Les spéculateurs défient les banques

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La ronde des dévoilements bancaires commence dès aujourd'hui avec les chiffres de la Banque de Montréal, suivis par ceux de la Royale et de la Nationale, demain.

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Paul Durivage
La Presse

Même si les attentes sont basses, les spéculateurs croient qu'il y aura des déceptions alors que cinq des six grandes banques canadiennes dévoilent cette semaine leurs résultats financiers pour le premier trimestre de leur nouvel exercice.

Les trois plus grandes banques canadiennes figurent parmi les 20 titres le plus vendus à découvert, suivant le dernier rapport consolidé bimensuel de la Bourse de Toronto. La Royale et la Scotia se sont jointes en début d'année à la Toronto-Dominion qui participe à cette liste noire depuis maintenant un an. La Banque de Montréal, dans le top 30, gravit rapidement les échelons.

Les investisseurs américains sont particulièrement actifs à jouer contre les cinq grandes banques canadiennes sur leur marché. L'agence Reuters dénombre notamment une augmentation de 82% du nombre d'actions survendues de la TD depuis un an.

«Les positions à découvert dans les titres des banques canadiennes ont augmenté au cours des deux derniers mois, et la hausse provient principalement des États-Unis, écrit l'analyste Peter Routledge, de la Financière Banque Nationale. Cela ne fait pas seulement refléter les préoccupations à l'égard de l'économie canadienne, mais les amplifie.»

Basses attentes

Les ventes à découvert sont un mécanisme spéculatif qui consiste à emprunter à son courtier des actions dont on pense que le prix va baisser et à les vendre, dans l'espoir de les racheter plus tard à un meilleur prix. Cette stratégie est souvent employée par les investisseurs aguerris qui cherchent à protéger leurs gains dans l'anticipation de mauvais résultats financiers.

Les analystes ont eux-mêmes réduit leurs attentes et abaissé leur cible de prix pour les banques. «Les bas prix du pétrole seront certainement un point de mire, et même s'il est trop tôt pour voir quelque impact sur les portefeuilles de prêts des banques, il y aura probablement des effets sur les activités de financement du groupe», écrit l'analyste Doug Young, de Desjardins Marchés des capitaux. Celui-ci ne prévoit guère d'autres surprises à l'occasion de la ronde des dévoilements bancaires qui commence dès aujourd'hui avec les chiffres de la Banque de Montréal, suivis par ceux de la Royale et de la Nationale, demain.

Les grandes banques canadiennes ont perdu près de 5% de leur valeur depuis le début de l'année. Elles ont connu leur plus mauvais départ en 25 ans, avec une chute de près de 10% en janvier. Leur fort rendement en dividendes, d'autant plus intéressant avec la baisse récente des taux d'intérêt au Canada, leur fournit par contre un bon support.

«Les rendements de dividendes sont attrayants pour l'instant, mais attention, car une augmentation des pertes sur prêts semble de plus en plus probable cette année, si bien que les vendeurs à découvert n'ont probablement pas encore dit leur dernier mot», prévient Peter Routledge.

Doug Young, de Desjardins Marchés des capitaux, prévoit une augmentation moyenne de seulement 4% du bénéfice par action des six grandes banques. Ce serait par contre suffisant pour que la Scotia, la TD et la Royale augmentent leurs dividendes. Sa préférence d'investissement va par ailleurs à cette dernière en raison de l'importance de ses activités de gestion de patrimoine. La première banque canadienne est aussi «le numéro un» dans les fonds communs et le courtage de valeurs mobilières auprès des petits investisseurs, note-t-il.




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