Sommet international des coopératives

Agropur, dans la cour des multinationales

Serge Riendeau, président d'Agropur.... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE)

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Serge Riendeau, président d'Agropur.

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Nicolas Mesly, Ulysse Bergeron

Collaboration spéciale

La Presse

En quelques années, la plus importante coopérative laitière du Canada est devenue un géant de la transformation de l'industrie laitière mondiale. Serge Riendeau, président d'Agropur, détaille la stratégie du fleuron laitier québécois.

Q Agropur a enfilé trois acquisitions majeures cet été : Davisco Foods International aux États-Unis, les actifs de la coopérative Northumberland au Nouveau-Brunswick et les activités de transformation laitière de Sobeys. Pourquoi autant d'acquisitions en si peu de temps ?

R Il s'agit d'un concours de circonstances. Des opportunités au Canada et aux États-Unis se sont présentées ; nous ne pouvions les laisser passer pour des raisons stratégiques. II y a un phénomène de consolidation dans l'industrie laitière. Il ne date pas d'hier. Agropur compte plus de 130 fusions et acquisitions depuis sa création, il y a 76 ans.

Q L'acquisition de Davisco Foods International, dont le chiffre d'affaires dépasse le milliard, vous a propulsé dans le palmarès des 20 entreprises laitières les plus importantes de la planète, presque à égalité avec Kraft Foods. Vous voilà dans la cour des grands ?

R C'est vrai. Toutefois, nous ne faisons pas d'acquisitions pour gagner des places dans un palmarès. Nous les faisons pour des raisons stratégiques. De grands joueurs sont présents dans l'industrie laitière et, pour pouvoir les compétitionner, nous devons faire ces acquisitions. C'est la meilleure façon d'assurer notre pérennité et de bien servir les membres de notre coopérative.

Q Outre le Canada et les États-Unis, planifiez-vous de développer d'autres marchés ?

R Ce n'est pas impossible, mais pour l'instant, nous concentrons nos efforts sur les marchés que nous connaissons bien. Nous voulons consolider ce que nous avons. Avant de courir, nous apprenons à marcher...

Q Pourtant, en 2007, vous aviez investi dans une usine laitière en Argentine. L'initiative n'a pas fonctionné et vous a coûté 10,6 millions.

R C'était une toute petite unité. Le contexte sociopolitique était plutôt instable et avant d'investir davantage en Amérique du Sud, nous avons préféré nous retirer. Par contre, nous en avons appris sur ce marché. Cette initiative nous a servi d'école, et il faut parfois payer pour apprendre.

Q Dans cette aventure sud-américaine, votre partenaire était Adecoagro, détenue en partie par le multimilliardaire George Soros. Comment mariez-vous les valeurs coopératives d'Agropur aux intérêts corporatifs de certains associés ?

R Normalement, nous préférons agir seuls et détenir 100 % des actifs que nous acquérons pour pouvoir prendre les décisions et rester en contrôle de notre destinée. Actuellement, tous les actifs que nous achetons sont la propriété d'Agropur et de ses membres. Seule exception : une marque de yogourt (iögo) que nous avons avec Agrifoods, une entreprise canadienne que nous connaissons très bien.

Q Comment comptez-vous valoriser vos acquisitions ?

R Nous voulons abaisser nos coûts de production et continuer d'investir dans l'innovation. Nous voulons faire connaître davantage nos marques. Au Québec, Natrel et Québon sont déjà bien connues de la population. L'an dernier, nous avons injecté près de 90 millions pour lancer la marque iögo. Cette année, c'est 45 millions que nous avons investis pour mieux faire connaître la marque Oka. Aux États-Unis, nous approvisionnons plutôt des entreprises comme Kraft.

Q Finalement, l'accord qu'a récemment signé le Canada avec l'Union européenne permettant l'importation de fromages européens pourrait-il accélérer la consolidation des entreprises canadiennes ?

R Je ne crois pas. Ce que nous savons, c'est que 17 700 tonnes de fromages européens vont entrer au Canada. Comme nous estimons notre marché de fromages fins à 85 000 tonnes, c'est certain que cela va changer la donne. Comment tout cela va se dérouler ? Quelles entreprises auront les quotas d'importation ? Quelles sont les règles qui encadreront les importations ? Autant de questions auxquelles nous n'avons pas encore de réponses.

Agropur acquisitions et fusions, 2013 et 2014

Entreprises Pays Fusions/Acquisitions Année

Davisco Foods International États-Unis Acquisition 2014

Coopérative Northumberland Dairy N.-B., Canada Acquisition des actifs laitiers et de distribution 2014

Sobeys N.-É., Canada Partenariat 2014

Dairytown Products N.-B., Canada Regroupement 2014

Fromagerie Damafro QC, Canada Acquisition 2014

M. Larivée International QC, Canada Acquisition 2013

Coast Mounatin Dairy C.-B., Canada Acquisition 2013

Cooks Dairy N.-É., Canada Acquisition 2013

Farmers Co-operative Dairy Limited N-É, Canada Regroupement 2013

Foremost Farms États-Unis Acquisition: secteur des ingrédients laitiers 2013

Agropur en chiffres

> 3455 membres

> Chiffre d'affaires : 5,4 milliards (estimation 2014)

> 41 usines (Québec, Ontario, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, États-Unis)




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