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Théâtre
Du 19 février 2013 au 16 mars 2013
Théâtre

Furieux et désespérés

Ceux qui restent...En 2008, je suis allé en Égypte pour la première fois de ma... (Photo de production du Théâtre d'aujourd'hui)

Ceux qui restent...
En 2008, je suis allé en Égypte pour la première fois de ma vie. J'ai pu rencontrer les très rares membres de ma famille qui ne se sont pas exilés lors de la Révolution de 1952.
Chrétiens francophones du Moyen-Orient depuis des générations, les Kemeid qui sont restés ont vécu la transition d'un ancien monde aristocratique, dominé par les forces impériales européennes, à un nouvel ordre nationaliste, autonomiste, détaché de l'Europe.
Je suis allé chez Béatrice Badr, née Kemeid. Béatrice habite l'appartement où mon père est né. Un appartement que mon père a quitté avec sa famille quand il avait six ans, et qu'il n'a jamais revu. Pas plus qu'il n'a revu sa ville, son pays, sa famille qui est restée. On ne revient jamais au pays de son enfance.
Béatrice m'a parlé des difficultés de la vie quotidienne au Caire, des nombreuses fois où la guerre civile a failli éclater à nouveau, de la peur de revivre les événements tragiques du Grand incendie de 1952. Elle m'a dit qu'elle a pensé maintes et maintes fois tout abandonner pour nous rejoindre au Québec. Puis elle m'a pointé le soleil orangé qui tranquillement plongeait dans le Nil, où alors était-ce la terre baignée par la lumière crépusculaire, je ne sais plus, et a murmuré : « Mais je ne pouvais pas quitter ça. »
Trois ans plus tard, cette terre s'est embrasée à nouveau, à la suite d'un élan de fureur et de désespoir sans précédent. J'ai souvent parlé, dans mes pièces, de ceux qui partent. Furieux et désespérés parlera de ceux qui restent.

Olivier Kemeid

La critique

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