C.A.: davantage de pressions pour l'imposition de quotas

Dana Ades-Landy, présidente de l'Association des femmes en... (Photo François Roy, La Presse)

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Dana Ades-Landy, présidente de l'Association des femmes en finance du Québec (AFFQ), travaille avec les organismes qui encadrent les marchés financiers et gouvernements en vue d'augmenter la proportion de femmes dans les conseils d'administration.

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Présence des femmes aux conseils d'administration, promotion des femmes à des postes de direction, relève et mentorat: l'Association des femmes en finance du Québec (AFFQ) s'attaquera à plusieurs enjeux de front cette année. Entretien avec sa présidente, Dana Ades-Landy. »

Martine Letarte

Collaboration spéciale

La Presse

Augmenter la proportion de femmes dans les conseils d'administration est l'un des principaux chevaux de bataille de l'Association des femmes en finance du Québec (AFFQ) depuis quelques années, mais les choses n'avancent pas au rythme souhaité. Le point avec la présidente de l'association, Dana Ades-Landy.

Il y a trois ans, le gouvernement fédéral a modifié un règlement afin d'exiger que les entreprises cotées en Bourse dans la majorité des provinces canadiennes publient annuellement de l'information, comme leurs politiques et cibles, concernant les femmes en poste au sein de leur conseil d'administration (C.A.) et de leur haute direction. C'est la méthode de « se conformer ou s'expliquer » utilisée en vue d'augmenter la représentation féminine. Que s'est-il passé depuis ?

Le règlement n'a pas porté ses fruits. Une grande proportion d'entreprises ne se sont toujours pas fixé d'objectifs et n'ont pas de stratégies pour augmenter la représentation féminine. Et d'ailleurs, le nombre de femmes dans les C.A. des entreprises publiques n'a presque pas augmenté. De plus, une grande proportion d'entreprises n'ont même pas une femme parmi leurs administrateurs. Donc, il faut aller plus loin pour obtenir des résultats.

Êtes-vous favorable aux quotas ?

En 2013, nous avions sondé nos 300 membres et environ 60 % étaient favorables aux quotas. Nous venons de refaire un sondage auprès des 700 membres que nous avons maintenant et 78 % sont pour les quotas. Il y a une frustration par rapport au fait que rien n'a bougé après la modification au règlement. Qu'on les appelle quotas ou objectifs, tant et aussi longtemps qu'ils ne viendront pas avec des conséquences en cas de non-respect, on ne verra pas de grands changements. Tous les pays qui ont amélioré le nombre de femmes dans leurs C.A. ont donné des pénalités à ceux qui ne respectaient pas les quotas ou objectifs.

Que faites-vous pour tenter de faire bouger les choses ?

Nous avons commencé à travailler avec l'Autorité des marchés financiers (AMF), qui vient d'ailleurs d'organiser une table ronde pour discuter de la place des femmes dans les C.A. et dans la haute direction des entreprises. Nous travaillons aussi avec l'Ontario Securities Commission, dont la présidente et chef de la direction, Maureen Jenson, travaille sur cette question depuis 40 ans et veut vraiment aller de l'avant. Mais leur pouvoir est limité en raison de leur mandat. Il faut discuter avec les gouvernements.

Vous souhaitez donc maintenant travailler directement avec les gouvernements.

Oui. Je rencontre le premier ministre Philippe Couillard la veille de notre gala annuel du 11 avril. Le gouvernement du Québec a adopté une loi en 2006 pour exiger que les sociétés d'État québécoises aient des C.A. paritaires et ça a porté ses fruits. Puis, je crois que le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, qui parle beaucoup de parité, devrait agir.

Entendez-vous encore souvent des sociétés dire qu'elles ne trouvent pas de femmes compétentes pour siéger à leur conseil d'administration ?

Oui, on l'entend encore. Mais, ça n'a aucun sens ! Même dans les secteurs où il y a peu de femmes, comme l'ingénierie et les mines, tous les membres du C.A. n'ont pas à être des experts du secteur d'activité. Il faut des compétences complémentaires dans un C.A., en finance notamment. Il y a plein de femmes compétentes. L'AFFQ a d'ailleurs une liste de 300 femmes prêtes à siéger afin d'aider les entreprises qui ont de la difficulté à en trouver.

Pourquoi l'AFFQ a-t-elle plus que doublé son nombre de membres depuis 2013 ?

Nous avons élargi les critères d'admission pour nous ouvrir notamment aux étudiantes en finance, pour qui l'inscription est gratuite. Nous voulons aider les universités dans leurs efforts pour faire cheminer davantage d'étudiantes en finance vers les programmes de cycles supérieurs. Nous leur offrons un réseau et du mentorat. Nous trouvons qu'il est très important de soutenir la relève.

***

Prix de l'AFFQ 2018

L'Association des femmes en finance du Québec remettra ses prix le 11 avril prochain, lors de son gala annuel. En plus du Prix Initiative pour l'avancement des femmes en finance remis au programme Faire la différence : une approche centrée femmes de la Financière Banque Nationale, voici les nommées, ainsi qu'un lauréat et les lauréates. - La Presse




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