Nouvelle stratégie économique pour la métropole

La nouvelle stratégie économique de Montréal, qui devrait... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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La nouvelle stratégie économique de Montréal, qui devrait être connue sous peu, suscite déjà de l'enthousiasme.

Photo Bernard Brault, La Presse

Yvon Laprade

Collaboration spéciale

La Presse

Montréal est sur le point de lancer sa nouvelle stratégie économique « qui sera davantage tournée vers l'international », confirme Véronique Doucet, directrice du Service de développement économique à la Ville de Montréal.

« Il est clair qu'il faut amener nos entreprises à accélérer leur croissance avec des projets d'exportation et élargir la portée de nos actions à l'international », précise-t-elle.

Le volet « international » est l'un des nombreux éléments de ce plan stratégique, rappelle la directrice, en poste depuis un an. « Ça va se jouer sur plusieurs plans, soulève-t-elle. Nous avons identifié des secteurs prioritaires, nous voulons renforcer notre offre de service aux entreprises, faciliter les choses aux entrepreneurs et aux travailleurs. »

« On arrive à la fin de l'exercice de planification stratégique. Tous les secteurs d'activité économique ont été analysés. L'objectif, c'est d'être plus performant. » 

- Véronique Doucet

Des « étapes administratives » devront toutefois être franchies avant d'aller de l'avant avec cette stratégie comportant « huit plans d'action », note la directrice, sans toutefois les définir.

« Il y a des enjeux, comme le processus de négociation avec le gouvernement, pour ce qui est du statut de la métropole », résume-t-elle. Le plan stratégique sera soumis au cours des prochaines semaines à l'administration Plante pour approbation.

« Ça fait presque un an qu'on négocie avec le gouvernement, relève-t-elle. On arrive à la fin. Tout converge pour être au bon moment vers le démarrage des projets. Vraiment, il y a eu un gros travail politique et administratif pour arriver où on est rendus. »

De son côté, Géraldine Martin, directrice de l'entrepreneuriat à la Ville de Montréal, se dit enthousiaste à l'idée de pouvoir « passer à l'action » avec ce nouveau plan stratégique. « Ça va prendre plusieurs formes, que ce soit la mise en place de programmes financiers et des appels à projets, énumère-t-elle. Il sera question d'aide à la création et de restructuration de territoires géographiques. Ça va aller bien au-delà de l'entrepreneuriat. Mais ce qui importe, c'est d'avoir les talents nécessaires pour permettre aux entreprises de progresser. »

LA SILICON VALLEY DE L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Pour continuer sur sa trajectoire « très positive », Montréal devra par ailleurs relever « le défi des emplois très payants » et miser avec encore plus de vigueur sur le secteur de pointe de l'intelligence artificielle, plaide Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

« Nous sommes sur une lancée et c'est pratiquement le plein emploi, résume-t-il. On n'a jamais connu une telle activité depuis 50 ans. Les entreprises embauchent et les banques financent des projets immobiliers d'envergure. »

Mais il ajoute : « Le salaire per capita demeure encore trop peu élevé à l'heure actuelle, et il faut s'attaquer à cette problématique. C'est en attirant des entreprises technologiques qu'on y arrivera. »

Michel Leblanc croit que Montréal peut faire aussi bien que Toronto, qui a acquis la réputation de capitale financière au Canada.

« Nous pensons que Montréal pourrait devenir un centre technologique en innovation, à l'image de la Silicon Valley [en Californie], fait-il valoir. Nous avons le potentiel pour y parvenir, c'est certain. Nous avons l'expertise, des chercheurs qualifiés, et nous pouvons faire de la recherche appliquée et applicable. »

Making_of_Obama_002 Pour continuer sur sa trajectoire « très positive », Montréal devra par ailleurs relever « le défi des emplois très payants » et miser avec encore plus de vigueur sur le secteur de pointe de l'intelligence artificielle, plaide Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Photo Invanoh Demers, La Presse

Tout dernièrement, rappelle-t-il, le gouvernement fédéral a sélectionné Montréal au titre de grappe de développement technologique dans l'intelligence artificielle. Ce faisant, Ottawa s'est engagé à injecter 220 millions de dollars dans des projets porteurs. À cette somme s'ajouteront les 720 millions qui seront injectés dans des projets de recherche et développement par le secteur privé, à partir de Montréal.

VITALITÉ DES ARTÈRES COMMERCIALES

La croissance économique de Montréal devra aussi passer par la revitalisation de ses artères commerciales et par la « redéfinition du centre-ville », relève, de son côté, Martine Hébert, vice-présidente principale, porte-parole nationale et vice-présidente, communications nationales, à la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI).

« Il faut toutefois reconnaître que dans le commerce de détail, plusieurs petits commerçants en arrachent », déplore-t-elle. Elle montre du doigt la « mauvaise planification des travaux » pour la réfection de la rue Saint-Denis et, depuis peu, de la rue Sainte-Catherine.

« On a appris que La Baie a décidé d'annuler ses investissements au centre-ville [rue Sainte-Catherine], ajoute-t-elle. Ce n'est pas une bonne nouvelle. Il ne faudrait pas que les travaux s'éternisent. »

Sur cette question, elle dit « espérer que la mairesse [Valérie Plante] tiendra promesse de verser des compensations » aux commerçants pénalisés par les travaux de revitalisation.

La présidente de la FCEI, qui représente des petites entreprises, constate que Montréal devra trouver des façons de régler « ses pénuries de main-d'oeuvre » si elle souhaite poursuivre sur sa lancée.




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