Portefeuille fictif: nouvelle année, nouvel optimisme

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Rudy Le Cours
La Presse

Comme au début de chaque trimestre, La Presse reprend sa consultation avec quatre experts en répartition d'actifs. En ce début de 2014, nous leur demandons de revenir sur les faits saillants de l'automne, mais surtout d'indiquer leurs attentes pour la nouvelle année. Nous leur demandons enfin d'ajuster la répartition d'actifs de leur portefeuille fictif que nous calibrons désormais à 100 000$. L'exercice consiste à formuler des recommandations pour faire fructifier ou pour protéger le capital d'un REER autogéré.

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L'année 2013, son dernier trimestre en particulier, aura surpris maints investisseurs par la constante appréciation des marchés boursiers nord-américains, japonais et européens, en dépit des comportements erratiques de Washington, qui aura paralysé le gouvernement durant deux semaines, début octobre.

Michel Doucet, vice-président, gestion de portefeuille chez Desjardins Marchés des capitaux, résume la situation en quelques mots: tapering (ralentissement de la détente monétaire américaine), synchronisation de la croissance, désinflation, développement du marché intérieur chinois. «Depuis 1900, c'est arrivé 29 fois que le S&P 500 augmente de plus de 20%, ajoute-t-il. L'année suivante, le rendement moyen est de 7,7%, ce qui est correct.»

«L'économie américaine a surpris tous les sceptiques, renchérit Vincent Delisle, stratège chez Scotia Capitaux. La logique de surperformance s'est maintenue. Reste à voir comment les marchés boursiers vont survivre à l'amélioration de l'économie.»

La poussée boursière de l'automne s'est produite en dépit d'un ralentissement de la croissance qui avait dépassé les 4% en rythme annualisé au troisième trimestre. «Il n'y a pas eu ralentissement de la création d'emplois par le secteur privé, explique Stéfane Marion, économiste en chef et stratège à la Banque Nationale. Et ça m'étonnerait qu'il y ait une crise au Congrès. Les élus ne voudront pas déterrer la hache de guerre juste avant les élections de mi-mandat.»

«Le secteur privé américain prend la relève, renchérit François Bourdon, vice-président et chef adjoint des placements chez Fiera Capital. Et en 2014, on verra la poursuite de l'excellence nord-américaine. Washington avait retranché presque 1,5 point de pourcentage à la croissance. Cette année, c'est presque zéro. Le PIB devrait augmenter de 2,5 à 3,5%.»

Pourtant, il place seulement 20% de ses billes dans les actions américaines, contre 30% pour les canadiennes. «On est plus optimistes. On va bénéficier de la croissance américaine et notre dollar est plus faible.»

Michel Doucet diverge. Le redéploiement de l'économie chinoise vers la demande intérieure dévalorisera les prix des ressources naturelles, qui pèsent lourd dans l'indice canadien. En plus, l'endettement des ménages freinera la consommation. À l'opposé, plus du tiers des profits du S&P 500 viennent de l'étranger.

M. Marion n'est pas d'accord. Il s'interroge sur la capacité des entreprises à conserver leurs marges de profit. «Les gens sont trop optimistes en ce qui a trait à la croissance nominale», explique-t-il, ce qui l'incite à ne pas négliger le marché obligataire, qui fera moins mal que ne l'escomptent ses trois collègues, prédit-il.

En plus, il s'attend à ce que le dollar canadien regagne un peu de tonus en seconde moitié d'année, surtout si Ottawa parvient à se donner une politique énergétique susceptible d'attirer les investissements. Le pipeline ferroviaire actuel a ses limites, souligne-t-il.

Vincent Delisle juge que les décisions des banques centrales seront déterminantes. En particulier la façon dont la Réserve fédérale va s'y prendre pour stopper sa planche à billets. «Cela risque de créer de la volatilité, ce qui est néfaste pour les secteurs sensibles aux variations de taux d'intérêt: les services publics, les fiducies de revenus, les métaux précieux et les obligations.»

Le choix des titres fera une grande différence.

François Bourdon boude les pays émergents. Ils seront victimes de la migration des capitaux vers les États-Unis, devenus plus compétitifs avec la révolution énergétique en cours et des salaires qui n'augmentent que faiblement.

Dernière remarque, MM. Bourdon et Marion sont moins investis en actions. Ce choix est dicté à la fois par la prudence et par la composition de leur clientèle, qui compte un âge moyen plus élevé. Cela exige d'accorder une plus grande importance à la protection du capital plutôt qu'à sa croissance dans la répartition de l'actif.

Il en va d'ailleurs de même pour les régimes de retraite qui comptent une proportion de retraités au moins aussi élevée que celle des participants actifs.




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