Publicité sauvage: une longue histoire

«Je préférerai toujours un panneau réclame à un...

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«Je préférerai toujours un panneau réclame à un mur de briques, lance le professeur de design à l'UQAM, Marc Choko. L'affiche fait partie de l'animation urbaine. C'est un musée à ciel ouvert qui change tout le temps. Sans oublier que ça en dit long sur l'évolution d'une société....»

Jean-Christophe Laurence
La Presse

Ce n'est pas d'hier qu'on affiche à Montréal. Et ce n'est pas d'hier que cette activité donne des maux de tête à la Ville! En 1875, déjà, un règlement municipal autorise la chose... en autant que la police donne son accord!

Dans les décennies suivantes, l'affichage prend de l'ampleur: faute de télé et de radio, c'est une des meilleures façons de s'annoncer. Le phénomène ralentit avec la crise des années 30, puis reprend de plus belle avec la Seconde Guerre mondiale et ses campagnes de propagande. Modifié et abrogé maintes fois, le règlement de 1875 est toujours en vigueur. Mais avec l'arrivée de Jean Drapeau, la loi se durcit considérablement. Adopté en 1977, le règlement 5128 interdit totalement l'affichage de palissade. La répression s'accroît. Les amendes et les arrestations aussi.

Avec l'arrivée de Publicité Sauvage, l'affichage devient une véritable guerilla. Mais après quelques années de pure délinquance, la compagnie va emprunter les voies officielles. Appuyée par 60 entreprises culturelles, Baudoin Wart propose un projet de changement de règlement municipal, qui est accepté en 1994 par le maire Jean Doré, dans la foulée du nouveau plan d'urbanisme. On a désormais le droit d'afficher sur les palissades sauf avis contraire. En revanche, ceux qui débordent sur les poteaux et le mobilier urbain sont chassés par la Ville, qui lance une campagne extrêmement dissuasive (amendes très salée et casier judiciaire aux récidivistes), campagne qui ne se limite plus aujourd'hui qu'aux boîtes aux lettres.

À la suite d'un jugement de la Cour d'appel rendu en 2010, la Ville a promis d'augmenter ses surfaces d'affichage. On a parlé de caoutchouc sur les poteaux, mais l'idée ne semble pas avoir fait long feu. Publicité Sauvage est pour sa part en train de développer un nouveau concept «qui ne serait pas dans le chemin», dixit Baudoin Wart, sans en dévoiler davantage.

Dans tous les cas, l'affichage semble là pour rester, ce qui réjouit Marc Choko: «Je préférerai toujours un panneau réclame à un mur de briques, lance le professeur de design à l'UQAM. L'affiche fait partie de l'animation urbaine. C'est un musée à ciel ouvert qui change tout le temps. Sans oublier que ça en dit long sur l'évolution d'une société.... Maintenant, est-ce que les affiches ont toujours bon goût? Ça, c'est une autre histoire...»

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