Sécurité physique

Les outils ne cessent de se peaufiner

«Notre but est de sensibiliser les employés et... (PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE)

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«Notre but est de sensibiliser les employés et les gestionnaires aux menaces réelles et aux mesures de sécurité à prendre», affirme Alexandre Santos, PDG de Spytronic.

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Samuel Larochelle

Collaboration spéciale

La Presse

Les firmes spécialisées en surveillance jouent au chat et à la souris avec les criminels qui rivalisent d'astuce pour flouer d'autres entreprises. Chaque année, de nouveaux outils malfaisants naissent presque aussi vite que les appareils pour les détecter.

Depuis dix ans, Alexandre Santos dirige Spytronic, entreprise aidant les sociétés qui désirent prévenir ou prouver certains méfaits qui perturbent leur environnement de travail. «Les dirigeants veulent souvent arrêter du vandalisme ou le vol d'effets personnels, souligne-t-il. Mais ils font aussi appel à nous pour éviter le vol d'informations sensibles dont ils discutent dans les bureaux, comme des brevets, des idées de développement, leur situation financière et plusieurs autres secrets internes.»

D'année en année, les outils dont disposent les entreprises de sécurité ne cessent de se peaufiner. «On voit de plus en plus de micrologiciels intégrés aux appareils électroniques, comme les caméras ou les systèmes d'enregistrement audio et vidéo, pour faire une analyse de la situation.

Par exemple, à l'aide de cette intelligence artificielle, on peut identifier la voix ou le visage de quelqu'un qui entre dans une zone interdite. Un avis lui est envoyé en temps réel et on peut même parler à la personne», explique-t-il.

Les derniers mois ont vu apparaître de minuscules caméras Full HD, dont la qualité d'image permet d'identifier les gens à des distances toujours plus grandes. «Avant, on avait de gros modèles avec cette qualité de résolution, mais depuis quelque temps, on trouve des modèles plus petits et plus faciles à cacher.»

Pas seulement dans les films

Selon le président de Spytronic, les Québécois ne font pas assez de prévention dans le domaine de la surveillance et de la contre-surveillance. «Le peuple québécois est très généreux et ouvre ses portes facilement, dit-il. Les gestionnaires d'entreprises pensent que l'espionnage industriel n'existe que dans les films, alors qu'il est fortement implanté, surtout au Canada.»

Les outils pour détecter l'écoute électronique et contrer les menaces d'espionnage existent. Mais comme les entreprises ont peu le réflexe de se protéger, Alexandre Santos a créé des formations sur le sujet. «Notre but est de sensibiliser les employés et les gestionnaires aux menaces réelles et aux mesures de sécurité à prendre. On donne l'information pour les entreprises qui veulent se doter d'équipement afin de contrer l'écoute électronique illégale. On explique aussi comment certains concurrents peuvent avoir accès à leurs bureaux, que ce soit en payant des employés ou en embauchant du personnel d'entretien ménager qui travaille dans leur espace.»

Les formateurs de Spytronic citent en exemple la société Nortel, qui s'est fait voler des informations par des pirates chinois. Des outils installés sur plusieurs ordinateurs avaient ouvert une brèche vers les serveurs de l'entreprise, créant ainsi un canal sécurisé par lequel les pirates récupéraient les courriels et plusieurs autres données. «Des années plus tard, on retrouvait encore des micros dans l'édifice», affirme Alexandre Santos.

Malgré l'existence de ce genre de menaces, les entreprises doivent avoir des motifs raisonnables avant d'utiliser les technologies de surveillance. Aux yeux de la justice, les droits de la personne priment souvent sur le droit à la propriété. «Quand une entreprise veut surveiller ses employés au-delà de ce que la loi proscrit, on leur dit clairement qu'on ne peut pas travailler pour eux, répond M. Santos. On deviendrait complice de leur crime et ça ne nous intéresse pas.»




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