Une action et 1500 votes

Aux États-Unis, 15 % des sociétés composant l'indice S&P... (Photo Mark Lennihan, Archives Associated Press)

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Aux États-Unis, 15 % des sociétés composant l'indice S&P 500, la référence boursière mondiale, ont une structure d'actions à droit de vote inégal.

Photo Mark Lennihan, Archives Associated Press

Paul Durivage
La Presse

Les actions à droit de vote multiple ne sont pas exclusives à Québec inc. La Bourse TMX compte 68 sociétés avec une structure d'actions à droit de vote inégal, dont 17 seulement sont établies dans la Belle Province, selon les données de l'agence financière Thomson Reuters.

Aux États-Unis, berceau du capitalisme et du principe « une action, un vote », 172 sociétés font de la discrimination entre actionnaires, dont 15 % des sociétés de l'indice S&P 500, la référence boursière mondiale.

La Grande Bourse de New York interdisait autrefois les actions subalternes à sa cote. Elle a dû revoir ses principes quand elle a fusionné avec l'American Stock Exchange, plus libérale, en 2008. Aujourd'hui, elle interdit aux sociétés inscrites d'émettre des actions à droit de vote restreint, mais ne ferme pas sa porte aux entreprises qui en ont déjà. Bombardier, par exemple, serait admissible malgré sa structure double de capital, si ce n'était son cours boursier maintenant nettement sous la norme. L'idée avait d'ailleurs fait son chemin, il y a quelques années.

Coup d'oeil sur cinq entreprises américaines qui ne manquent pas de classes.

BERKSHIRE HATHAWAY

Berkshire Hathaway laisse en apparence peu de place à la voix de ses petits porteurs d'actions. Les actions de classe B, largement répandues, n'accordent que 0,001 droit de vote chacune, comparativement à un plein droit pour chaque action « A » détenue par le multimilliardaire Warren Buffett. Il faut dire que les ordinaires coûtent aussi 1500 fois plus cher que les subalternes. Comptez 218 610 $US, au cours du marché d'hier, pour avoir plein droit de cité.

FACEBOOK

Facebook a vendu à gros prix à ses amis investisseurs des actions subalternes de catégorie « A » il y a quatre ans. Celles-ci ne comportent qu'un seul droit de vote chacune alors que celles des fondateurs donnent droit à 10 votes chacune. En scindant le capital préalablement à son entrée au NASDAQ, le président du numéro un mondial des sites de socialisation sur l'internet, Mark Zuckerberg, consolidait son emprise sur l'entreprise tout en monnayant ses actions.

ALPHABET

Alphabet, alias Google, qui est inscrite au NASDAQ, a créé de toutes pièces une nouvelle catégorie d'actions, les « C », sous couvert d'un fractionnement, il y a maintenant un an. Ces nouveaux titres sont démunis de droit de vote, alors que les « A » donnent un droit de vote. Les actions « B », qui ne sont pas inscrites en Bourse, donnent quant à elles 10 votes chacune à leur propriétaire, les deux fondateurs de Google. Larry Page et Sergey Brin peuvent ainsi liquider jusqu'à la moitié de leurs actions sans diluer aucunement leur mainmise sur l'entreprise.

COMCAST

Deux générations de Roberts, Ralph et son fils Brian, ont bâti un empire à partir de rien dans le câble américain et ont même fait accepter à Wall Street leur cooptation. La famille a toujours conservé un contrôle étroit de Comcast. Avec seulement 3 % du capital, elle a gardé pendant très longtemps 80 % des droits de vote, jusqu'à l'achat de la branche câble d'ATT, en 2001, qui l'a amenée à descendre à un tiers. Les actions « A » aux mains du public ne comportent qu'un septième de droit de vote chacune.

VISA

Le leader mondial des cartes de crédit avait réalisé la plus grosse entrée sur le marché boursier américain en 2008 avec la levée de 17,9 milliards US. La majeure partie du produit avait servi à racheter les parts de certains actionnaires en quête de capitaux après la crise financière américaine, comme JP Morgan Chase & Co, National City Corp, Bank of America Corp et Citigroup. Les actions cotées en Bourse sont en ce cas celles qui ont le plus de poids, puisque les membres fondateurs sont encore détenteurs des « B » et « C » et n'ont leur mot à dire qu'en cas grave, comme sur une fusion.




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