Des projets de recherche sur mesure pour les entreprises

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Ygal Bendavid, professeur au département de management et technologies, ESG UQAM, réalise un test de détection à partir de son téléphone cellulaire.

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Martine Letarte

Collaboration spéciale

La Presse

On a longtemps vu les chercheurs universitaires dans leur tour d'ivoire. Or ils sont de plus en plus amenés à travailler avec différents acteurs du milieu. Des entreprises qui, notamment, se nourrissent des résultats de projets de recherche appliquée, alors que les professeurs et leurs étudiants des cycles supérieurs profitent de ces expériences et de ces accès à des données du terrain. Voici deux projets réalisés en partenariat.

TIRER PROFIT DE L'INTERNET DES OBJETS

L'internet des objets, c'est le domaine dont tout le monde parle actuellement. Plusieurs entreprises se demandent comment en tirer profit. Or, il y a toutes sortes de technologies disponibles et tout évolue très rapidement. Comment arriver à faire des choix vraiment bénéfiques pour son entreprise ?

Le Laboratoire sur la gestion de la logistique d'objets connectés de l'École des sciences de la gestion (ESG) de l'UQAM aide des entreprises à trouver des éléments de réponse à cette question.

D'abord, qu'est-ce que l'internet des objets ? C'est l'utilisation d'un ensemble de technologies pour permettre aux objets vivants ou non de se connecter à leur environnement afin d'échanger de l'information et de pouvoir s'autogérer, ou aider à la prise de décisions.

Par exemple, l'entreprise Connect & Go a conçu des bracelets à puce pour suivre les allées et venues des participants à de grands événements, comme les festivals Osheaga et ÎleSoniq. Elle est venue au laboratoire pour comparer la technologie qu'elle a adoptée pour ses bracelets, l'identification par radiofréquence (RFID), avec d'autres sur le marché, comme le Bluetooth.

« Un étudiant à la maîtrise travaille avec Connect & Go sur le terrain pour récolter des données de façon confidentielle et faire une analyse comparative des différentes technologies », explique Ygal Bendavid, professeur au département de management et technologies, ESG UQAM.

Un grand avantage d'aller vers ce genre de laboratoire pour une entreprise comme Connect & Go, c'est l'esprit critique des chercheurs.

« Nous n'essayons pas de leur vendre une technologie. Sur le marché, chaque vendeur dit toujours avoir la meilleure technologie ! » - Ygal Bendavid, professeur au département de management et technologies, ESG UQAM

D'autres projets du laboratoire ont lieu notamment dans le milieu hospitalier, par exemple, pour suivre les moniteurs cardiaques qui sont souvent égarés, ou pour s'assurer que le personnel soignant se lave toujours les mains entre deux patients.

CONNECT & GO EN BREF

• Fondée en 2012.

• Compte 47 employés.

• A activé plus de 4 millions de bracelets RFID.

• A des clients comme C2-MTL, Osheaga, Saputo, Juste pour rire, Budweiser.

Le Tech3Lab, dont Pierre-Majorique Léger est le codirecteur,... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE) - image 2.0

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Le Tech3Lab, dont Pierre-Majorique Léger est le codirecteur, développe des projets de recherche sur mesure avec des entreprises.

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Une appli qui donne envie d'apprendre les maths

On intègre de nouvelles technologies partout. Mais sont-elles vraiment bénéfiques pour l'expérience utilisateur ? Quels sont les éléments précis à améliorer dans ces technologies pour en augmenter l'impact ? C'est le genre de question que se pose Pierre-Majorique Léger, professeur au département de technologies de l'information à HEC Montréal.

Le Tech3Lab, dont il est le codirecteur, développe des projets de recherche sur mesure avec des entreprises. Par exemple, avec Houghton Mifflin Harcourt (HMH), qui crée du contenu éducationnel, il a notamment travaillé sur un projet pour la collection Go Math de l'application pour tablette Player.

« Les mathématiques peuvent être arides et l'application doit vraiment amener l'enfant à s'intéresser à la matière et à vouloir réutiliser l'application. » - Pierre-Majorique Léger, professeur au département de technologies de l'information à HEC Montréal

Or, si on demande à un enfant s'il aime utiliser l'application, on risque d'avoir une réponse succincte qui n'aidera pas tellement les développeurs.

Le Tech3Lab est équipé d'instruments pour mesurer ce qui se passe chez l'utilisateur de l'application en temps réel. Par exemple, un oculomètre permet de mesurer avec précision où se porte le regard d'une personne sur un écran et la dilatation de la pupille liée au niveau d'effort mental.

Une caméra placée devant le sujet mesure aussi les micromouvements des muscles du visage associés à des émotions.

« On peut ainsi déterminer quels éléments contribuent à dégrader ou à améliorer l'expérience utilisateur, et ce qui permettra de l'amener à vouloir persévérer dans la tâche », explique Pierre-Majorique Léger.

L'entreprise bénéficie directement des projets de recherche.

« Nous utilisons les données pour améliorer nos produits, affirme Chloé Benaroya, vice-présidente responsable de l'expérience utilisateur, HMM Design Studio - Montréal. Nous ne serions pas allés aussi rapidement vers de tels outils qui doivent être maniés avec une certaine expertise pour nos tests d'expérience utilisateur si ce n'avait pas été de cette collaboration. »

HOUGHTON MIFFLIN HARCOURT EN BREF

• Entreprise américaine active dans le développement de produits d'apprentissage.

• Le bureau montréalais est responsable des tests de l'expérience utilisateur.

• L'entreprise a près de 5000 employés, dont une trentaine à Montréal.




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