Entreprises branchées: le prêt-à-porter 2.0

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Stéphane Dubé consulte sur une tablette les données transmises par le chandail intelligent d'un athlète pendant un entraînement.

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Ulysse Bergeron

Collaboration spéciale

La Presse

Le «prêt-à-porter intelligent» prend du galon et le Québec pourrait bien en profiter. De jeunes entreprises innovantes se taillent une place dans un secteur principalement dominé par les géants de la technologie. Tour d'horizon.

Le marché du «prêt-à-porter intelligent», ces accessoires qui peuvent être connectés entre eux, est en pleine ébullition. Environ 90 millions de ces accessoires - montres, bracelets, lunettes et vêtements - devraient être vendus cette année, selon ABI Research, firme d'analyse de marché.

Et ce n'est que le début. La demande devrait croître au cours des prochaines années. La firme Juniper Research estime que les revenus provenant de la vente de ces accessoires devraient plus que décupler d'ici 2018, passant de 1,4 milliard à... 20 milliards de dollars!

«Déjà, le Québec et le sud de l'Ontario développent cette filière», dit Frédéric Bastien, cofondateur et PDG de Mnubo, une entreprise montréalaise spécialisée dans l'internet des objets.

Le nombre élevé d'ingénieurs québécois et l'éclatement de la bulle technologique avantageraient la province, selon lui. «Des ingénieurs en télécommunications se sont recyclés dans les secteurs des objets connectés ou dans la communication machine à machine [sans intervention humaine]», constate-t-il.

Qui plus est, le gouvernement québécois appuie l'éclosion du secteur avec de «très bons crédits d'impôt pour la recherche et développement, le meilleur programme de toutes les provinces au Canada», ajoute M. Bastien.

Jacques Grysole est président d'Expansion Strategies, une firme de consultation qui travaille auprès d'entreprises dont certaines produisent des vêtements intelligents. Selon lui, le Québec a l'avantage d'être au carrefour de deux créneaux d'activité indispensables à son développement: le textile et le biomédical.

«D'une part, nous retrouvons ici l'expertise technique avec des centres de transfert comme celui de Saint-Hyacinthe et de Vestechpro du collège Marie-Victorin, dit-il. D'autre part, le secteur biomédical est très important.»

Dans l'univers du «tout est possible»

Les applications intégrées au prêt-à-porter offrent une panoplie de possibilités. «Cela va des chaussettes pour les nouveau-nés qui permettent de faire le suivi des fonctions respiratoires et cardiaques aux vestes qui détectent les attaques cardiaques», cite M. Grysole.

Encore faut-il se positionner. «Les 12 prochains mois seront extrêmement importants pour l'acception et l'adoption d'accessoires prêts à porter», soulignait l'analyste senior d'ABI Research, Joshua Flood, lors de la publication d'une étude sur le sujet.

Le défi est de taille, concède Jacques Grysole. Dans le secteur médical, les entreprises technologiques doivent non seulement convaincre les gestionnaires des différents systèmes de santé «que ces accessoires sont non seulement bénéfiques sur le plan de la santé, mais qu'ils apportent des économies à moyen ou à long terme».

L'industrie du prêt-à-porter intelligent devra aussi réussir à jongler avec des modèles d'affaires de secteurs très différents. Une entreprise provenant du secteur du textile devra, par exemple, apprendre à naviguer dans l'industrie hautement réglementée de la santé.

Autant de défis qui s'ajoutent aux considérations propres au développement technologique, comme celle terre à terre d'assurer la pérennité d'un vêtement doté de capteurs lorsqu'on le lave. «Il n'en reste pas moins un secteur très prometteur», conclut Jacques Grysole.

TROIS ENTREPRISE MONTRÉALAISES

Mighty Cast

La montréalaise Mighty Cast a mis au point le Nex Band, un bracelet intelligent doté de modules communicants qui permet, par exemple, d'être averti lors de la réception d'un courriel. Le Nex Band permet aussi de communiquer avec d'autres propriétaires de bracelet et de participer à des jeux mobiles. Mighty Cast devrait lancer le prochain modèle Nex Band en 2015.

OMsignal

OMsignal conçoit et commercialise des vêtements intelligents qui permettent non seulement de recueillir des données biologiques - fréquence cardiaque, respiration, effort physique et durée -, mais de les transmettre par Bluetooth aux téléphones intelligents de son propriétaire. La start-upmontréalaise a réussi à obtenir un financement en capital de risque de 10 millions cette année. Elle a également établi les bases d'une collaboration avec le géant du vêtement Polo Ralph Lauren pour créer un polo intelligent, le Polo Tech Smart Shirt.

Carré Technologies

La start-upmontréalaise Carré Technologies a conçu et commercialise Hexoskin, des vêtements biométriques qui intègrent une série de capteurs au tissu élastique permettant de mesurer la fréquence cardiaque, la respiration, le volume d'air respiré, les pas et les calories brûlées. L'entreprise aurait noué des partenariats avec les Nets de Brooklyn de la NBA, la NASA et l'Agence spatiale canadienne.




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