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Maladies de la rétine: une caméra qui détecte de façon précoce

Fondée en 2012, Optina Diagnostics est issue d'une... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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Fondée en 2012, Optina Diagnostics est issue d'une entreprise novatrice de Montréal, la société Photon de l'astrophysicien Sébastien Blais-Ouellette.

Photo Martin Chamberland, La Presse

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André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Une PME montréalaise du domaine des instruments médicaux est en bonne voie de conclure les premières ventes d'une caméra sophistiquée capable de détecter de façon précoce des maladies de la rétine comme la dégénérescence maculaire liée à l'âge et la rétinopathie diabétique, deux fléaux en devenir.

Fondée en 2012, Optina Diagnostics est issue d'une entreprise novatrice de Montréal, la société Photon de l'astrophysicien Sébastien Blais-Ouellette.

L'histoire d'Optina a véritablement commencé en 2008 quand M. Blais-Ouellette a communiqué avec Jean Daniel Arbour, directeur du département d'ophtalmologie de la faculté de médecine de l'Université de Montréal, pour jauger les possibilités d'adapter au domaine de l'oeil la technologie d'imagerie hyperspectrale développée par Photon.

«Je voyais déjà un potentiel d'utilisation très intéressant, dit M. Arbour, 50 ans, en entrevue à sa clinique d'ophtalmologie située sur les terrains du Grand Séminaire de Montréal. Les méthodes habituelles de diagnostic des pathologies de la rétine réussissent à détecter les maladies quand le mal a déjà commencé les ravages, explique le chirurgien de la rétine au Centre hospitalier de l'Université de Montréal.

Située sur le fond de l'oeil, la rétine, qui est composée de millions de cellules sensibles à la lumière, perçoit les images et les transmet au cerveau. Quand le centre de la rétine, appelé macula, est touché, la vision des menus détails et des couleurs est affectée à la baisse.

«L'objectif [du nouvel outil de diagnostic] est de détecter la maladie avant que les troubles anatomiques apparaissent à la rétine», dit M. Arbour, qui était accompagné lors de l'entrevue de David Lapointe, président d'Optina, et de Jean-Philippe Sylvestre, ingénieur-physicien.

MM. Blais-Ouellette et Arbour avaient vu juste car Optina, avec l'aide des ingénieurs de Photon, est partie de zéro et a su concevoir une caméra capable de filmer le métabolisme de l'oeil, et pas seulement sa structure comme le font les appareils actuels de diagnostic.

La caméra hyperspectrale permet de voir la qualité d'oxygénation du sang qui passe dans les vaisseaux de la rétine, donne en exemple Jean-Philippe Sylvestre, qui détient en outre un doctorat en sciences pharmacologiques. Un manque d'oxygène dans le sang est un signe avant-coureur de maladie.

Des travaux de deux ans ont été nécessaires pour mettre au point la caméra Optina. Le coût de développement est estimé à 1 million. Photon a travaillé sur les prototypes. Optina a ensuite pris la relève, aidée d'une contribution de 300 000$ du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie.

Premières ventes en 2015

Aujourd'hui, Optina est à mi-chemin de son objectif de commercialisation à grande échelle de son outil optique, prévue d'ici trois ans.

La caméra est prête. Sa technologie non invasive facilite le recrutement de sujets pour les essais cliniques, dont les premiers résultats s'avèrent probants. Des articles en préparation seront d'ailleurs publiés dans des revues spécialisées prochainement.

Reste à répliquer les résultats cliniques à plus grande échelle au cours des prochains mois. D'ici la fin de 2015, Optina espère vendre une dizaine d'appareils à des chercheurs cliniciens. Développement économique Canada prête 150 000$ à cette fin. Déjà, un système a été vendu à une équipe de chercheurs torontois.

Pour compléter le montage financier, le président d'Optina, David Lapointe, cherche à récolter 500 000$ de la part de capital-risqueurs canadiens d'ici six mois.

Le président, qui a déjà dirigé la boîte d'imagerie médicale Advanced Molecular Imaging au début des années 2000, évalue à 4 millions les besoins financiers requis à plus long terme. Il s'agira alors de mener la caméra au stade de la commercialisation auprès des ophtalmologistes. La somme se divise en 2 millions en capital-actions et 2 millions en programmes gouvernementaux d'aide à la commercialisation.

«On a eu des discussions préliminaires avec des VC [venture capitalists] canadiens et américains», dit M. Lapointe.

Ceux-ci regardent d'un bon oeil le domaine de l'ophtalmologie. Le marché affiche une croissance régulière, et le chemin réglementaire d'approbation des instruments reste plus simple que dans d'autres spécialités. Les VC attendent néanmoins la vente des premiers appareils et l'imminence de l'approbation réglementaire avant de plonger.

À ce sujet, la firme a déjà eu des approbations ponctuelles d'utilisation à titre d'appareil de recherche au Canada. Optina vise une approbation réglementaire complète d'ici 12 mois au Canada et d'ici 18 mois aux États-Unis auprès de la Food and Drug Administration.

Le prix de détail de l'appareil sera fixé à environ 100 000$. Optina estime qu'un ophtalmologiste rentrerait dans son argent en un an ou deux au Canada.

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Optina Diagnostics

> En activité depuis 2012

> Employés: 5

> Actionnaires principaux: Jean Daniel Arbour, Jean-Philippe Sylvestre, David Lapointe et Sébastien Blais-Ouellette




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