Sani Sport: conquérir la LNH

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Le Canadien de Montréal utilise depuis 2006 deux machines Sani Sport faites à Saint-Laurent pour désinfecter les patins et les 6 kg d'armure que porte chaque joueur, casque, gant, genouillères et le reste.

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Denis Arcand
La Presse

Quand le Canadien sautera sur la glace ce soir, chaque Glorieux portera sous son uniforme un équipement protecteur qui ne sent pas le diable même s'il a été imbibé de sueur plus de 20 fois depuis le début du camp d'entraînement, le 18 septembre.

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Steve Silver, inventeur de  l'«armoire de désinfection» Sani Sport.

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La Sainte-Flanelle utilise depuis 2006 deux machines Sani Sport faites à Saint-Laurent pour désinfecter les patins et les 6 kg d'armure que porte chaque joueur, casque, gant, genouillères et le reste.

Si vous (ou vos enfants) avez joué au hockey, vous connaissez la puissante odeur qui exhale d'une poche de hockey lorsqu'on rentre à la maison après le match. Cette émanation âcre qui résiste au savon est causée par des bactéries qui vivent et dînent dans un équipement ayant macéré dans la sueur.

Cette puanteur était à toutes fins utiles l'odeur officielle de la Ligne nationale avant que le Montréalais Steve Silver invente l'« armoire de désinfection » Sani Sport, une machine qui a l'air d'un gros frigo en inox et qui soumet les bactéries à un traitement mortel à l'ozone et au peroxyde d'hydrogène enrichi. « Il y a 10 ou 12 ans, cette odeur-là flottait dans tous les vestiaires de la ligue », note M. Silver.

Aujourd'hui, Sani Sport est reconnue Fournisseur officiel de la LNH : 27 des 30 équipes de la ligue ont des armoires Sani Sport, tout comme 15 équipes de football de la NFL et 6 de la LCF, et 4 équipes de baseball majeur.

Une nouvelle machine, la Sani Sport VE (Virus Elimination), a été lancée récemment et connaît de bonnes ventes dans la LNH, dit M. Silver. Le Canadien en a acheté une en 2010.

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«Ce sont des machines [à 12 600 $] qui vaporisent les mêmes produits désinfectants dans toute une pièce. Ça tue les bactéries dans l'air et celles qui sont sur les surfaces dures dans la pièce.» - Steve Silver

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« Être le fournisseur de ces équipes donne une crédibilité formidable », dit M. Silver. La majorité des clients de Sani Sport sont de petits commerçants, souvent « des entreprises familiales qui exploitent une machine dans un camion qui se déplace d'aréna en aréna et chez les parents qui ne veulent plus sentir l'odeur de l'équipement ». Une machine normale coûte entre 14 000 $ et 16 000 $. Pour ses clients au détail, Sani Sport offre une machine moins sophistiquée à environ 8000 $.

DU CASQUE DE HOCKEY AU CASQUE ANTIÉMEUTE

M. Silver a créé la division Sani Defenx et réussi des percées dans le marché de la sécurité.

« Les forces armées, les corps de police et les prisons ont avec leurs équipements les mêmes problèmes d'odeur et d'hygiène qu'on retrouve dans un vestiaire sportif », dit-il. Il a vendu des machines aux polices de Montréal, de Longueuil et dans plusieurs prisons canadiennes et américaines. « La première prison où j'ai fait une vente était Archambault. » Il a vendu 22 machines à la grande base d'entraînement de la US Air Force à Lackland, au Texas, 15 autres à celle d'Eglin, en Floride, et une à celle de la marine à Guantanamo.

Il ne veut pas dévoiler ses ventes annuelles, mais il dit avoir vendu depuis 10 ans « quelques milliers de machines », essentiellement au Canada et aux États-Unis.

LA PROCHAINE FRONTIÈRE, LA SANTÉ

« Quand on a développé ce produit, c'est l'odeur qu'on visait, dit M. Silver. Mais il y a un enjeu de santé derrière, dit-il. Toutes sortes de bactéries peuvent se transmettre dans un vestiaire via l'équipement, souvent par la plaie d'une égratignure. » La LNH a connu des cas graves de SARM (Staphyloccus aureus résistant à la méthicilline). Le centre Joe Thornton, quand il jouait à Boston, et l'ailier droit Mikael Renberg, des Maple Leafs de Toronto, ont dû être opérés.

« Quand on a commencé, en 2000, personne ne parlait de ces infections résistantes aux antibiotiques », dit M. Silver, qui a mis sa première machine sur le marché à la même époque où les ligues prenaient conscience du risque des maladies infectieuses. Ça a beaucoup aidé.

« L'ozone est 3000 fois plus désinfectant que l'eau de Javel. Nous, en plus, on vaporise aussi du peroxyde d'hydrogène enrichi », dit M. Silver, ce que ses gros concurrents ne font pas, dit-il. « En 12 minutes, le traitement tue autour de 95 % des microbes comme le SARM, mais aussi le C. difficile, la grippe H1N1 et probablement d'autres maladies infectieuses contre lesquelles on n'a pas fait de tests. »

M. Silver pense que la RAMQ et les autres grands gestionnaires hospitaliers du monde entier pourraient utiliser les machines Sani Sport VE pour combattre les infections résistantes aux antibiotiques. « Ce serait beaucoup plus efficace, plus exhaustif et plus rapide de désinfecter les pièces où on craint du C. difficile ou du SRAM avec nos machines, plutôt qu'avec les méthodes manuelles d'aujourd'hui », dit-il. Il n'a pas encore réussi de percée dans le milieu hospitalier.




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