Prendre ses finances en main

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«Il n'y a aucun conseiller qui assume la responsabilité définitive de vos finances. C'est votre responsabilité», souligne Paul Bourget, fondateur de l'Institut collégial de la littératie financière.

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Laurence Niosi

Collaboration spéciale

La Presse

REER, CELI, placements, produits dérivés... Les notions financières se multiplient et deviennent plus complexes avec le temps. Pourtant, les formations en finance destinées au public se font de plus en plus rares.

En 2009, le retrait du cours d'éducation à la vie économique au secondaire a provoqué un tollé. Devant la demande générale, le cours devrait faire un retour en 2015... mais devient cette fois optionnel.

Pour combler cette lacune, l'Institut collégial de la littératie financière, avec la collaboration du Collège de Rosemont, offre un programme de six cours qui donne droit à une attestation d'études collégiales (AEC) en gestion des finances personnelles.

Programme unique au Québec, le certificat de l'Institut s'adresse autant aux adultes qu'aux plus jeunes. En plus du Collège de Rosemont, quatre cégeps offrent le cours de placement depuis le trimestre d'hiver 2014: Saint-Laurent, Lanaudière (à Repentigny), André-Laurendeau et Gérald-Godin.

L'enseignant à la retraite Paul Bourget a mis sur pied le programme en 2010. «On a constaté qu'il y avait des programmes pour former les professionnels, mais rien pour l'éducation financière axée sur l'épargnant et l'investisseur», affirme celui qui a également créé la simulation boursière Bourstad, aujourd'hui à sa 28e présentation.

Registre de l'AMF

À défaut de suivre une formation, le public peut également s'adresser à un expert en placement et en planification financière. En 2013, le registre de l'Autorité des marchés financiers (AMF), qui accorde les permis de pratique, comptait 4625 planificateurs financiers.

Mais gare aux choix précipités. Comme un téléviseur ou une automobile, un planificateur financier se magasine, met en garde Sylvain Théberge, porte-parole de l'AMF.

Après avoir déterminé les services qu'il recherche, l'épargnant doit ensuite vérifier que l'expert est inscrit auprès de l'AMF en appelant ou en consultant le registre sur le site web.

«Une fois que c'est fait, il faut s'assurer que cette personne vous met en confiance, qu'elle semble être à votre écoute, qu'elle cherche à comprendre votre profil d'investisseur», ajoute-t-il.

Suivre les étapes permet ainsi de trouver un expert financier sur mesure, mais aussi d'éviter de mauvaises surprises ou de tomber sur des personnes malhonnêtes. «Si on vous offre des rendements mirobolants, on vous fait miroiter du 20-30%... Quand c'est trop beau pour être vrai, ce n'est peut-être pas vrai», affirme M. Théberge.

Le bouche-à-oreille ou les recommandations personnelles peuvent également servir à trouver un expert. Mais il faut rester vigilant, estime le porte-parole de l'AMF, car «ce qui est bon pour une personne ne l'est peut-être pas pour une autre».

Et puis, ultimement, «il n'y a aucun conseiller qui assume la responsabilité définitive de vos finances. C'est votre responsabilité», souligne pour sa part Paul Bourget.

Lueur d'espoir

En novembre dernier, un sondage de BMO Groupe Financier a révélé que seulement 39% des Québécois s'accordaient un A ou un B en matière de littératie financière.

Quelque 25% d'entre eux ne connaissaient pas les REER et 43% ne connaissaient pas les CELI, des chiffres en dessous de la moyenne canadienne.

Malgré tout, le porte-parole de l'AMF - laquelle a lancé de nombreuses campagnes d'information sur l'épargne et la sensibilisation contre la fraude - demeure optimiste.

«On constate que les gens téléphonent de plus en plus, s'informent, posent des questions, consultent nos informations et nos brochures», dit-il.

Les fraudes financières qui ont coûté des millions aux petits investisseurs au cours des dernières années auront en outre servi de leçons au public. «Depuis quelques années, depuis l'affaire Norbourg en particulier, il y a une espèce de réveil, un wake up call. C'est certainement le seul aspect positif de ces scandales, qui amènent les gens à réaliser que le crime financier est beaucoup plus grave qu'on peut se l'imaginer», souligne Sylvain Théberge.




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