l'épreuve à développement chromogène de Nicolas Baier intitulée Planète, la surface d'une table de bistrot incrustée d'éléments dont une image de bord de mer avec deux personnages, le tout ressemblant, de loin, à une planète.

Éros et Thanatos

Dans une autre salle, la mort, le sexe et la perte d'amour dominent. Impressionnante et troublante photo d'un cadavre que Rat Poison Suicide, prise par Andres Serrano dans une morgue. Très forte image, Tokyo Comedy est une scène de rapport sexuel photographiée en 1997 par «l'anarchiste» japonais Nobuyoshi Araki, spécialiste des photos de sexe et de mort. Enfin, la photo The Quarrel de Jeff Wall est éloquente. Un lit. Un homme et une femme. Et l'amour qui a clairement disparu.

Bien d'autres oeuvres très expressives sont à voir. Les commissaires ont créé un alliage de thèmes et de formes qui rend la visite instructive et riche. «On a considéré les oeuvres qu'on trouvait les plus émouvantes, dit Stéphane Aquin. Elles parlent d'amour, d'amitié, de mort, d'identité et de transformation du corps. Finalement, j'ai été surpris de la charge émotive des oeuvres et de l'écho qui se dégage du dialogue qu'elles ont entre elles.»

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Au MBAM jusqu'au 15 juin.




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