Le pétrole plombe l'ambiance

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Paul Durivage
La Presse

Heureuse perspective pour les automobilistes, mais dur constat pour les investisseurs: les bas prix du pétrole sont là pour durer. Et l'on parle ici possiblement d'une bonne dizaine d'années.

«Nous sommes dans les premières années d'un cycle séculaire pour les ressources naturelles», rappelle Shawn Driscoll, directeur du fonds T. Rowe Price New Era axé sur les ressources naturelles, dans son plus récent rapport semestriel.

Les cycles des produits de base sont très longs, à la hausse comme à la baisse. Ils durent environ 13 à 15 ans, «parce que cela prend du temps avant que les fondamentaux de l'offre et de la demande aillent aux extrêmes», a expliqué l'analyste en entrevue à MarketWatch, hier.

Le dernier supercycle haussier pour le pétrole a commencé en 1998, après des années de bas prix qui avaient notamment entraîné la fermeture de puits. Cela a culminé en juillet 2008 quand le Brent du Nord a atteint près de 150$US le baril. Les prix sont ensuite demeurés à des niveaux élevés, suscitant une véritable ruée vers l'or noir en Amérique du Nord. On le retrouve aujourd'hui à 79,41$US, son plus bas niveau en 4 ans.

Dans son rapport mensuel publié cette semaine, l'Agence internationale de l'énergie prédit aussi de bas prix pour le brut, jusqu'en 2015 tout au moins, malgré l'agitation géopolitique dans les principales régions productrices. Les économistes invoquent la stagnation de la demande mondiale, la situation de surplus dans l'ouest du continent et la politique de prix cassé de l'Arabie saoudite.

Des exceptions

Le marché boursier canadien a bien profité du dernier supercycle haussier, puisque les ressources comptent pour 23% de l'indice général S&P/TSX. Avec le renversement de cycle, le quart de la valeur du sous-indice de l'énergie a déjà été effacé. Le rebond de début d'année aura été le chant du cygne.

Cela ne va pas sans de nombreuses exceptions, néanmoins. Des entreprises comme Painted Pony Petroleum (+ 63% en 2014), qui a eu la main heureuse avec ses forages, TransCanada (+ 16,3%), dont le projet de pipeline transfrontalier Keystone XL vient de recevoir l'aval de la Chambre des représentants aux États-Unis, et la pétrolière intégrée Imperial Oil (+ 14,9%), dont les gains liés aux activités de raffinage et de distribution compensent la baisse de prix pour le brut, améliorent la moyenne.

On compte en fait presque autant de titres énergétiques à la hausse qu'à la baisse, depuis le 1er janvier. C'est ainsi que si les stratèges financiers sont très réticents - pour le moment, du moins - à investir dans le secteur de l'énergie, les analystes y dénichent encore des occasions. Par exemple, la société albertaine Parex Resources (+ 43%), qui produit du pétrole en Colombie, est unanimement recommandée par les 12 analystes qui s'y intéressent.

Canadian Natural Resources (+ 13,0%), Suncor (+ 5,2%) et TORC Oil&Gas (+ 0,8%) figurent aussi parmi les titres chouchous de la communauté financière. Cette dernière est particulièrement bien dotée pour faire face à de bas prix pour le brut, notait cette semaine Kristopher Zach, de Valeurs mobilières Desjardins.

Fait à noter, l'éclipse des titres de ressources rend généralement le reste du marché radieux. C'était le cas en 1982 quand le grand cycle boursier haussier a démarré.

LA RECOMMANDATION 

Vous avez besoin de prendre des pertes fiscales, mais n'osez pas vous défaire de vos titres pétroliers malgré leurs déboires? Le service de recherche de la Financière Banque Nationale sur les fonds négociés en Bourse (FNB) a une suggestion. Alors qu'approche la fin d'année, les investisseurs qui ont regardé fondre leur placement dans Talisman Energy ou Husky Energy peuvent vendre ces actions et réinvestir le produit dans un fonds pétrolier, comme HEE d'Horizons, qui présente une bonne corrélation. Si l'occasion s'y prête, les investisseurs pourront vendre le FNB et racheter le titre cédé en échange, 30 jours plus tard, sans perdre l'avantage fiscal recherché.




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