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Comme une longue rue Saint-Denis

Les acteurs Marcel Sabourin et Gilles Pelletier et... (Photo: Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)

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Les acteurs Marcel Sabourin et Gilles Pelletier et Normand Brathwaite ont en commun d'avoir été porte-parole de la Fête nationale. L'animateur sera de nouveau aux commandes des célébrations cet été.

Photo: Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

Daniel Lemay
La Presse

Porter la parole...

Ils étaient pas mal tous là, mardi, ces anciens porte-parole de la Fête nationale que le Mouvement national des Québécois avait réunis dans la pénombre du Lion d'or. Manière de pré-lancement, si on veut, des célébrations des 23 et 24 juin que les plus vieux appellent encore la Saint-Jean-Baptiste en se rappelant le petit frisé blond qui, jusqu'à tard dans les années 50, fermait le défilé sur la grande rue, bien assis sur son char allégorique avec une brebis à ses pieds.

À un moment donné, les penseurs de la nation se sont dit que l'image du mouton était un peu lourde à porter, et l'agneau a pris le bord du méchoui.

Et les artistes, comme ils le font pour toutes les bonnes causes, ont commencé à faire la promotion des grands rendez-vous de la nation, à porter la parole nationale à la nation elle-même. Comme René Lévesque en a donné mandat au MNQ il y a 30 ans. Porte-parole, chacun à sa façon... Gilles Pelletier, 89 ans, était là mardi, une des premières vedettes de la télévision, un monsieur qui ne parle pas pour rien. Jacques Lacoursière, 82 ans, a passé les 60 dernières années à présenter aux Québécois leur propre histoire - faut être fait fort -, à la faire comprendre comme partie intégrante d'un projet commun.

Marcel Sabourin, lui, a porté la parole de façon aussi multiple que son talent: sur la scène, à l'écran, en chansons, dans la langue même de ceux et celles à qui elles s'adressaient: «Tout écartillé dans Paris... Comme une boule de pool/Qu'on fesse dedans». Que représente aujourd'hui pour lui cette Fête nationale qu'il a célébrée de tant de façons? La réponse traverse la ville du nord au sud...

«Ce matin, j'étais à l'ONF et pour venir au Lion d'or [Ontario/Papineau], j'ai pris la rue Saint-Denis, la rue de ma jeunesse. Jackie Robinson habitait pas loin de chez nous, dans Villeray, et on prenait le même tramway pour descendre en ville. Les gens disaient: «Regarde le nègre, là, c'est Jackie Robinson, le joueur de baseball.

«On passait devant l'école de réforme, au coin de Laurier, dont ma mère se servait toujours pour me faire peur. Aujourd'hui, c'est l'École nationale de théâtre...» M. Sabourin y a enseigné, à Robert Charlebois et à Louise Forestier, entre autres. Enseigné l'art dramatique d'être soi-même, dans sa langue, ses idées et ses actions.

Jackie Robinson débarquait à Ontario pour s'en aller au stade Delorimier; le jeune Sabourin, lui, continuait plus bas pour se rendre au collège Sainte-Marie, ancêtre jésuitique de l'UQAM, siège de toutes les contestations. «Le Québec, lance Marcel Sabourin, est comme une grande rue Saint-Denis: toute notre histoire est là...» Et le monsieur n'est pas près de laisser passer les occasions d'en faire la promotion.

Le petit Jean-Baptiste est parti, Jackie Robinson aussi. Ils ont été remplacés par un seul homme, un frisé au teint foncé qui a crié «Bravo!» mardi quand le DG du Mouvement national a remercié la SAQ pour son appui à la Fête nationale. Normand Brathwaite a animé dix grands spectacles de la Saint-Jean - cinq à Montréal et cinq à Québec -, et on peut dire qu'il a été ministre de l'Inclusion avant la lettre.

«Une année, un journaliste a souligné qu'il y avait plus de Noirs que de Blancs sur le show. On n'avait jamais compté ça, pas plus qu'on comptait les gais ou les filles dans le band [Brathwaite ne les compte pas, mais il y en a toujours au moins deux]. C'est ça qui est merveilleux», a dit le «super-porte-parole» de 2014 qui, par ailleurs, reprend du service au théâtre cet été. Avec Denise Filiatrault, celle-là même qui nous l'a fait connaître il y a 30 ans à Chez Denise.

Qui aurait dit que ce gringalet à la tête afro allait un jour incarner le Québec moderne, dans son humour et ses excès, avec ses craintes et son génie?

À l'agenda

Par devoir - Un de ses succès s'intitule Go for A Soda et c'est exactement ce que fait Kim Mitchell ce soir: l'icône du rock canadien se produit au Club Soda où il fera revivre à ses (vieux) fans les grands moments de sa carrière, ponctuée de dizaines de hits comme All We Are et Patio Lanterns qui tournent encore à CHOM. Kim Mitchell fait son «devoir de rock'n'roll» depuis 40 ans.

À l'Acfas - Les maniaques de jeux vidéo ont rendez-vous dimanche à l'Université Concordia où s'ouvre le 82e congrès de l'Association francophone pour le savoir: conférence de Lynn Hugues, titulaire de la chaire Technoculture, Art & Jeux (17h) et arcade de jeux gratuits jusqu'à 23h avec La Société ludique Mont-Royal (voir acfas.ca).




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