Du gardiennage à la serrurerie

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On demande au futur agent de sécurité qui souhaite faire du gardiennage de suivre un cours de 70 heures. Pour le futur investigateur, ce sera 135 heures de cours.

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Yvon Laprade

Collaboration spéciale

La Presse

L'industrie de la sécurité évolue dans un environnement de plus en plus complexe, ce qui l'amène à ajuster son offre de service en fonction des besoins de plus en plus pointus de ses clients. Survol «statistique» d'un secteur d'activité où la confidentialité est la priorité des priorités.

Une industrie concentrée à Montréal

Au Québec, on dénombre 34 691 agents qualifiés en sécurité privée, selon le dernier rapport du Bureau de la sécurité privée (BSP). Près du tiers des agents travaillent dans la région de Montréal. La majorité des emplois sont occupés par des agents qui font du gardiennage. Le domaine de la sécurité, c'est aussi les services d'investigation, la serrurerie, les systèmes électroniques, le convoyage de biens de valeur et les services-conseils.

Un taux de roulement de 15%

C'est un secteur d'activité où le taux de roulement est «relativement élevé», observe Denis Lévesque, directeur général du Bureau de la sécurité privée (BSP), l'organisme chargé d'appliquer la Loi sur la sécurité privée et de s'assurer que le cadre réglementaire est respecté à la lettre.

«On parle d'environ 15% actuellement, précise-t-il. C'est beaucoup. Les choses s'améliorent cependant. Ce taux a déjà été de 25%.»

Par exemple, dans le gardiennage, 3589 agents ont fait un nouveau choix de carrière, l'an dernier. Dans le domaine de l'investigation, 261 spécialistes sont allés voir ailleurs.

De leur côté, une cinquantaine d'agents ont vu leur permis révoqué par le BSP au cours de la dernière année, relativement à des infractions de nature criminelle.

«Nous avons mis en place un filtre à l'entrée qui permet de limiter les cas qui posent problème, ajoute-t-il. On s'assure que les agents ont des dossiers sans taches.»

Une formation sur mesure

Ne devient pas qui veut agent de sécurité, enquêteur ou serrurier. Avant de pouvoir faire de la surveillance, de déclencher des enquêtes privées ou de déverrouiller des portes, il faut acquérir des formations sur mesure.

On demande au futur agent de sécurité qui souhaite faire du gardiennage de suivre un cours de 70 heures. Pour le futur investigateur, ce sera 135 heures de cours. Le serrurier devra avoir complété un diplôme d'études professionnelles (DEP), un spécialiste en systèmes électroniques aura une formation de la Commission de la construction du Québec (CCQ) tandis que les agents qui feront du convoyage de biens et valeurs apprendront comment manier les armes à feu et user de la force (avec modération) lors d'une formation donnée par un instructeur de l'Institut de police de Nicolet.

Des agences de toutes tailles

Les agences de sécurité privées sont essentiellement des petites et moyennes entreprises, qui emploient une vingtaine de personnes, en moyenne. On compte 1445 agences enregistrées au Québec. Les plus importants acteurs sont Garda World, Securitas Canada, Brinks, Le Corps canadien des commissionnaires et Gardium.

Des appels traités rapidement

Les interventions des agences de sécurité privées sont multiples et exigent un délai de réponse de plus en plus rapide, pour satisfaire les besoins des clients. En moyenne, les agences traitent 3333 appels téléphoniques chaque mois. Le temps d'attente lors d'un appel téléphonique est de 1 min 10 s et la durée de la conversation est de 3 min 39 s.

Gardiennage et sécurité routière

En matière de sécurité, il y a lieu de faire des distinctions. On retrouve des employés qui font du gardiennage en entreprise et des employés qui se spécialisent dans la sécurité routière (signalisation). Au décompte, on retrouve 214 employeurs dans le gardiennage et la signalisation routière, qui emploient 19 172 travailleurs et qui ont effectué, l'an dernier, 2,5 millions d'heures, selon les chiffres fournis par le Comité paritaire des agents de sécurité.

La sécurité et les équipements

La sécurité, c'est beaucoup plus que les activités de gardiennage. Il faut des équipements de surveillance à la fine pointe pour décourager les fraudeurs et les voleurs de grand chemin. Au Québec, on dénombre 400 entreprises spécialisées dans la fabrication, l'installation, l'intégration et la distribution d'équipements... sécuritaires.

Les trois grands champs d'action sont les contrôles d'accès (les laissez-passer magnétiques), l'intrusion et les alarmes incendie.

«C'est un domaine qui bouge, constate Danielle Paquin, directrice régionale pour le Québec à l'Association canadienne de la sécurité (CANASA). Les équipements se raffinent, qu'on pense aux caméras IP, qui permettent de capter le visage des auteurs d'un vol ou d'un méfait, dans les commerces, par exemple.»

Quelques acteurs importants continuent de laisser leur empreinte dans cette industrie. En avril dernier, Corporation ADT a acquis pour 555 millions la firme Reliance Protectron. On retrouve également les firmes Chubb Edwards, Alarme Microcom et Microtec.

Des salaires fixés par décret

Le taux horaire d'un agent de gardiennage qui travaille pour une agence de sécurité peut varier de 10,95$ - s'il s'agit d'un emploi saisonnier - à 20$. Le comité paritaire qui gère le décret sur les salaires en sécurité a fixé à 16,14$ l'heure le taux horaire d'un agent classe A, le 29 juin 2014. L'agent classe B touche, pour sa part, un salaire horaire de 16,39$.




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