Après la vidéo sur demande, le livre sur demande

Serge Loubier est président de l'imprimerie Marquis.... (PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE)

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Serge Loubier est président de l'imprimerie Marquis.

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Et s'il n'y avait plus d'entrepôts débordants de livres qui ne seront peut-être jamais vendus ? Et si les bouquins n'avaient plus besoin d'être transportés par bateau d'un continent à l'autre ? Et si les consommateurs avaient accès à tous les titres qui ont déjà été publiés ?

Avec l'impression à la demande (IAD), tout cela devient possible, résume le président de l'imprimerie Marquis, Serge Loubier. Grâce à un investissement de 1,3 million de dollars dans divers équipements, la PME est en mesure d'offrir ce service aux éditeurs - et aux bibliophiles - depuis le mois d'octobre.

Lorsqu'une commande est passée sur le site de Renaud-Bray ou d'Archambault, par exemple, et que le livre n'est pas en stock (chez le distributeur), l'éditeur transmet l'information à Marquis. L'entreprise se charge alors d'en imprimer un exemplaire, un processus qui prend cinq minutes.

« Nous avons une machine capable de faire 300 livres à l'heure. C'est peu, certaines en font 25 000, raconte Serge Loubier. Mais moi, c'est 300 livres différents ! » À l'heure actuelle, Marquis imprime environ 500 livres à la demande par semaine, ce qui est l'équivalent d'une goutte dans l'océan. L'entreprise réalise un chiffre d'affaires annuel de 65 millions.

LE DÉSAVANTAGE D'ÊTRE UN PRÉCURSEUR

Le coût de fabrication est de 4,50 $. C'est « seulement » 2 $ de plus qu'une impression à grande échelle... mais c'est aussi le double. Pour le consommateur, cela se reflète donc dans le prix.

« En ce moment, on apprend beaucoup et on génère peu d'argent, car les coûts de production sont près du prix de vente. Mais c'est stratégique. On doit s'en aller vers là. L'IAD est une tendance irréversible. [...] Si on devient les meilleurs [dans ce créneau], on sera indélogeables », dit Serge Loubier.

L'IAD occuperait 0,1 % du marché de la vente de livres. Serge Loubier croit que dans 10 ans, ce sera plutôt 10 %. S'il n'a pas encore de concurrent, ça ne saurait donc tarder. Car « la technologie démocratise l'impression ».

RENTABILISATION, STANDARDISATION

Pour les maisons d'édition établies de l'autre côté de l'Atlantique, cette innovation permet d'éviter d'importants coûts de transport. Ainsi que les délais inhérents. De plus, l'IAD permet aux éditeurs de rendre accessible et de rentabiliser tout leur fond littéraire (liste de leurs titres déjà parus). « Certains titres qui pourraient se vendre 15 ou 20 par année ne le sont pas, car ils ne sont pas disponibles », fait valoir Serge Loubier.

L'IAD suppose une certaine standardisation dans la présentation des ouvrages. Marquis n'est pas en mesure, par exemple, de fabriquer des couvertures rigides. Par contre, le format original du livre est respecté grâce à un robot capable de couper les feuilles de chaque livre de la bonne grandeur. Pour certaines collections, on s'en doute, cette uniformisation ne convient pas. Mais pour de nombreux titres, ça ne pose aucun problème.

Jusqu'ici, Marquis a recruté une trentaine d'éditeurs, dont les trois quarts sont établis en Europe. Au Québec, certaines maisons du groupe Québecor, les Presses de l'Université Laval et les Presses de l'Université du Québec utilisent son service baptisé Marquis Express. Dans la prochaine année, la PME ambitionne d'en recruter 100.

La plateforme technologique utilisée par Marquis a été conçue par l'entreprise française SoBook, avec qui un partenariat a été conclu. Ainsi, les livres québécois vendus en Europe sont imprimés par cette dernière.

Qui : Serge Loubier, président

L'idée : Imprimer les livres à mesure qu'ils sont achetés sur le web

L'ambition : Devenir la porte d'entrée nord-américaine des éditeurs européens

Ils y croient et ont investi de l'argent : Serge Loubier, Pierre Fréchette (vice-président ventes), Marc Delisle (président du conseil d'administration), Capital régional et coopératif Desjardins, BDC

MARQUIS EN BREF

Fondation : 1937

Chiffre d'affaires : 65 millions (100 millions dans cinq ans, si la tendance se maintient)

Employés : 325

Installations : Imprimeries à Montmagny et Louiseville, bureaux à Sherbrooke et Montréal

Spécialités : Agendas scolaires et albums de finissants




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