Des concerts sur les balcons

Un concert sur un balcon de la ruelle... (PHOTO ANNIE TÉTREAULT, TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE LA CHASSE-BALCON)

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Un concert sur un balcon de la ruelle Chabot, sur le Plateau.

PHOTO ANNIE TÉTREAULT, TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE LA CHASSE-BALCON

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La saison de la chasse a été couronnée de succès, ce printemps, dans les ruelles de Montréal. On n'y chassait pas les écureuils, mais plutôt le mauvais temps, au rythme de la musique traditionnelle québécoise.

Intrigué ? C'est la réaction que voulait susciter Catherine Planet, musicienne de profession et sociologue de formation. Avec succès. Ces dernières semaines, des centaines de Montréalais ont assisté aux concerts qu'elle a pilotés avec son collectif de violonistes. Ensemble, ils ont animé les débuts de soirée de cinq quartiers différents, avec pour simple scène un balcon.

« On s'installe, les gens se rassemblent et on joue. Les gens dansent, nous font des demandes spéciales, c'est tout simplement la fête », explique la musicienne et conceptrice des événements, dont le dernier a lieu ce soir dans la ruelle ouest de l'avenue De Chateaubriand, entre les rues Saint-Zotique et Bélanger.

DÉPASSÉE PAR LA DEMANDE

Le concept de Catherine est simple. Environ une fois par semaine, depuis le début du mois de mai, le collectif a « déclaré la chasse ouverte ». Sur l'internet, les musiciens ont publié le nom d'un secteur de la ville et les curieux s'y sont rendus et ont parcouru les environs - seuls ou en groupe - afin de trouver le concert.

Au début, les spectateurs n'étaient présents que par dizaines, mais le mot s'est propagé. Lors du dernier rassemblement, ces musiciens de ruelle ont attiré des centaines d'amateurs, entassés dans une petite cour. Depuis, le téléphone n'a pas dérougi. Plusieurs quartiers de Montréal souhaitent désormais accueillir la jolie bande, tout comme plusieurs municipalités en région.

« On reçoit beaucoup de demandes, mais on est obligés de demander aux gens s'ils ont un budget pour ça. C'est toujours délicat, car on semble croire que c'est gratuit. En ce moment, notre plus grand défi est de trouver du financement, pour multiplier les Chasse-Balcon et s'assurer que ça reste gratuit [pour le public] », explique Catherine, surprise d'un succès qu'elle attribue au caractère rassembleur de la musique traditionnelle.

INSPIRATION LOUISIANAISE

La musicienne a passé les quatre dernières années en Louisiane, où elle termine une maîtrise en études françaises. C'est là qu'elle a imaginé le concept des Chasse-Balcon, après avoir visionné le film Fiddler on the Roof.

« Au début, je voulais faire ça sur les toits, mais je préfère l'image du balcon. C'est comme un pont entre la vie privée et l'espace public. La musique traditionnelle fait aussi un pont, entre les individus et la collectivité », raconte-t-elle.

Dans ces concerts improvisés, jeunes, vieux, familles et amis se côtoient, dansent et fraternisent. « C'est beau à voir », dit Catherine.

Rendu à sa sixième prestation, son projet prendra fin ce soir, peut-être devant la plus grande foule depuis ses débuts. Mais tout reste à faire pour les prochaines éditions, dit la nouvelle entrepreneure culturelle.

« On ne veut pas que ça devienne immense, et c'est important de rester dans les quartiers de la ville. On fait d'abord cela pour le voisinage, et les gens sont au rendez-vous », conclut-elle, comblée.

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