Relancer Montréal

Quelle est la différence entre Montréal et Toronto

Le mouvement Je vois Montréal, de Jacques Ménard,... (PHOTO ÉDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le mouvement Je vois Montréal, de Jacques Ménard, culminera le 17 novembre avec une vaste rencontre au cours de laquelle seront présentés 120 projets pour relancer l'économie montréalaise.

PHOTO ÉDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Mine de rien, il se passe quelque chose à Montréal.

Il y a le changement de leadership à l'hôtel de ville, évidemment, qui n'a échappé à personne et qui a donné à la métropole une erre d'aller.

Mais il y a autre chose, dont on ne parle pas, qui se manifeste en parallèle, loin des projecteurs. Quelque chose qui émane des entrepreneurs et des investisseurs du Montréal inc. Quelque chose qui manquait cruellement à la métropole jusqu'ici: l'implication des gens d'affaires dans la relance de la ville, de leur ville...

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En 2012, l'avocat Dick Pound a donné une allocution remarquée à titre de président de la Fondation du Grand Montréal. Il a osé dire tout haut ce que plusieurs n'osaient dire tout bas.

«Vous devez voir, comme moi, qu'il y a une différence importante entre Montréal et les autres grandes villes du Canada et des États-Unis, a-t-il lancé à un parterre de gens d'affaires. Je parle d'une différence entre Montréal et les autres villes qui affaiblit notre développement: l'implication des gens d'affaires dans la communauté.

«Ailleurs au Canada et aux États-Unis, a-t-il poursuivi, l'implication sociale, le community involvement, est extrêmement valorisée. Souvent, c'est considéré comme un devoir moral. Si vous ne le faites pas, vous êtes mal vu comme dirigeant d'entreprise et votre compagnie est mal vue. À Montréal, ce n'est pas encore comme ça.»

Il y a évidemment quelque chose de culturel et d'historique dans cette attitude. Les Québécois, qu'ils soient citoyens ou entrepreneurs, donnent moins que les Canadiens. Ils sont moins riches, d'abord, mais ils ont aussi un rapport différent à la charité.

Plus encore, les francophones n'entretiennent pas le même rapport à la ville que les anglophones. Ces derniers voient en effet la municipalité comme un gouvernement de proximité, comme l'échelle privilégiée d'appartenance politique et d'exercice de la démocratie. Ce qu'ils appellent la community est, à leurs yeux, le reflet d'une volonté de vivre ensemble, et donc, le lieu idéal pour s'engager, s'investir, s'impliquer, redonner.

À l'inverse, les francophones voient la ville comme une instance de gestion municipale dont ils ne sont que de simples bénéficiaires...

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Ce qui se passe à Montréal, mine de rien, c'est que cette attitude est en train de changer, semble-t-il.

Il n'y a qu'à observer la participation croissante aux consultations, conseils d'arrondissement, événements urbains et différentes organisations communautaires pour constater l'avènement d'une implication nouvelle. Un changement qui s'opère au sein de la société civile, mais aussi au sein de la communauté d'affaires de la métropole.

«Ça s'est mis en marche il y a environ deux ans, estime Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Après avoir roulé à vide pendant quelques années, la communauté d'affaires est arrivée à la conclusion qu'elle devait se relever les manches et faire quelque chose de concret pour Montréal.»

On le voit avec le mouvement Je vois Montréal de Jacques Ménard, par exemple, qui culminera le 17 novembre avec une vaste rencontre au cours de laquelle seront présentés 120 projets pour relancer l'économie montréalaise.

On le voit avec l'engagement des gens d'affaires dans diverses campagnes de financement comme Campus Montréal. On le voit avec les divers projets que mène une personnalité comme Alexandre Taillefer, qui a choisi de mettre ses sous et sa notoriété au service de la métropole.

Et on le voit plus largement avec l'engagement de plus en plus soutenu des jeunes gens d'affaires qui, comme «LP» Maurice, sont plus portés que leurs aînés à s'impliquer dans leur ville, dans leur milieu de vie.

«Il y a véritablement une vague de fond, croit d'ailleurs Alexandre Taillefer. Personnellement, je regarde aller la génération Y et je capote! Elle est plus impliquée et s'attaque beaucoup plus à des problèmes concrets que les générations précédentes.»

«Depuis le krach du début des années 2000, la jeune génération d'entrepreneurs a décidé de se prendre en main et d'arrêter d'attendre les gouvernements, confirme Chris Arsenault, d'iNovia. Il y a là une volonté de changer le monde qui profite à Montréal.»

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Le Montréal inc. se lève donc tranquillement pour la métropole. Donne-t-il beaucoup plus d'argent qu'avant, comme le souhaite Dick Pound? Peut-être pas. Peut-être pas encore, qui sait.

N'empêche, l'implication de la communauté des affaires - et particulièrement de ses plus jeunes membres - dans la mécanique urbaine, dans les différentes instances qui composent la ville, dans les projets qui améliorent la vie des résidants peut certainement faire la différence dans la relance en cours de Montréal, dans la relance de la... communauté.




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