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Rencontres de l'ADISQ: décevantes empoignades

L'ADISQ a réussi à réunir des représentants des... (Photo: Ivanoh Demers, La Presse)

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L'ADISQ a réussi à réunir des représentants des quatre principaux partis pour parler culture, mais le résultat n'a pas été à la hauteur des attentes.

Photo: Ivanoh Demers, La Presse

Daniel Lemay
La Presse

Le résultat, prévisible, n'a pas été à la hauteur des attentes... Dans le cadre de ses Rencontres annuelles, l'ADISQ avait pourtant réussi le joli coup de réunir des représentants des quatre principaux partis pour parler culture. À quatre jours des élections.

«Un sujet rarement abordé durant la campagne», a souligné d'emblée l'animateur du panel, l'ex-radio-canadien Claude Deschênes, qui, à l'instar d'Oliver Jones en jazz, s'avère le retraité le plus actif du journalisme québécois.

«On a parlé de culture, mais les médias ont préféré traiter d'histoires scabreuses qui ne servent pas le Québec. Ça fait vendre de la copie...» Yves-François Blanchet, docteur ès médias et ministre (pour le moment) du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs et candidat du Parti québécois dans Johnson, a été délégué pour représenter son parti, de préférence au ministre en titre, Maka Kotto.

La décision en a surpris plus d'un - dont l'ex-ministre libérale de la Culture Christine St-Pierre -, mais il reste que, stratégiquement, ce choix s'explique. Avant d'être député et ministre, Yves-François Blanchet était producteur de disques et de spectacles (Éric Lapointe) et son passage à la présidence de l'ADISQ (2003-2006) lui a servi de tremplin politique. En jeans et veston, «YFB» était parfaitement à l'aise, hier au marché Bonsecours, devant «son» public. Il s'agissait de donner un bon show... Et, comme il nous disait lui-même avant le panel, le gars est «capable de chauffer le bicycle».

«Beaucoup de candidats péquistes peuvent défendre notre plateforme culturelle», lancera-t-il plus tard, en nommant entre autres «Maka», Lorraine Pintal et Dominique Payette. «Les arts et la culture sont bien représentés [au PQ], et quand ces gens-là parlent, ça porte. Le Parti libéral, lui, n'a pas de plateforme culturelle; en fait, il n'a pas de plateforme électorale pantoute!» Plutôt que Kotto le gentilhomme, les stratèges péquistes ont préféré envoyer Blanchet le pitbull...

Christine St-Pierre, qui n'a jamais reculé devant une empoignade, a répliqué que «le moteur économique [était] arrêté depuis 18 mois» et que le milieu de la culture - 130 000 emplois - allait, comme les autres secteurs, profiter de la relance économique promise par son parti. Quant aux 150 millions annoncés par le gouvernement péquiste pour la conversion numérique, Mme St-Pierre, texte à la main, ne les trouvait pas dans les prévisions budgétaires du PQ qui annoncent des réductions de 0,8%, sauf pour les ministères de l'Éducation et de la Santé.

Secrétaire général de Québec solidaire et candidat dans Beauharnois, Pierre-Paul St-Onge a évoqué pour sa part le caractère «transversal» du développement culturel, auquel doivent participer tous les acteurs de la cité et du gouvernement. Dont, au premier chef, le ministère de l'Éducation: à cet égard, un gouvernement de Québec solidaire offrirait chaque année aux écoliers québécois quatre spectacles de scène professionnels.

Cela s'est avéré la seule réponse précise à la question de Deschênes: «L'offre culturelle québécoise est vaste. Que feriez-vous, comme le demande Culture Montréal, pour faire augmenter la demande?» Le problème du panel d'hier est que le modérateur était mieux préparé que ses invités... En octobre, sur le même thème, le débat des candidats à la mairie de Montréal avait été plus intéressant.

«On a annoncé qu'on ne couperait pas dans la culture», répétait pour sa part Claire Samson, candidate de la Coalition avenir Québec dans Iberville et manifestement peu à l'aise avec les problématiques culturelles actuelles. La directrice générale de l'Association québécoise de la production médiatique (ex-APFTQ) a néanmoins fait rigoler l'assemblée en évoquant le programme de son parti pour l'avancement numérique: «On s'assoit avec le monde pendant deux jours et on trouve une solution.» Il se trouve que l'ADISQ, un des organismes les plus actifs dans la recherche de solutions, a été l'un des moteurs dans la consultation sur le numérique, l'une des plus vastes de l'histoire récente du Québec.

Un non-événement, donc, ce débat. Qu'en a pensé Solange Drouin, l'énergique patronne de l'ADISQ? «Personne n'a pris d'engagements pour la musique...»

Ben voyons! La musique fait partie de la culture, et tout le monde est pour la culture...

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Techno - DJ Spooky (Paul D. Miller) présente (en anglais) une conférence intitulée Sound Unbound/Le son déchaîné, où il traite de l'influence de la technologie sur la création à travers les siècles. Les bidouilleurs ont rendez-vous aujourd'hui à 16h30 au local B-520 de la faculté de musique de l'UdeM.

Musique - Préludes et improvisations: le pianiste John Roney conjugue jazz et classique à la Chapelle historique du Bon-Pasteur. Gershwin, Debussy, Chopin, le Duke: le concert de la semaine. Ce soir à 20h. Gratuit.

Cinéma-vie - Atteint, comme des milliers de Québécois, de trouble bipolaire, le cinéaste Pierre Goupil est retourné sur le plateau et a réalisé avec Rénald Bellemare, à l'ONF, le film Il ventait devant ma porte, dans lequel il aborde la maladie et son métier de créateur. Aujourd'hui, demain et dimanche à 18h20 au Cinéma Excentris.




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