Les marchés européens ont perdu du terrain lundi sans céder à la panique au lendemain de la victoire du non grec au référendum, avec en ligne de mire la reprise des négociations avec les créanciers dès mardi.

«La réaction immédiate des marchés au référendum est restée limitée», constatent dans une note les stratégistes d'Axa IM. Pour autant, «les marchés devraient rester incertains jusqu'à plus de clarté sur la poursuite (ou non) de la négociation», ajoutent-ils.

Après avoir opté pour l'attentisme vendredi avant le scrutin, les principaux indices boursiers européens ont terminé la séance de lundi en forte baisse, affichant leur prudence tout en cherchant à limiter leur perte.

«La volatilité pourrait augmenter, jusqu'à ce qu'un accord se dessine», indique encore Axa IM.

La Bourse de Francfort a perdu 1,52%, Paris 2,01%, Londres 0,76%, Madrid 2,22% et Milan 4%.

La Bourse de New York a également démarré la séance en territoire négatif.

Le dossier grec «reste un facteur d'instabilité sur les marchés, mais ils y sont moins sensibles qu'auparavant», souligne Thibault Prébay, directeur du département taux chez Quilvest Gestion.

De son côté, l'euro faisait preuve d'une grande résistance et valait 1,1073 dollar contre 1,1039 dollar vendredi vers 17h (HE). La monnaie unique était descendue jusqu'à 1,0963 dollar juste après l'annonce des résultats du scrutin.

De même, le marché de la dette a gardé la tête froide. Le taux d'emprunt à 10 ans de l'Espagne a fini à 2,372% contre 2,212% vendredi à la clôture du marché secondaire, celui de l'Italie à 2,387% contre 2,248%.

En revanche, le taux grec a souffert, grimpant à 18,089% contre 14,630%.

Les Grecs ont clairement dit non aux exigences des créanciers, votant à 61,31% en faveur du non à leurs propositions, un rejet massif qui entraîne une grande incertitude quant à l'éventuelle reprise des négociations et fait craindre une possible sortie du pays de la zone euro.

Les marchés vont désormais être suspendus aux déclarations et réunions à venir.

Une réunion entre le président français François Hollande et Angela Merkel doit avoir lieu lundi soir à Paris avant une réunion des ministres des Finances de la zone euro mardi (eurogroupe) et un sommet européen sur l'avenir financier de la Grèce mardi soir.

Le Fonds monétaire international (FMI) est prêt à aider la Grèce «si on lui en fait la demande», a déclaré lundi sa directrice générale Christine Lagarde au lendemain du rejet du plan des créanciers.

Démission surprise de Varoufakis

Selon les gérants de Barclays Bourse, «le non au référendum va pouvoir accélérer la recherche d'une solution plus pérenne au sujet de la dette grecque entre Athènes et ses créanciers (sortie de la Grèce de la zone euro ou compromis)».

Les investisseurs se sont également montrés rassurés par l'annonce surprise de la démission du ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, interprétée comme une volonté de la part du gouvernement grec de faciliter les négociations avec ses créanciers.

Le marché sera par ailleurs attentif à la réaction de la Banque centrale européenne (BCE) qui devait faire le point lundi soir sur les aides d'urgence (ELA) accordées aux banques grecques, selon des sources bancaires.

«Il est apparu évident que, quelle que soit la décision sur l'ELA, la BCE était prête à revoir sa politique quantitative pour prévenir la contagion du risque grec aux autres pays», rappellent les économistes chez Oddo Securities.

Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, a rappelé samedi que «dans les circonstances de très grande incertitude en Europe et au niveau international, la BCE a été très claire, si c'est nécessaire on fera plus».

Plus tôt dans la matinée, les marchés asiatiques ont nettement reculé.

Tokyo a perdu 2,08%, Hong Kong 3,18%, Sydney 1,14%, Séoul 2,40% et Wellington 1,10%.

De son côté, après l'annonce de plusieurs mesures pour enrayer la débâcle des marchés chinois, la Bourse de Shanghaï a rebondi (+2,41%) effaçant toutefois une grande partie des gains massifs enregistrés en début de séance, sur fond d'intense volatilité.

La Bourse de Shenzhen a quant à elle fini en chute de 2,70%.

La dégringolade récente de Shanghai est due à l'éclatement d'une bulle locale aux fondements fragiles et dopée à l'endettement. Avant de s'affaisser, la place shanghaïenne s'était envolée de 150% en douze mois et elle paie désormais le prix de ses excès.