Qui a peur d'une hausse de taux?

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Le marché des actions devrait bien s'accommoder d'une hausse modérée de taux d'intérêt, dans l'environnement actuel de bas coût du capital. Même que les secteurs boursiers plus cycliques pourraient - enfin - rebondir.

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Paul Durivage
La Presse

Depuis le temps qu'on l'attend, le marché des actions devrait bien s'accommoder d'une hausse modérée de taux d'intérêt, dans l'environnement actuel de bas coût du capital. Même que les secteurs boursiers plus cycliques pourraient - enfin - rebondir.

Suivant le scénario le plus attendu, le dollar américain pourrait se déprécier brièvement, ce qui va relâcher de la pression sur l'économie nationale. Premier intéressé, le billet vert anticipe la hausse des taux depuis l'épuisement progressif («tapering») du programme d'assouplissement quantitatif de la Fed en octobre 2014. Il trône aujourd'hui sur le monde, le dollar canadien étant carrément à genoux devant lui.

Les ressources naturelles vont, a contrario, légèrement rebondir avec la bonne tenue de l'économie que présume l'action de la Fed. Dans l'ensemble, le marché boursier canadien avec son lot de sociétés exportatrices et de producteurs de ressources se trouvera bien positionné pour le traditionnel rallye de fin d'année.

«Dans un environnement de faibles taux d'intérêt, les actions ont tendance à offrir des rendements positifs quand les taux augmentent, rappelait Jonathan Golub, responsable de la stratégie chez RBC Marchés des Capitaux à New York, dans une note de recherche publiée en début d'année, mais encore plus pertinente alors que la Réserve fédérale devrait - finalement - passer à l'acte demain. Cela est aussi vrai pour les titres à dividendes élevés, bien que dans une moindre mesure, a aussi démontré le grand stratège de RBC Marchés des Capitaux.

Des taux d'intérêt à court terme plus élevés n'ont par ailleurs rien pour faire compétition au marché des actions après des années de taux zéro. Les obligations du Canada échéant dans 30 ans rapportent actuellement au plus 2,3%. La partie longue de la courbe des taux pourrait même n'être aucunement affectée par la décision de la Fed.

Les secteurs touchés

Les entreprises du secteur de la finance sont considérées comme les premières bénéficiaires d'une hausse de taux. Les banques pourront notamment améliorer les marges bénéficiaires entre les taux sur prêts et le coût du crédit, après des années de contraction qui ont porté cet écart au minimum. Robert Sedran, de la CIBC, s'attend à ce que les banques américaines et les canadiennes actives aux États-Unis en profitent le plus. Il cite la Banque de Montréal, la Royale et la Toronto-Dominion.

Les sociétés industrielles et technologiques ainsi que les producteurs d'énergie sont aussi prompts à décoller avec les taux, selon une recherche collective mettant à contribution les économistes, stratèges et analystes, tant techniques que fondamentaux, de la RBC, publiée il y a un an et demi, devant ce qui paraissait déjà inévitable. Avec l'amélioration sous-jacente de l'économie, les bénéfices des sociétés industrielles et technologiques sont appelés à augmenter en fin de compte. Les sociétés du secteur de l'énergie profiteront par ailleurs de meilleurs prix pour leurs produits.

Le secteur des mines et métaux est aussi corrélé positivement aux taux d'intérêt. Martin Roberge, stratège de Canaccord Genuity, notait, après que la Fed se fut abstenue en septembre dernier, que les titres de ressources s'étaient relativement bien comportés six mois après la hausse de décembre 1986.

Métaux précieux

L'or, l'argent et même le platine ne font pas exception. Ces métaux précieux ont historiquement le rôle d'anti-dollar, c'est-à-dire qu'ils s'apprécient quand le billet vert s'affaiblit. Le service de recherche de la Banque Laurentienne s'attend d'ailleurs à ce que la hausse des taux cette semaine relâche la pression sur l'or dans la mesure où la Fed montrera de l'assurance.

Les domaines plus à risque sont ceux qui ont le plus profité de la baisse des taux jusqu'à maintenant, comme les infrastructures énergétiques et les fonds de revenus immobiliers. Les services de télécommunications, de gros emprunteurs, et les sociétés forestières, particulièrement celles exposées au marché de la construction domiciliaire aux États-Unis, sont aussi menacés, suivant le plan de la RBC.




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