L'échange maison de vêtements

Isabelle Doucet, fondatrice du site d'échange de vêtements Minitrade.ca.... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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Isabelle Doucet, fondatrice du site d'échange de vêtements Minitrade.ca.

Photo Martin Chamberland, La Presse

L'échange et la revente de vêtements pour enfants ont la cote à l'heure où les consommateurs en veulent de plus en plus pour leur argent. Les fondatrices de Minitrade.ca et Changeroo.ca l'ont compris.

Isabelle Doucet a oeuvré dans le milieu de la mode et travaillé en développement de produits jusqu'en Asie. Mais après avoir donné naissance à ses deux enfants, elle a décidé de se lancer dans l'achat et la revente de vêtements presque neufs en ligne de chez elle, en 2012. «On a un garçon et une fille, donc on ne pouvait pas refiler les vêtements à l'autre, raconte-t-elle. De tels sites étaient déjà populaires aux États-Unis et en France.»

La mezzanine de sa propriété de Longueuil a été investie d'étagères pleines de vêtements. «J'ai acheté une friperie qui fermait ses portes [2000 morceaux pour 2000$] et une balance de vêtements neufs [500 morceaux pour 3000$]. J'ai monté un petit site avec un ami, acheté du matériel photo, appris à faire du web, de la photo et à établir un système de livraison avec Postes Canada.»

Minitrade.ca est officiellement né peu de temps après. «J'avais trois commandes par semaine, se rappelle Isabelle Doucet. Mais après un article paru dans le quotidien Le Soleil, c'est passé à 30 commandes par semaine.»

Isabelle Doucet a déménagé ses collections dans un entrepôt de Boucherville et a embauché une employée. L'idée d'offrir des vêtements pour femmes a rapidement fait son chemin. Après être allée en recherche de financement - deux fois plutôt qu'une -, avoir introduit des pièces adultes et l'échange de vêtements contre de l'argent et non plus juste des crédits, et avoir pris contact avec Mitsou pour être porte-parole de l'entreprise, les ventes ont fait boum. «En un mois, on vendait autant de vêtements pour femmes que pour enfants, dit Isabelle Doucet. Et en 6 mois, on est passé de 3000 à 17 800 membres.»

Les petites sociétés comme Changeroo, fondée par Liane... (PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE) - image 2.0

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Les petites sociétés comme Changeroo, fondée par Liane Guimond, permettent de faire d'importantes économies.

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Liane Guimond, maman de trois enfants et ancienne photographe professionnelle, échangeait des vêtements depuis 2012 par l'entremise de Minitrade. «J'ai référé ce site à tellement de personnes! affirme-t-elle. Mais un jour, mes amies m'ont dit: pars ton propre service! En surfant, je suis tombée sur une trentaine de sites semblables. Tout le monde a besoin d'épargner. Et les enfants grandissent tellement vite!»

En avril 2014, avec seulement 500$, Changeroo.ca a vu le jour et est exploité depuis par Liane Guimond de sa demeure de Beaconsfield. Une compétitrice de Minitrade? «Non, car nous n'offrons pas la même marchandise, répond-elle. Nos compétiteurs sont ceux qui vendent du neuf.»

«Il y a beaucoup de gaspillage, dit Isabelle Doucet. La moitié de la garde-robe des femmes n'a été portée qu'une fois, et cinq milliards de dollars de vêtements pour enfants et femmes sont achetés par an au Canada, selon Statistique Canada. On propose donc une solution où tout le monde est gagnant.»

Tendance

Selon le CEFRIO, 33% des gens qui magasinent sur le web sont motivés par le prix. «Nous sommes des chasseurs d'aubaines sur le Net, note François Charron, fondateur de Votresite.ca qui gère des sites transactionnels pour les petits entrepreneurs. Donc, les services de ces femmes tombent à point. Et elles sont de plus en plus nombreuses à se lancer en affaires sur internet dans le domaine de l'enfant, que ce soit pour les vêtements, accessoires, produits bios...»

L'entrepôt de Minitrade compte 15 000 pièces et son site se renfloue de 200 morceaux par jour. Le site de Changeroo en compte 730. «Certaines semaines, je reçois 5 pièces, et d'autres, 50», dit Liane Guimond.

Des pièces qui doivent être dans un très bon état, qu'on revend de 40 à 75% de rabais du prix original, pour lequel on redonne à la cliente de 20 à 25% du prix de revente et qui ne sont pas des marques déjà très abordables en magasin.

Pour le moment, ni Minitrade ni Changeroo ne sont profitables. «Mon fils faisait plus d'argent que moi en vendant de la limonade au départ! lance en riant Liane Guimond. J'espère l'être d'ici avril 2015. Mais je prends mon temps. Je note les commentaires pertinents des clients pour bien grandir.»

Minitrade compte aujourd'hui 10 employés et fait 40 000$ de ventes par mois. «Le département "femme" duquel les morceaux se vendent en moyenne 20$ et l'appui de Mitsou nous ont permis de grandir. Le plan d'affaires fonctionne. On prévoit étendre notre présence dans le reste du Canada au début de 2015.»




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