Reprendre le flambeau sans faux pas

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Maria Serignese est vice-présidente adjointe en transfert d'entreprise à la Banque nationale.

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Josianne Haspeck

Collaboration spéciale

La Presse

Assumer la relève d'une entreprise, ça se planifie. Le transfert de la propriété (les avoirs) et de la direction, en plus de la transmission des connaissances, des expertises et des relations d'affaires, ne se fera pas en claquant des doigts. C'est un processus complexe où l'aspect humain est omniprésent. Voici sept conseils pour réussir.

AVOIR LE PROFILPas facile d'arriver au sein d'une entreprise et d'une équipe déjà en place. Pour s'y intégrer et gagner la confiance des troupes, mieux vaut faire preuve d'écoute, connaître le secteur d'activité de l'entreprise et détenir des compétences en gestion. Être visionnaire, caractéristique intrinsèque de tout entrepreneur, est une valeur ajoutée à ne pas négliger, estime Vincent Lecorne, directeur général du Centre de transfert d'entreprise du Québec (CTEQ). L'organisme peut aider le repreneur à se poser les bonnes questions à cet égard et le guider vers l'entreprise qui s'accorde le plus à son profil.

SAVOIR S'ENTOURER

Le releveur doit s'entourer de professionnels d'expérience capables de suggérer les meilleures solutions en fonction des visions, des valeurs et des façons de travailler qu'il partage ou non avec le cédant. À la Banque Nationale, le directeur de transfert incarne le chef d'orchestre de la démarche, indique Maria Serignese, vice-présidente adjointe en transfert d'entreprise. « Il faut savoir planifier l'expertise pour garder la tête froide. C'est un exercice important, estime M. Lecorne. Négliger cette étape peut mener à une faillite. » Pour trouver les bons conseillers, posez-leur des questions portant sur leurs compétences, leurs qualités et leurs attitudes.

BIEN COMMUNIQUER

L'entrepreneur cédant et le releveur doivent faire preuve de transparence l'un envers l'autre sur tous les aspects touchant le transfert, particulièrement sur le rôle de chacun lors du processus. Est-ce que le cédant veut se retirer à 100 % de l'entreprise ou continuer à avoir l'oeil sur la gestion ? Mme Serignese estime que de le fait de se poser ce genre de questions évitera toute ambiguïté. Si le rôle de chacun n'est pas clair, ça va amener des crises, ajoute Vincent Lecorne. Des rencontres fréquentes prévues selon un échéancier peuvent aider les deux parties à être sur la même longueur d'onde et à réussir une transition en douceur.

NE PAS S'ENDETTER À OUTRANCE

Savoir lire les états financiers permet de mieux négocier le prix de vente, parfois surévalué par le cédant. « Acheter une entreprise, c'est acheter le futur. Le futur, c'est faire grandir l'entreprise. Le vrai piège, c'est l'endettement », affirme Vincent Lecorne. « L'endettement fragilise beaucoup la croissance de l'entreprise », fait remarquer Luc Pinard, président-directeur général des Fonds régionaux de solidarité (FRS) de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ). Le marché de capitaux abondant et les taux d'intérêt très bas ont contribué à accentuer cette tendance. L'idéal est d'investir une mise de fonds de 20 à 30 % de la valeur d'achat de l'entreprise, estime-t-il.

ÊTRE PATIENTLa démarche de transfert sera plus facile si les objectifs par l'achat d'une entreprise sont déterminés en amont. C'est ce qui jettera les bases de la planification. Comme peu de cédants prévoient un transfert d'entreprise des années d'avance, le président-directeur général des FRS Luc Pinard conseille au repreneur de démontrer beaucoup de tact et de patience. « Une planification du processus viendra alléger l'attente du releveur, convient-il. Autrement, il faut savoir prendre le temps et y aller au rythme du cédant. C'est son bébé qu'il cède. Le repreneur doit comprendre l'émotivité du cédant à l'égard de son entreprise. »

CRÉER UN PLAN D'AFFAIRES COMMUN

Pour éviter toutes sortes de difficultés, le cédant et le releveur ont intérêt à se doter d'un plan de transfert commun qui s'appuie notamment sur une planification fiscale. Une étape cruciale pour assurer le succès du transfert de gestion. Il doit être bâti avec rigueur et organisation et, surtout, être communiqué clairement à tous ceux qui gravitent autour de l'entreprise. Ce plan établira les étapes importantes, jettera les balises quant à la création d'un comité de transfert s'il a lieu, soulignera les intentions de chacun, comme le transfert de la direction, comprenant la formation des repreneurs, le rôle du cédant et son retrait définitif de l'entreprise.

PRENDRE LA DIRECTION PROGRESSIVEMENT

La présence du cédant au sein de l'entreprise, les mois suivant la transaction, contribue à l'intégration du releveur au sein des employés, des clients et des fournisseurs. « Il faut établir une date où le cédant se retire complètement », admet toutefois Vincent Lecorne. Ce transfert de direction progressif, mais structuré, permet au cédant de transmettre ses connaissances, de faire connaître ses relations d'affaires et de déléguer peu à peu ses responsabilités jusqu'à son retrait officiel. Le repreneur, de son côté, améliore ses compétences et ses qualités de direction tout en assumant diverses fonctions. Les chances de réussite sont décuplées par cette synergie ainsi créée.




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