Wall Street termine en forme mais craintive

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Agence France-Presse
NEW YORK

Situation paradoxale à Wall Street: alors que la Bourse est en grande forme et proche de ses records, l'ambiance est à la frilosité que ce soit sur le pétrole ou les résultats d'entreprises, deux éléments qui vont largement dominer la semaine prochaine.

Depuis le week-end dernier, l'indice Dow Jones Industrial Average a pris 1,82% à 17 897,46 points et le Nasdaq, à dominante technologique, 1,80% à 4938,22 points.

Jugé le plus représentatif par de nombreux investisseurs, le S&P 500, un indice élargi, a avancé de 1,62% à 2080,73 points.

Le Dow Jones et le S&P 500 ont beau n'être qu'à 2% ou 3% de leurs records, battus il y a un peu moins d'un an, «beaucoup de gens restent très prudents sur le marché», a souligné Tom Cahill, de Ventura Wealth Management.

Cette prudence n'a pas empêché les titres des banques, premiers grands groupes à annoncer leurs résultats trimestriels avec cette semaine Bank of America, Citi, JPMorgan et Wells Fargo, de bondir et d'entraîner avec elles Wall Street, malgré des chiffres en demi-teinte.

«Cela montre à quel point les investisseurs sont désabusés mais qu'il leur suffit de peu pour leur donner du courage», a jugé Gregori Volokhine, de Meeschaert Financial Services. «Ces banques avaient tellement bien communiqué que le premier trimestre allait être catastrophique que les investisseurs s'étaient positionnés de façon bien trop pessimiste.»

«Et c'est ce que l'on souhaiterait de toute cette saison de résultats: médiocres mais meilleurs que prévu», a-t-il ajouté.

Alors que les chiffres du secteur financier sont généralement perçus comme un peu à part dans l'économie, la semaine prochaine s'annonce plus fournie, avec une centaine d'entreprises concernées, et plus diversifiée avec des géants de la technologie comme Intel (mardi), Microsoft et Alphabet/Google (tous deux jeudi), des figures de l'agroalimentaire comme Coca Cola (mercredi) ou des constructeurs automobiles comme General Motors (jeudi).

«Je pense que la Bourse est prête à monter quand bien même ces groupes ne feraient qu'annoncer des résultats semblables aux attentes et s'abstenir d'abaisser leurs prévisions», a estimé Michael James, de Wedbush Securities, notant lui aussi que les expectatives sont particulièrement peu élevées.

Contraste

Avant même ces résultats, quand Wall Street se réveillera lundi, les investisseurs auront déjà beaucoup à digérer au lendemain d'une réunion très attendue entre une quinzaine de pays producteurs de pétrole, à Doha au Qatar.

«Son issue va avoir un effet conséquent sur la tendance des cours du pétrole, ainsi que sur le sentiment de la Bourse», a estimé M. James.

Alors que la surabondance de pétrole persiste largement, les investisseurs espèrent que ce sommet, auquel participeront la plupart des membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et d'autres producteurs comme la Russie mais pas les États-Unis, débouche sur un accord de stabilisation de l'offre.

«Si cela n'aboutit pas à un quelconque accord sur un gel de la production, on risque de voir une baisse des cours, qui pourrait plomber la Bourse», a prévenu M. Cahill, rappelant que les cours pétroliers ont fortement monté depuis le début avril dans le début de cette réunion.

De fait, comme pour Wall Street de façon même plus notable, la bonne performance du marché pétrolier, qui a encore légèrement avancé cette semaine, contraste avec la grande prudence des observateurs, dont bien peu s'attendent à des avancées conséquentes à Doha.

«Ce qui est très intéressant c'est ce qu'a dit le patron de Rio Tinto vendredi matin: que la hausse des métaux n'est pas tenable», a remarqué M. Volokhine. «Lui même, patron de la plus grosse entreprise de production de fer, se rend compte que les choses ont monté trop vite sur des phénomènes techniques... Et on pourrait dire ça pour le pétrole aussi.»

Quant à Wall Street, qui a largement suivi depuis le début de l'année les mouvements de l'or noir et a massivement rebondi après un mauvais début d'année, «le sentiment y reste plutôt négatif», a reconnu M. James.

«Cela faisait un moment qu'un rebond n'avait pas été aussi mal vu», a-t-il conclu.




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