La Caisse de dépôt mise sur son « réseau de contacts »

Christian Dubé est premier vice-président de la Caisse de... (Photo David Boily, La Presse)

Agrandir

Christian Dubé est premier vice-président de la Caisse de dépôt depuis août 2014.

Photo David Boily, La Presse

Yvon Laprade
La Presse

Près de cinq ans après avoir pris le virage PME à l'international, la Caisse de dépôt et placement du Québec garde le cap et prévoit même « intensifier » ses efforts pour créer « d'autres Couche-Tard » à l'étranger.

Christian Dubé est premier vice-président de la Caisse de... (Photo Olivier Jean, Archives La Presse) - image 1.0

Agrandir

Christian Dubé est premier vice-président de la Caisse de dépôt depuis août 2014.

Photo Olivier Jean, Archives La Presse

« Nous avons du capital et des contacts, souligne en entrevue à La Presse le premier vice-président de la Caisse, Christian Dubé. On veut accompagner des champions. »

Parmi ces « champions », il cite en exemple le développement en accéléré du carrossier Fix Auto, présent dans plus de 30 pays, à qui la Caisse a « présenté » des maîtres-franchiseurs pour son expansion en Chine.

« C'est notre rôle de les faire avancer plus rapidement », affirme le haut dirigeant. Il cite également en exemple les « très bons rendements », sur la scène internationale, de la firme montréalaise Light Speed, dans les logiciels.

Christian Dubé convient, toutefois, qu'il faut faire un tri parmi les « nombreuses » demandes d'accompagnement - et de financement - soumises à la Caisse de dépôt. « Nous retenons de 15 à 20 projets annuellement, parfois un peu moins, calcule-t-il. Nous allons de l'avant avec les entreprises québécoises qui sont assez solides pour s'internationaliser. »

« On a plus que doublé notre force de frappe (gestionnaires, directeurs) depuis trois ans. On répond à une forte demande provenant des dirigeants de PME qui veulent accéder au marché international, que ce soit en Europe, en Asie, en Inde ou en Amérique latine. »

- Christian Dubé, premier vice-président de la Caisse de dépôt

MISER SUR DES SECTEURS-CLÉS

Un fait demeure : la Caisse souhaite miser davantage sur les secteurs-clés de l'économie québécoise - comme l'intelligence artificielle - dans sa stratégie à l'international, fait valoir le premier vice-président, en poste depuis trois ans.

« Ça nous permet de faire découvrir les forces du Québec, dans les marchés ciblés, précise-t-il. Voilà pourquoi il est important d'investir dans les secteurs où nous avons une solide expertise. » Il évoque, notamment, la vigueur des projets « innovants » des PME dans l'électrification des transports, de même que le secteur pointu de la reconnaissance de la voix, où se démarquent des entreprises montréalaises.

NOURRIR LA PÉPINIÈRE

Chose certaine, observe Christian Dubé, le Québec économique compte encore sur une pépinière de PME au fort potentiel de croissance. À elle seule, évalue-t-il, la Caisse investit « indirectement », par ses fonds spécialisés, dans quelque 500 PME faisant partie de cette « pépinière ».

« Ça démontre la profondeur de notre écosystème, soulève-t-il. Ce sont des entreprises qui progressent, et dont on entend peu parler, parce qu'elles sont [encore] sous le radar. »

LA PRÉSENCE DU FONDS DE SOLIDARITÉ

Les PME québécoises qui cognent à la porte du Fonds de solidarité FTQ pour obtenir du financement ont tout intérêt à avoir une stratégie de développement à l'exportation, souligne Normand Chouinard, vice-président investissement. « Nous insistons pour que les PME nous présentent un plan d'affaires qui en tient compte », ajoute-t-il. Il constate en outre que les PME qui exportent se tournent de plus en plus vers l'Europe, l'Asie et l'Amérique latine. « On sent une préoccupation plus grande de diversifier les marchés, et de ne pas penser uniquement en fonction d'une stratégie nord-sud [Québec-États-Unis] », exprime-t-il. Il ne cache pas que les entrepreneurs sont préoccupés par le « nuage noir » qui flotte dans le paysage américain, avec la renégociation de l'ALENA.

L'ACCOMPAGNATEUR DESJARDINS

Depuis cinq ans, Desjardins a « accompagné » un millier de PME dans des projets d'import-export sur le marché européen, à partir de son bureau de représentation de Paris. Pour le volet « américain », les PME québécoises peuvent compter sur Desjardins Bank, en Floride. « Nous avons également un volet conseil à l'intention des dirigeants d'entreprises qui veulent évaluer les risques liés à l'expansion de leurs activités, les paiements sécuritaires, le taux de change », précise Richard Lacasse, porte-parole médias chez Desjardins. Il rappelle que Desjardins agit comme « partenaire financier pour la moitié des agriculteurs québécois », ce qui explique l'implication de la coopérative dans des projets d'exportation dans la canneberge, le porc et le sirop d'érable, avec La Citadelle, la coopérative de producteurs de sirop d'érable.




Les plus populaires : Affaires

Tous les plus populaires de la section Affaires
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer