Investir dans le S&P 500 à bas coût

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Dans son rapport annuel pour 2013, Warren Buffett, mythique gestionnaire du fonds Berkshire Hathaway, a carrément suggéré aux investisseurs d'opter pour un fonds indiciel plutôt que pour son propre fonds.

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Paul Durivage
La Presse

La recommandation vient du célèbre investisseur Warren Buffett ce printemps. Le milliardaire Chuck Schwab l'a répétée la semaine dernière. Le marché boursier américain, avec un nouveau record pour l'indice élargi S&P 500, leur a donné raison encore hier.

Dans son rapport annuel pour 2013, le mythique gestionnaire du fonds Berkshire Hathaway, humilié par la croissance de 30% du S&P 500 alors qu'il avait généré un rendement de «seulement» 18,2%, s'était montré plus que bon joueur. Il avait carrément suggéré aux investisseurs d'opter pour un fonds indiciel plutôt que pour son propre fonds, beaucoup plus onéreux.

«L'investisseur non professionnel ne devrait pas chercher les titres gagnants - ni lui ni ses «aides» ne peuvent le faire -, mais devrait plutôt chercher à posséder une sélection d'entreprises qui, dans l'ensemble, est appelée à bien faire. Un fonds indiciel à faible coût S&P 500 atteindra cet objectif», écrivait Buffett à ses porteurs d'actions ordinaires à 191 000$US chacune.

Même que, a-t-on alors appris, le détenteur de la quatrième fortune mondiale, fidèle à ses convictions, a dicté dans son testament d'investir 10% de l'héritage de sa femme dans des obligations gouvernementales à court terme et 90% dans un fond à très bas coût basé sur le S&P 500. «J'ai suggéré celui de Vanguard», précise-t-il.

Allant lui aussi contre ses intérêts, Charles Schwab, fondateur de la firme financière du même nom, disait la semaine dernière au cours d'une conférence téléphonique que les fonds diversifiés à faible coût qui calquent les grands indices boursiers sont la meilleure approche d'investissement pour 95 à 98% des Américains.

Radiographie du VFV

Le fonds économico-pratico-pratique cité par Warren Buffett porte l'acronyme VFV à la Bourse de Toronto, où il est négocié en dollars canadiens. Les frais de gestion sont de 0,18% seulement. Vanguard a aussi un fonds négocié en Bourse basé sur le S&P 500 ajusté pour tenir compte des écarts de change entre le Canada et les États-Unis. On lui préférera cependant la version originale (voir encadré).

D'autres fonds négociés en Bourse calquent l'indice élargi américain. Pat Chiefalo, expert de ces produits à la Financière Banque Nationale, cite aussi le fonds non indexé ZSP de la Banque de Montréal parmi ses favoris avec le VFV. Ses frais de gestion sont même un peu plus bas, soit de 0,17%.

Les fonds basés sur le S&P 500 se retrouvent du coup avec 19% de titres technologiques américains, 16% de valeurs financières et 13% d'entreprises du secteur de la santé. Les principales composantes sont Apple pour 2,9% du portefeuille, Exxon Mobil (1,9%) et Google (1,9%). Fait à signaler, le conglomérat de Warren Buffett compte pour 1,3% de l'indice.

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Couverture de devises ou non

Des fonds négociés en Bourse investis aux États-Unis permettent aussi de couvrir le risque de change. L'investisseur se prémunit ainsi contre une hausse de valeur du dollar canadien. Par contre, il sera quitte si le huard continue de se déplumer.

Cette couverture vaut-elle la chandelle?

Ian Gascon, président de Placements Idema, un gestionnaire de portefeuille spécialisé dans les fonds négociés en Bourse, a une approche relativement simple et intuitive de la question du «hedging». Selon lui, l'investisseur canadien réduit la volatilité de son portefeuille à long terme en ne couvrant pas le risque de devises.

Le Canada étant un pays axé sur les ressources naturelles, explique-t-il, notre monnaie s'apprécie davantage durant les phases d'expansion économique mondiale et elle se déprécie davantage durant les périodes de récession mondiale.

Au contraire, les monnaies refuges, comme le dollar américain, s'apprécient généralement par rapport au dollar canadien en période de crise.

Cette situation particulière du Canada fait en sorte que le fait de ne pas couvrir le risque de devises lorsqu'on investit à l'étranger constitue une protection naturelle contre une baisse des marchés généralisée.

«Ce n'est pas une relation parfaite, et le futur pourrait être différent pour plusieurs raisons, mais l'hypothèse de travail est intéressante», convient Ian Gascon.




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