Alun Williams à la source de Montréal-Brooklyn

«Montréal m'a intéressé car c'était attirant à cause... (Photo Claire Lesteven)

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«Montréal m'a intéressé car c'était attirant à cause du contexte bilingue, notamment», souligne Alun Williams.

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Derrière l'organisation de l'événement d'art contemporain Montréal-Brooklyn, il y a le Centre Clark et ses âmes animatrices, Yann Pocreau et Claudine Khelil, mais il y a aussi un Newyorkais amoureux de la francophonie, Alun Williams, de la galerie Parker's Box de Brooklyn. La Presse l'a rencontré.

La création de Montréal-Brooklyn découle de l'événement Paris-Brooklyn qu'Alun Williams avait organisé en 2002. «À l'époque, plusieurs Québécois étaient venus, notamment Marie-Josée Lafortune, la directrice d'Optica, Mark Lanctôt, alors directeur de l'Association des galeries d'art contemporain, et Hugues Charbonneau. Ils avaient dit que ce serait chouette de faire ça avec Montréal, d'autant qu'on est deux milieux différents mais avec des aspects parallèles.»

Cela aura pris une dizaine d'années avant que Montréal-Brooklyn n'émerge, un rendez-vous entre deux villes importantes sur la scène de l'art visuel nord-américain, même si la métropole québécoise n'a pas la prétention de vouloir se comparer avec New York, phare de l'art contemporain international depuis plus de 60 ans.

Mais plus qu'entre Paris et Brooklyn, la rencontre Montréal-Brooklyn est une vraie association entre artistes, une occasion pour travailler ensemble, réfléchir ensemble, pas seulement exposer ensemble.

Débuté vendredi, Montréal-Brooklyn permet aux amateurs de découvrir les oeuvres de 40 artistes québécois et américains dans huit endroits différents de Montréal jusqu'au 17 novembre puis dès janvier à New York. Cette rencontre doit beaucoup à Alun Williams.

«Alors que j'étudiais l'art au Pays de Galles, j'ai eu une bourse pour étudier à l'étranger et j'ai passé une année aux Beaux-arts de Bourges, en France, ce qui a marqué le début de ma relation avec la France, dit-il dans un excellent français. J'ai passé ensuite une douzaine d'années à Marseille où j'ai monté une structure, Triangle. Et j'ai continué de monter des projets avec la France. Ensuite, Montréal m'a intéressé car c'était attirant à cause du contexte bilingue notamment.»

Avec la profusion d'artistes québécois qui sortent de nos frontières et se font connaître aux États-Unis, notamment les Marc Séguin, Valérie Blass, ou Isabelle Hayeur, avec aussi l'exposition d'une soixantaine d'artistes canadiens en cours au MASS MoCA (Oh Canada), peut-on en conclure hardiment que les Américains s'intéressent plus à l'art de notre grand pays?

«J'aimerais bien dire oui mais malheureusement la réponse est non, dit Alun Williams en riant. À New York, il y a une tendance à accepter un artiste ou un esprit, seulement une fois qu'il est devenu américain. Et le milieu artistique français a autant de mal que le milieu québécois à obtenir de la visibilité à New York.»

Montréal-Brooklyn est donc un projet qui va dans le sens de la visibilité. «Peut-être que les partenariats entre galeries et lieux d'art de Brooklyn et de Montréal vont se poursuivre, dit-il. Il faut absolument le faire. Cela va ouvrir les yeux de ce milieu un peu hermétique qu'est New York même si c'est un milieu pourtant très ouvert d'esprit.»

Alun Williams pose un regard intéressant sur les oeuvres exposées à Montréal. Selon lui, ces travaux sont caractéristiques de la réalité du marché de l'art québécois et de son empreinte moins commerciale qu'à New York.

«Tous ces artistes font partie d'un discours international mais compte tenu du fonctionnement du milieu de l'art à Montréal, les artistes ont un peu plus de liberté pour faire des projets qui ne soient pas vendables. Les artistes à New York ont beaucoup moins accès à des bourses et à des financements et ça influence leur travail forcément. À Brooklyn, on va plus vers un produit vendable qu'ici mais bon je fais une généralisation un peu grossière car quand on voit le travail de Steven Brower, c'est très conceptuel aussi.»

Artiste parce que cela nécessite selon lui une recherche notamment scientifique, Steven Bower expose un sas de type Nasa au Centre Clark dans le cadre d'un travail en symbiose avec Mathieu Beauséjour. Pour voir l'oeuvre de ce dernier, il faut activer le sas et entrer dans la salle pressurisée...

www.montrealbrooklyn.com




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