Formation en aérospatiale : l'aéronautique au féminin

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Anne-Marie Bertrand est  directrice de la gestion de programme chez Héroux Devtek.

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Ulysse Bergeron

Collaboration spéciale

La Presse

L'organisation Femmes en aérospatiale veut donner plus de place aux femmes dans le secteur très masculin de l'aéronautique. Anne-Marie Bertrand, directrice de la gestion de programme chez Héroux Devtek, est impliquée dans la filiale québécoise de l'organisation. Elle s'est entretenue avec La Presse.

Q Pourquoi l'industrie aéronautique intéresse-t-elle moins les femmes?

R En fait, je ne crois pas que l'aéronautique soit une barrière pour les femmes. La ségrégation se fait plutôt à l'université, lorsque les jeunes choisissent leur champ d'études. Dans les écoles de génie, le nombre d'étudiantes est beaucoup moins élevé que le nombre d'étudiants. Toutefois, l'aéronautique n'est pas que l'ingénierie. Pour preuve, au sein des entreprises, le ratio hommes-femmes est plus équitable dans les autres services: le commercial, l'approvisionnement ou les finances. J'en suis un exemple. Je ne suis pas ingénieure. J'ai un baccalauréat en gestion des opérations et un MBA en commerce.

Q Qu'est-ce que l'organisation Femmes en aérospatiale?

R Les Femmes en aérospatiale est une organisation sans but lucratif déjà implantée en Amérique du Nord, en Europe, et tout dernièrement en Afrique. Au Québec, nous sommes en activité depuis un peu plus d'un an. La mission en est une de réseautage, de développement professionnel, mais aussi de promotion du secteur auprès des jeunes femmes. Pour y parvenir, nous collaborons avec des universités, des grandes entreprises et, de plus en plus, nous travaillons avec des cégeps et des écoles secondaires. Au Canada, ce sont de grands donneurs d'ordre [Bombardier, Pratt & Withney Canada, Honeywell et Safran/Messier Bugatti Dowty] qui ont fourni l'aide financière nécessaire à notre développement en tant que membres fondateurs. Quant à la division québécoise, c'est surtout Héroux-Devtek, PWC et Aéro Montréal qui soutiennent l'initiative.

Q Pour rejoindre les étudiantes, quels événements proposez-vous?

R Il y en a plusieurs. Deux fois par année, nous organisons des «dîners apprentissage» qui - outre l'aspect réseautage - donnent la parole à des invités qui expliquent des facettes du secteur ou de développement professionnel. Une fois par année, nous organisons un événement sportif, soit une journée de golf, suivi d'un souper réseautage avec des conférencières.

En mai, nous organisons un événement de «mentorat de vitesse» qui reprend la formule du speed dating, mais à des fins professionnelles: successivement, des étudiantes principalement en ingénierie discutent quelques minutes avec des professionnels du milieu. Cette structure permet aux étudiantes d'avoir accès à plusieurs mentors dans la même soirée, d'accroitre leur réseau de contacts et de comprendre les requis de l'industrie pour les perspectives d'emplois futurs. À noter: même si l'organisation s'appelle Femmes en aérospatiale, nous sommes très inclusives et des professionnels masculins participent aux événements.

Q Vous avez eu l'occasion de discuter avec nombre d'étudiantes. Quels sont leurs questionnements à l'égard de l'aéronautique?

R Ils sont principalement de deux ordres. Tout d'abord, elles se questionnent sur les champs d'études qui mènent à l'aéronautique: est-ce que l'ingénierie est l'unique porte d'entrée? Deuxièmement, elles ont des questions quant aux aspects liés à la conciliation travail-famille. Certaines veulent aussi en savoir davantage sur la dynamique à laquelle sont confrontées les femmes qui travaillent dans un milieu masculin. Lors de réunions, il n'est pas rare d'être la seule femme parmi un groupe d'hommes. À ce sujet, si le milieu est masculin, il faut par ailleurs souligner qu'il ne s'agit pas d'un milieu macho.

Q Finalement, que croyez-vous qu'un meilleur équilibre hommes-femmes apporterait à l'industrie?

R Comme je ne veux pas tomber dans les clichés liés aux genres, je vous dirais plutôt que depuis que je gère des équipes, j'essaie d'avoir une mixité dans mes équipes. Je suis de celles qui croient qu'un bon équilibre hommes-femmes permet d'établir la meilleure dynamique qui soit. Les approches diffèrent d'une personne à l'autre. Un ratio équitable permet d'aller chercher le meilleur des deux mondes. Chose certaine: ça ne peut pas nuire!

Les femmes en génie

Aérospatial de Polytechnique

Cohorte 2009

7 femmes - 53 hommes

60 étudiants admis

Cohorte 2010

8 femmes - 52 hommes

60 étudiants admis

Cohorte 2011

8 femmes - 52 hommes

60 étudiants admis

Cohorte 2012

9 femmes - 53 hommes

62 étudiants admis

Cohorte 2013

10 femmes - 50 hommes

60 étudiants admis

Cohorte 2014

11 femmes - 46 hommes

57 étudiants admis

Source: Polytechnique Montréal




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