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Josélito Michaud: le bienveillant

Josélito Michaud se défend d'être complaisant avec ses invités,... (PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Josélito Michaud se défend d'être complaisant avec ses invités, qu'il traite plutôt avec «bienveillance» et avec l'envie de «les comprendre».

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

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Josélito Michaud a animé cet hiver à Historia l'émission Les grands rendez-vous. Il a tourné pour la France une émission-pilote du Train de la gloire, une fusion de son émission à succès On prend toujours un train et de son livre La gloire démystifiée. Il a plusieurs projets en chantier, comme animateur et producteur, au Québec et en Europe, dont celui d'animer un grand plateau de discussions. Entrevue avec l'ami des vedettes.

Marc Cassivi: Tu es perçu comme toujours gentil avec tes invités...

Josélito Michaud: Ce n'est pas que je suis toujours gentil, c'est que j'ai appris à être courtois et bienveillant. Il y a des gens qui sont plus forts pour critiquer et qui sont capables de l'appuyer. Ce n'est pas ma force. Je n'ai pas cette confiance-là. Ce n'est pas ma nature de critiquer. Je le fais en coulisses. Je suis le conseiller en silence de bien du monde. Mais publiquement, je trouve qu'il y a des gens qui l'assument bien mieux que moi.

Marc Cassivi: Tu ne l'assumes pas parce que tu es l'ami des artistes?

Josélito Michaud: Oui, peut-être. Catherine Perrin, qui anime l'avant-midi à Radio-Canada, m'avait proposé d'être chroniqueur à son émission pour parler des artistes, en commençant par Céline Dion. Je ne pouvais pas faire ça. Mais ce n'est pas parce que je suis trop gentil...

Marc Cassivi: Tu n'aimes pas qu'on dise que tu es gentil? 

Josélito Michaud: Je considère que je suis bienveillant. Je pose des questions extrêmement difficiles. C'est le ton qui n'est pas «rentre-dedans». Parfois, j'écoute les questions que je pose et je trouve que j'y suis allé sans retenue. Avec Yannick Noah, par exemple. Quand je suis allé en France faire le pilote du Train pour la gloire, ma coproductrice m'a dit: «Tu dois lui poser les questions qu'on se pose tous en ce moment. A-t-il payé ses impôts? Que pense-t-il de Dieudonné? De Marine Le Pen?» Une série de questions que toi, tu poserais. Moi, j'ai une autre manière de faire, plus détournée.

Marc Cassivi: C'est une question de ton?

Josélito Michaud: C'est juste ça. La seule nuance, c'est ça. J'en ai posé des questions difficiles, moi. J'ai trouvé ma manière de poser les questions à Noah, et c'est ce que ç'a donné. Ça me ressemblait plus. Je suis capable de le faire. J'ai toujours voulu faire des affaires publiques. C'est mon rêve de faire ça. Ce qui me fascine, c'est le comportement humain. Au début, on disait que j'étais complaisant. Quand j'animais Devine qui vient dîner ce soir? [à TVA, en 2004-2005], en face il y avait Tout le monde en parle qui commençait et qui était beaucoup plus «rentre-dedans» qu'aujourd'hui. C'était ma première animation à la télé. Entre les deux émissions, il y avait une rupture de ton incroyable. Je posais pourtant le même type de questions qu'aujourd'hui. Je pense que mon ton me sert beaucoup mieux. Quand les gens sont devant moi, je les aime. Je veux les comprendre. Ce n'est pas lèche-cul. C'est de la bienveillance.

Marc Cassivi: On t'a beaucoup reproché d'avoir été complaisant avec Pauline Marois...

Josélito Michaud: Je ne suis pas un spécialiste de la politique. Ce n'est pas à moi de faire ça. J'adore rencontrer des politiciens et apporter à nos échanges une humanité. Il faut garder sa singularité tout en restant qui on est. Il y a trop de gens qui veulent ressembler aux autres ou qui s'inventent des personnages. Pour revenir à ta question, je suis très content d'avoir ce ton-là. Je vis bien avec et je n'ai aucun souci avec ce ton-là.

Marc Cassivi: Les critiques souvent dures que tu as reçues à cause de ce ton t'ont-elles fait mal?

Josélito Michaud: Oh mon Dieu, oui! Ce qui m'a fait le plus mal, au début, c'était la première parodie de Marc Labrèche. Pour la pub de radio à la télévision. Ça me rappelait beaucoup, à l'époque, ce que j'avais vécu comme intimidation à l'école, parce que j'étais différent. À TVA, on me disait que c'était le signe que j'étais devenu une mégastar. Mais moi qui ai longtemps été manager, je me suis demandé: «Est-ce que je veux vraiment ça?» Je me suis longtemps posé la question. Au début, ç'a été dur. En même temps, avec le recul, la même chose m'arriverait aujourd'hui et j'en rirais beaucoup plus. Dans la vie, je suis beaucoup plus drôle qu'on pense...

Marc Cassivi: Est-ce que tu te sens snobé quand, par exemple avec Mme Marois, on te rappelle que tu devrais te cantonner à un rôle qui n'est pas celui de l'intervieweur politique?

Josélito Michaud: C'est sectaire, ce métier-là. Tu ne touches pas à la politique si tu ne viens pas de ce milieu-là. Quand est arrivée cette histoire avec Mme Marois, j'ai tellement été louangé d'un bord que ç'a compensé pour les critiques politiques. Cela dit, je les comprenais très bien. Mais j'avais pris la peine de dire - pas de défendre mais de valider, ce qui est très différent - au visionnement de presse que j'avais posé des questions très humaines et que c'était ça, la commande de Télé-Québec. Je ne suis pas un chroniqueur politique et c'est la raison pour laquelle je ne suis pas trop allé sur le terrain de la politique. En même temps, elle m'a décrit les événements du Métropolis comme jamais elle ne les avait décrits auparavant. Elle n'a pas posé de conditions, sauf de ne pas parler de la campagne à la direction, ce qui excluait donc le poing levé de PKP. Ce n'était pas à moi de parler de ça. Je voulais qu'elle me parle d'être une femme avec des ambitions de devenir la première première ministre du Québec, dont l'élection a été gâchée par un attentat. On aurait tapé beaucoup moins fort sur un homme qu'on a tapé sur Mme Marois, je crois. Et je ne suis pas en train de défendre son mandat, loin de là.

Marc Cassivi: C'est ton empathie pour tes invités qui passe pour de la complaisance?

Josélito Michaud: Je viens de faire une série d'entrevues à Historia et j'ai reçu de très bons commentaires. J'ai posé des questions très difficiles à Denis Coderre. Il faut aussi comprendre que mes questions ne sont pas écrites d'avance. C'est à la fois un inconvénient et un avantage extraordinaire. Cette spontanéité me sert beaucoup parce que j'ai une mémoire phénoménale. Jean-Marie Boivin, qui m'a enseigné, disait: dans les réponses des invités, il y a les plus belles questions du monde. C'est quand il n'y a pas de question dans la réponse que tes connaissances sont importantes. Je ne suis pas critiqué autant qu'on pense. Peut-être que tu penses que je suis très critiqué, mais je ne le suis pas tant que ça. On m'arrête aussi dans la rue pour me féliciter. Ça vaut ce que ça vaut tout ça, de toute façon, les critiques comme les éloges...

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