Gestion du patrimoine - Les milléniaux veulent garder ça simple

Félix Lebrun a accumulé des économies qu'il investit... (Photo fournie par Felix Lebrun)

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Félix Lebrun a accumulé des économies qu'il investit lui-même grâce à un compte de courtage en ligne.

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Ce ne serait pas le premier secteur d'activité où cela se produirait. Or, avec l'intérêt que l'on semble porter au conseiller-robot, certains pourraient croire que l'ordinateur s'apprête à remplacer le conseiller financier dans la gestion de patrimoine. »

Jean Gagnon
La Presse

Ils ont entre 20 et 35 ans et, faut-il s'en étonner, ne voient pas le monde de la même façon que les générations précédentes. Alors, comment les milléniaux envisagent-ils la gestion de leur patrimoine naissant ? Et comment les conseillers qui aimeraient bien les avoir parmi leur clientèle les perçoivent-ils ?

Philippe Hynes dirige sa propre boîte de gestion de portefeuille, Tonus Capital, et bien que peu de ses clients proviennent de ce groupe d'âge, il s'y intéresse de près. Il est en contact étroit avec les milléniaux, car il donne un cours spécialisé en placements à l'Université Concordia où la majorité de ses étudiants font partie de ce groupe d'âge.

Une des exigences des milléniaux en ce qui concerne la gestion de leurs avoirs est que le processus doit être simple, constate-t-il.

« Il faut que ce soit facile d'ouvrir un compte, tout doit être accessible par internet et, surtout, ils ne veulent pas recevoir de papiers tels des états de compte. Ils veulent que tout soit accessible sur leur téléphone. »

- Philippe Hynes

Mais ce n'est pas tout. Pour leur convenir, les solutions de placement doivent aussi être flexibles, car plusieurs d'entre eux voudront éventuellement se tourner vers l'immobilier et acheter une maison ou un condo.

Capture_d_e_cran_2018_05_14_a_10_40_17 Philippe Hynes, gestionnaire de portefeuille, Tonus Capital. Photo Patrick Sansfaçon, La Presse

LE COURTAGE EN LIGNE ET LES ROBOTS ONT LA COTE

Bien qu'il n'ait que 25 ans et soit toujours aux études, Félix Lebrun a accumulé des économies qu'il investit lui-même grâce à un compte de courtage en ligne. « C'est ce que font la majorité des milléniaux que je connais », dit-il. Pour sa part, Félix Lebrun investit 100 % de ses avoirs à la Bourse.

Tout faire par soi-même est certes un attrait pour les milléniaux, mais cela comporte des risques qu'ils ne perçoivent peut-être pas, constate Philippe Hynes. Dont celui de ne voir que ce qui est à la mode. En janvier, il questionnait ses étudiants à savoir qui, parmi eux, avait investi dans des entreprises reliées au cannabis et aux cryptomonnaies. « Ils ont tous levé la main », ironise-t-il.

Quant aux robots, les milléniaux soufflent un peu le chaud et le froid. Michael Frances, 20 ans, étudiant, qui lui aussi a commencé à investir ses premières économies, assure que parmi les jeunes qu'il connaît, nombreux sont ceux qui se tournent vers les robots. « Ces solutions sont certainement là pour rester et se développer », dit-il. Les grandes qualités des robots sont le fait qu'ils soient peu dispendieux et, surtout, transparents, selon lui.

« Il n'y a pas de conflit d'intérêts entre le robot et l'investisseur », dit-il. Toutefois, les robots ont leurs faiblesses : ils n'offrent que de l'indexation et des portefeuilles qui ne sont pas nécessairement adaptés aux jeunes, croit Félix Lebrun. « Ils offrent souvent des répartitions d'actifs beaucoup trop conservatrices pour de jeunes investisseurs », dit-il.

ET LES CONSEILLERS DANS TOUT ÇA ?

Pour différentes raisons, l'image des conseillers n'est pas toujours très positive auprès des milléniaux, admet Pierre Olivier Tardif, premier vice-président, gestion de placements, chez Eterna. Grâce à l'internet, ils ont accès à toute l'information et à tous les outils d'analyse. Ils peuvent donc ainsi gérer leurs investissements à peu de frais. Alors, pourquoi s'embarrasser d'un conseiller ?

« C'est lorsqu'ils vivront une mauvaise expérience qu'ils se tourneront vers nous », répond Pierre Olivier Tardif. Et plus le temps passera et qu'ils avanceront dans la vie, plus ils reconnaîtront avoir besoin de conseils, selon lui. Il cite l'exemple de la déclaration de revenus. « On peut se croire capable de le faire, mais on ne sait pas vraiment si on profite de toutes les déductions et exemptions disponibles. Ce n'est que lorsque la situation financière devient plus complexe que l'on songe à faire appel à un expert afin de ne rien laisser au hasard », dit-il. « L'important pour les milléniaux sera de trouver le conseiller qui aura les mêmes valeurs qu'eux », conclut-il.

Chose certaine, les professionnels de l'investissement s'ajustent. Pour sa part, Philippe Hynes a entrepris une refonte de son site web afin d'être plus à jour avec ses clients, mais aussi pour s'assurer de rejoindre également les milléniaux.




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