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Portraits d'innovateurs : un trou, un bon coup

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Guillaume Jacquet (à gauche) et Jean-David Saint-Martin ont fondé Chronogolf en 2012.

PH0TO ÉDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Marc Tison
La Presse

Deux jeunes de 28 ans ont fondé une plateforme de gestion et de réservation pour les terrains de golf. Un marché mal desservi pour lequel ces deux jeunes raflent tous les contrats! Une suggestion de Chris Arsenault, associé directeur de la société de capital de risque Inovia Capital.

Chronogolf

> Fondation: 2012

> Fondateurs: Jean-David Saint-Martin et Guillaume Jacquet

> Siège social: Montréal

> Employés et collaborateurs: une dizaine

Il y avait un trou dans le marché du golf. Jean-David Saint-Martin et Guillaume Jacquet ont foncé dans l'ouverture.

Le golf, ont-ils constaté, a conservé les manières surannées des gentlemen anglais du début du XXe siècle: les réservations s'inscrivent encore sur papier. Dans le meilleur des cas, les gestionnaires utilisent un programme archaïque ou un chiffrier Excel.

Ajoutez à cela un marché en difficulté qui peine à intéresser de nouveaux joueurs, et vous aurez compris que nos jeunes amis avaient mis le doigt sur un bobo.

«Les terrains se retrouvent dans une dynamique où ils doivent attirer des golfeurs, alors qu'ils sont en compétition avec d'autres sports ou activités, souligne Jean-David Saint-Martin. On pense que Chronogolf peut apporter une solution.»

Le principe: un logiciel qui enregistre et gère les réservations, y compris celles faites en ligne en l'absence du gestionnaire du terrain.

Les deux jeunes et brillants financiers, qui travaillaient pour une société de capital de risque, ont lancé leur entreprise à temps partiel en 2012. Dès l'été 2012, une version préliminaire de ce qu'ils ont appelé Chronogolf était testée sur trois terrains du Québec.

Le concept s'est trouvé validé et depuis avril dernier, l'entreprise est soutenue par trois sociétés de capital de risque, dont la firme Inovia Capital de Chris Arsenault et Anges Québec.

Comme sur un nuage

Au contraire des rares et coûteux programmes actuels, la plateforme Chronogolf ne nécessite aucun téléchargement, aucun serveur, aucun investissement. Elle est accessible en tout temps à partir de n'importe quel appareil.

À telle enseigne que les nouvelles ententes sont souvent conclues sans que nos deux compères aient à se déplacer.

«Nous avons ce logiciel qui offre une solution de gestion pour les terrains de golf, mais nous avons également le site internet Chronogolf, qui permet aux joueurs de trouver un terrain à proximité et de réserver en ligne si c'est un terrain de golf partenaire», fait valoir Guillaume Jacquet.

Le propriétaire partenaire peut y faire sa promotion, tandis que le joueur y trouve l'avantage de réserver même si le terrain est fermé - le soir ou la nuit, par exemple.

Autre innovation, Chronogolf offre deux options de paiement au terrain de golf participant. La première, rarement choisie, est un coût mensuel. La seconde consiste en un «échange de parties», selon l'expression de Jean-David Saint-Martin. Le club partenaire accorde chaque semaine un certain nombre de réservations à Chronogolf - de 4 à 12, selon le plan de service -, à charge de cette dernière de les vendre sur chronogolf.ca pour empocher la recette. Pour faciliter la vente, le club autorise Chronogolf à accorder un rabais, généralement plafonné à 25% pour ne pas désavantager sa clientèle habituelle.

Terrain de jeu: le monde

À la fin de l'été 2013, neuf terrains s'étaient abonnés. «Pour la saison 2014, 800 000 rondes de golf ont été réservées sur notre plateforme», affirme Guillaume Jacquet.

À l'heure actuelle, 70 terrains de golf ont adopté la plateforme, dont une dizaine en France. Les deux entrepreneurs prévoient que de 130 à 150 terrains l'auront acquise au printemps 2015, à l'orée de la nouvelle saison, dont environ 25 sur le marché français. «On espère annoncer dans quelques jours le Maroc», précise Jean-David Saint-Martin.

Chronogolf n'est pour l'instant offert qu'en français et en anglais - ce qui ouvre déjà un large marché. On compte 2400 terrains au Canada, 18 500 aux États-Unis, près de 600 en France et quelque 2900 en Irlande et au Royaume-Uni.

En 2016, des traductions pourraient être proposées sur les marchés européen et asiatique.




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