Où s'en vont les prix des métaux ?

Dans l'antre de la mine de nickel Raglan,... (Photo fournie par Glencore)

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Dans l'antre de la mine de nickel Raglan, dans le nord du Québec.

Photo fournie par Glencore

Jean Gagnon

Collaboration spéciale

La Presse

L'indice CRB des prix des matières premières a fondu de moitié en 2014-2015 pour ensuite amorcer une légère remontée en 2016. Aujourd'hui, à ce niveau, les perspectives semblent incertaines. Quelle valeur obtiendrons-nous pour les principaux métaux extraits dans le cadre du Plan Nord ? Dans ce contexte de volatilité, des experts nous expliquent ce qui fera bouger les prix de ces métaux au cours des prochaines années.

Des blocs de zinc attendent leur transformation.... (Photo François Roy, archives La Presse) - image 1.0

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Des blocs de zinc attendent leur transformation.

Photo François Roy, archives La Presse

Un travailleur se tient à proximité d'une pièce... (Photo Lisi Niesner, archives Reuters) - image 1.1

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Un travailleur se tient à proximité d'une pièce de platine en fusion.

Photo Lisi Niesner, archives Reuters

NICKEL

C'est un des métaux dont le prix profitera de la reprise économique mondiale qui semble se pointer actuellement. Depuis environ deux ans, le prix du nickel a varié entre 8000 $ et 12 000 $US la tonne. Il se situe en ce moment au milieu de cette fourchette. C'est beaucoup plus bas qu'en 2014, alors que le prix s'était approché de 22 000 $US la tonne. Ceci n'est pas surprenant, considérant que les stocks de nickel sont passés d'environ 150 000 tonnes en 2013 à près de 400 000 tonnes aujourd'hui. Les mouvements récents du prix du nickel ont été influencés autant par les efforts du gouvernement philippin pour limiter la production que par la crainte d'une augmentation des exportations par l'Indonésie, explique Mathieu D'Anjou, économiste principal chez Desjardins.

ZINC

On a assisté à la fermeture de plusieurs mines de zinc au cours des dernières années, ce qui a eu pour effet de comprimer l'offre. Conséquence, le prix du zinc a doublé en 2016.

« Sans grande surprise, cette poussée spectaculaire fait maintenant place à une certaine consolidation autour de 2750 $US la tonne. » - Mathieu D'Anjou, économiste principal chez Desjardins

En général les analystes demeurent positifs quant à l'évolution du prix du zinc. La diminution constante des stocks, selon la recension du London Metal Exchange, appuie certainement cette assertion. Depuis 2013, les stocks de zinc sont passés de 1 200 000 tonnes à moins de 400 000 tonnes.

PLATINE

Deux facteurs jouent pour l'instant en faveur du prix du platine qui s'est apprécié de plus de 5 % depuis le début de l'année. D'abord, il a été porté par un sentiment favorable envers les métaux précieux (voir la hausse du prix de l'or). Mais aussi, il profite d'une augmentation de la demande industrielle provenant principalement du secteur de l'automobile, explique Mathieu D'Anjou. Cette demande survient alors que ce métal est en déficit, et que celui-ci va s'accroître. En effet, le World Platinum Investment Council a revu à la hausse le déficit prévu pour le platine cette année. L'organisme prévoit que l'offre de platine reculera de 4 % cette année, comparativement à 2016.

OR

Après avoir clôturé l'année 2016 à 1150 $US l'once, l'or a vu son prix rebondir jusqu'à 1220 $ durant les premiers mois de 2107. Les experts ont été quelque peu surpris, car cela se produisait à un moment où la Réserve fédérale américaine (Fed) haussait les taux d'intérêt sur les fonds fédéraux. Un contexte de hausse des taux d'intérêt n'est généralement pas favorable à une augmentation du prix de l'or, explique Luc Vallée, stratège en chef, Valeurs mobilières Banque Laurentienne.

« Ce qui pousse le prix de l'or à la hausse, c'est généralement l'inflation. Mais si on augmente les taux d'intérêt, c'est justement pour combattre l'inflation. » - Luc Vallée, stratège en chef, Valeurs mobilières Banque Laurentienne

Pour cette raison, il croit que le prix de l'or demeurera faible pendant quelque temps. Les incertitudes géopolitiques pourraient toutefois raviver la demande pour le métal jaune.

FER

Il est plus difficile de suivre l'évolution du prix du fer étant donné qu'il n'y a pas de contrats à terme qui se négocient sur les Bourses de marchandises, note Mathieu D'Anjou. Par ailleurs, le marché du fer est dominé par la demande chinoise. L'offre s'est ajustée à celle-ci. Les prix sont bas actuellement, car l'économie chinoise semble avoir connu un certain ressac au cours des quelques derniers trimestres. Mais cette mollesse du prix du fer devrait maintenant se résorber, croit M. D'Anjou. Une plus forte demande de la part des Chinois devrait soutenir le prix.




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