Recettes contre la pénurie de main-d'oeuvre

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« Ça nous prendrait 20 soudeurs et assembleurs demain matin, dit Robert Lauzon, président d'Acier Sofatec. Ça fait un an qu'on affiche nos postes partout où c'est possible de le faire. On ne trouve personne».

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Portrait 2017: Laurentides

Économie

Portrait 2017: Laurentides

Terres de défricheurs, les Laurentides s'inquiètent du ton adopté par les États-Unis dans les discussions sur le bois d'oeuvre. Plusieurs entreprises de la région pourraient en souffrir. Heureusement, d'autres secteurs importants de la région comme le tourisme et le transport se portent bien. »

Stéphane Champagne

Collaboration spéciale

La Presse

Si ce n'était des problèmes de mobilité et de pénurie de main-d'oeuvre, la région des Laurentides aurait tout pour elle. Pendant que les décideurs locaux cherchent à améliorer la fluidité des transports, les entreprises se creusent les méninges pour recruter et retenir les travailleurs. Voici trois cas vécus de ressources humaines dans les secteurs manufacturier, forestier et touristique, les trois locomotives économiques des Laurentides.

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Spécialisée dans les métaux ouvrés d'envergure, la PME Acier Sofatec se prépare à recruter à l'étranger. Photo Acier Sofatec

Robert Lauzon doit refuser des contrats ces temps-ci. L'entreprise qu'il préside, Acier Sofatec, à Sainte-Anne-des-Plaines, vend aux quatre coins du monde. Malgré ses 80 employés, la PME spécialisée dans les métaux ouvrés d'envergure ne suffit pas à la tâche.

« Ça nous prendrait 20 soudeurs et assembleurs demain matin, dit-il. Ça fait un an qu'on affiche nos postes partout où c'est possible de le faire. On ne trouve personne, même pour des postes de journaliers. En 40 ans, c'est la première fois que je vois ça ! »

La PME continue à afficher ses postes, mais elle se prépare à recruter à l'étranger.

« Il faut prouver au ministère de l'Immigration qu'on n'est pas capables de pourvoir nos postes avant de se tourner vers l'international. On est rendus là. » 

- Robert Lauzon, président d'Acier Sofatec

Le Costa Rica, la Colombie, le Mexique et la Thaïlande sont dans la ligne de mire d'Acier Sofatec. La PME préfère ne pas faire appel à un consultant spécialisé en recrutement à l'étranger. Robert Lauzon a plutôt décidé d'embaucher un directeur des ressources humaines ayant une impressionnante feuille de route en matière de travailleurs immigrants.

« Tout va se faire à l'interne, se félicite-t-il. L'avantage, c'est que les autres membres de la direction n'ont plus à s'occuper des RH. Ils peuvent se concentrer sur les autres aspects de l'entreprise. »

Le président de la PME prévoit se rendre lui-même au Costa Rica et en Colombie au cours des prochains mois pour y rencontrer des candidats potentiels.

UNION FORESTIÈRE

En dépit des droits compensateurs et des droits antidumping, l'industrie québécoise du bois a le vent en poupe ces derniers temps. À preuve, le Pribec, l'indice composé du prix du bois, atteint actuellement 670 $. L'an passé, il était à 599 $ et il y a deux ans, à 450 $.

Bref, comme le rappelle Frédéric Houle, directeur général du CLD de la MRC Antoine-Labelle, l'économie des Hautes-Laurentides est en santé. « Les entreprises investissent des dizaines de millions. Mais ça prend des travailleurs », dit-il.

L'organisme Signature Bois Laurentides a donc été appelé en renfort afin de mettre en place une campagne de séduction.

« On se base sur ce qu'a fait le CSSS de Mont-Laurier pour recruter, avec succès, des médecins.

« L'idée, c'est de mettre en place des projets collectifs de recrutement. On a trois PME forestières qui ont accepté. L'argent est disponible, mais il manque une quatrième entreprise pour demander la subvention », explique Justine Quenneville, directrice à Signature Bois Laurentides.

ENTRAIDE EN TOURISME

Le tourisme pèse lourd dans l'économie des Laurentides. Le secteur emploie près de 15 % des travailleurs sur le territoire. Or, le tourisme doit lui aussi composer avec le problème de pénurie de main-d'oeuvre. Qui plus est, il doit jongler avec la précarité associée aux emplois saisonniers. C'est ici que les Laurentides tirent leur épingle du jeu.

En mettant en place un réseau informel dans lequel une douzaine d'entreprises ont uni leurs forces, des employés saisonniers travaillent désormais à l'année. Et les attraits touristiques n'ont plus à craindre de manquer de travailleurs, sinon de devoir former de nouveaux employés chaque année.

« Que ce soit des stations de ski, des clubs de golf, des centres de jardinage ou des kiosques de fruits et légumes, on se parle entre nous et on informe nos employés des postes disponibles au début de chaque saison. Et ça fonctionne ! »

- Line Charette, directrice des ressources humaines à la PME Les glissades des Pays d'en haut

« Ça facilite le recrutement et ça rassure les travailleurs sur la saison qui s'en vient. Un autre phénomène qu'on remarque, c'est la grande disponibilité des retraités. Il y en a beaucoup dans les Laurentides et ils aiment bien venir travailler quelques heures ou quelques jours par semaine », indique Line Charrette, dont l'entreprise emploie jusqu'à 135 personnes l'hiver à Piedmont.




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