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Deux artistes inquiètes face à l'ère Trump

Les artistes Njideka Akunyili Crosby et Nicole Eisenman vivent... (Photo Thibault Camus, archives Associated Press)

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Les artistes Njideka Akunyili Crosby et Nicole Eisenman vivent dans des villes cosmopolites où elles peuvent continuer de travailler à l'abri des relents de racisme et de sexisme à la suite de l'élection de Donald Trump aux États-Unis. Mais elles pressentent que l'actualité dépasse les replis à la chacun-pour-soi.

Photo Thibault Camus, archives Associated Press

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Mario Cloutier

Parmi nos coups de coeur à la Biennale de Montréal figurent Njideka Akunyili Crosby et Nicole Eisenman, deux artistes américaines qui s'inquiètent de leur avenir et de celui de leur pays à la veille de l'investiture de Donald Trump à la présidence.

L'une, d'origine nigériane, vit à Los Angeles, l'autre, née en France de parents américains, vit à New York. L'une est fière de l'émergence des artistes nigérians sur la scène internationale, l'autre l'est tout autant de celles des membres de la communauté LGBT. Njideka Akunyili Crosby et Nicole Eisenman partagent aussi des inquiétudes similaires dans leur pays, les États-Unis, qu'elles disent ne plus reconnaître aujourd'hui.

« Je souhaiterais être Française, surtout maintenant, mais je n'y suis restée qu'un an enfant, dit d'entrée de jeu Nicole Eisenman. Je suis en mode survie et me concentre sur ce que je peux faire de positif en ce moment. Je dois élever mes enfants, faire de l'art et militer. On n'a pas le choix. C'est déchirant. »

« Même si on vit dans une bulle à New York, l'ère Trump touche tout le monde. On est tous dans la même galère, il faut en être conscient. »

- L'artiste Nicole Eisenman

Pour elle, comme pour beaucoup d'artistes, le mot d'ordre est « combattre ». Elle se dit chanceuse d'appartenir à une communauté queer déjà forte. Cet esprit de corps lui sert comme militante opposée au nouveau président américain.

« Mon travail a toujours été influencé par la vie sociale et politique. Comme personne queer, je suis consciente de faire partie d'une communauté de gens différents, militants, marginaux. Mais tout le monde se rend compte désormais qu'il va falloir se serrer les coudes, entrer en contact avec les autres communautés pour se battre ensemble. Il faut se retrouver entre nous, il faut voir avec qui et sur quoi nous avons des intérêts communs. »

« GIFLE AU VISAGE »

Njideka Akunyili Crosby, qui dit admirer le travail de Nicole Eisenman, affirme également qu'elle ne reconnaît plus ce pays qui l'a accueilli il y a 17 ans. L'Amérique qu'elle a connue jusqu'ici n'est pas l'Amérique d'une grande partie de l'électorat, constate-t-elle.

« J'ai deux chez-moi. Je suis Nigériane, mais aussi Américaine. Le lendemain de l'élection, toutefois, je ne me sentais plus bienvenue aux États-Unis. J'avais le sentiment qu'on me disait qu'on ne voulait plus de moi ici. Cela m'a troublée. Donald Trump s'est opposé à plusieurs groupes dont je fais partie : les immigrés, les femmes, les personnes de couleur. Je n'avais jamais senti ce genre de gifle au visage auparavant. »

Les deux artistes vivent dans des villes cosmopolites où elles peuvent continuer de travailler à l'abri des relents de racisme et de sexisme. Mais elles pressentent que l'actualité dépasse les replis à la chacun-pour-soi.

« Nous sommes plus forts, plus intéressants quand nous intégrons les différences des autres dans nos vies, quand nous reconnaissons les autres pour ce qu'ils sont et que nous coexistons, dit Njideka Akunyili Crosby. C'est pourquoi j'aime tant New York et Los Angeles, on s'y sent quand même bien. »

« N'empêche, poursuit-elle, c'est difficile de ne pas être pessimiste en ce moment. L'élection a eu l'effet d'un coup de semonce pour les artistes. Je ne croyais pas que cela pouvait arriver. Jamais. Jusqu'à récemment, je me demandais si j'allais me réveiller de ce mauvais rêve. »

La Biennale de Montréal 2016 se poursuit jusqu'au 15 janvier au Musée d'art contemporain et dans diverses galeries.




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