Aluminium - Le Québec, spécialiste des transports

Les constructeurs automobiles utilisent des pièces en aluminium... (Photo Olivier PontBriand, La Presse)

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Les constructeurs automobiles utilisent des pièces en aluminium fabriquées par la multinationale Raufoss Neuman pour alléger les pièces de suspension des voitures. L'usine de Boisbriand (ci-haut) fabrique entre autres des composantes de suspension.

Photo Olivier PontBriand, La Presse

Alors que la pression pour réduire les émissions de gaz à effet de serre est forte dans l'industrie du transport, l'une des solutions pour arriver à consommer moins d'énergie passe par la diminution du poids des véhicules. Et les entreprises du domaine de l'aluminium au Québec sautent sur l'occasion pour concevoir des produits innovants.

« L'aluminium est parmi les solutions les plus légères, alors la demande est extrêmement forte dans l'industrie de l'automobile et pour l'électrification des transports en commun », explique Marie Lapointe, présidente-directrice générale d'AluQuébec, la grappe de l'aluminium du Québec.

Déjà, plusieurs entreprises ont réussi à se démarquer. Raufoss Neuman, par exemple, utilise l'aluminium pour alléger les pièces de suspension des voitures. L'automatisation est omniprésente dans son usine à Boisbriand.

« Les entreprises manufacturières dans le domaine de l'automobile n'ont pas le choix d'innover et de s'automatiser pour rester concurrentielles sur ce marché mondialisé qui demande constamment aux fournisseurs de réduire leurs coûts, affirme Marie Lapointe. Les entreprises québécoises dans le domaine sont donc déjà converties au 4.0 ou sont en train de le faire. »

Autre exemple d'innovation : l'entreprise Verbom, à Valcourt. Elle envoie des portions de voitures Tesla aux États-Unis qu'elle fabrique grâce à sa technique de thermoformage mise au point avec différents partenaires.

Et les efforts se poursuivent pour accroître l'innovation dans les transports. Notamment au sein du Groupe de R-D industrielle ALTec du Conseil national de recherches du Canada (CNRS).

873944_neuman_raufoss_3 Un technicien déplace une pièce en aluminium chez Raufoss Neuman, à Boisbriand. Photo Olivier Pontbriand, La Presse

« Nous sommes de nombreux partenaires, dont plusieurs entreprises canadiennes, et nous explorons de nouvelles avenues sur des thèmes de recherche communs », explique Caroline Durand, directrice, développement des affaires et innovation, au Centre québécois de recherche et de développement de l'aluminium (CQRDA), l'un des partenaires d'ALTec.

Bâtiments et infrastructures

En bâtiments et infrastructures, plusieurs innovations sont offertes au Québec, mais pourraient être davantage utilisées.

« L'aluminium est un matériau intéressant lorsqu'on veut construire des bâtiments durables parce qu'il ne rouille pas, n'a pas besoin d'être peint, donc ne requiert pas d'entretien, affirme Marie Lapointe. L'aluminium peut être utilisé par exemple pour réaliser des murs-rideaux et des revêtements extérieurs colorés, texturés ou imprimés. »

« On voit beaucoup d'aluminium sur des bâtiments ailleurs dans le monde et on souhaite maintenant donner le goût aux Québécois d'en utiliser plus dans la réalisation de bâtiments. »

- Marie Lapointe, présidente-directrice générale d'AluQuébec

En septembre dernier, AluQuébec lançait d'ailleurs son chantier Bâtiments et construction durable sur le site du nouveau Campus MIL de l'Université de Montréal, où l'aluminium est mis en valeur. Le chantier aidera aussi les entreprises d'ici à réaliser des innovations dans le domaine.

Les efforts se poursuivent également auprès des donneurs d'ordres afin de promouvoir les avantages des passerelles en aluminium.

« On souhaite aussi que le Québec construise un jour des ponts avec de l'aluminium, indique Mme Lapointe. On fait des recherches sur le sujet avec le ministère des Transports. »

Si les ponts d'aluminium sont fréquents en Europe, il en existe seulement un au Québec, à Arvida, inauguré en 1950.

« On n'a pas de données sur les ponts en aluminium dans le contexte québécois et il faudra développer des conceptions différentes, avec des gens qui connaissent vraiment bien ce matériau, affirme Caroline Durand. C'est tout un changement de culture. »

Poursuivre la révolution 4.0

Si les entreprises transformatrices ont déjà pris le virage 4.0, c'est le cas aussi des alumineries, où de nombreuses activités sont automatisées, comme le déplacement et le traitement du métal. Des solutions conçues au Québec dans le domaine sont d'ailleurs déjà exportées partout dans le monde.

Mais on imagine maintenant les centres de coulée du futur grâce à des équipements 4.0. Ces usines produisent par exemple des billettes d'aluminium utilisées dans l'industrie automobile.

« On veut aller encore plus loin pour améliorer l'efficacité alors que certaines étapes sont encore faites de façon manuelle, explique Marie Lapointe. On souhaite améliorer la compétitivité à long terme de ces centres de coulée. »

De l'innovation se fait aussi dans le domaine de la fabrication additive - impression 3D - avec laquelle on ajoute différentes couches de poudre d'aluminium pour arriver à un produit.

« On a formé un comité de réflexion pour créer un plan d'action afin d'appuyer le développement de quelques technologies dans le domaine pour répondre aux besoins des clients dans différents secteurs où l'aluminium est utilisé, indique Marie Lapointe. Des annonces seront faites dans les prochains mois. »




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