Formation des ingénieurs: la popularité des stages à l'étranger monte en flèche

Caroline Rodgers

Collaboration spéciale

La Presse

Bien que les stages à l'étranger constituent encore une infime proportion de l'ensemble des stages réalisés par les étudiants en génie, leur popularité croît rapidement depuis quelques années.

À Polytechnique Montréal, tout étudiant en génie a un stage obligatoire de 13 à 16 semaines à faire en milieu de travail, et il peut en faire d'autres qui sont optionnels. Mais sur 1313 étudiants ayant réalisé des stages l'an dernier, seulement 37 se sont aventurés dans un autre pays. L'année précédente, ils n'étaient que 23, l'année d'avant, 15, et en 2009, seulement 10.

«Nous mettons de plus en plus l'accent là-dessus, dit Allan Doyle, directeur du service des stages et du placement à Polytechnique. Nous avons fait le constat, il y a cinq ans, que 20% de nos étudiants provenaient de l'étranger, mais que très peu des nôtres y allaient. Nous avons donc fait beaucoup d'efforts pour changer cela et nous avons chargé une personne de coordonner et de mettre en valeur les stages à l'étranger.»

Selon M. Doyle, les Québécois étaient traditionnellement assez pantouflards, ce qui expliquerait en partie pourquoi les stages internationaux étaient peu répandus, mais la situation change rapidement avec la nouvelle génération.

«À notre dernière activité portes ouvertes, les jeunes qui venaient nous voir nous posaient énormément de questions sur les stages internationaux. Pour eux, cela commence à devenir un critère dans le choix d'une école.»

Ces stages peuvent se dérouler aux États-Unis, en Europe et même au Japon, et peuvent durer jusqu'à 12 mois. La plupart d'entre eux sont rémunérés, sauf en Europe, où plusieurs entreprises ne paient pas leurs stagiaires.

Avantages

Pour un futur ingénieur, les stages à l'étranger comportent d'énormes avantages sur le plan de l'apprentissage et des expériences, tant humaines que professionnelles.

«Un stage dans un autre pays oblige l'étudiant à développer ses habiletés relationnelles, interculturelles, sa capacité de faire du réseautage et de s'adapter, explique Allan Doyle. Sur un CV, c'est très apprécié des employeurs. Que le futur employé soit amené ou non à voyager dans le cadre de son travail, il a tout avantage à avoir appris à travailler au sein d'une équipe diversifiée avec des collègues de différentes cultures.»

Évidemment, le processus de sélection, les complications administratives, les visas et les permis de travail à obtenir peuvent constituer un fardeau aux yeux de certains, sans compter qu'un long séjour à l'étranger demande une certaine force de caractère.

«Ce n'est pas fait pour tout le monde de passer plusieurs mois dans une autre culture, mais ceux qui en font l'effort reviennent transformés», souligne M. Doyle.




À découvrir sur LaPresse.ca

Les plus populaires : Affaires

Tous les plus populaires de la section Affaires
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer