La Bourse rebondit, la confiance perdure

Connor O'Brien est président et chef des placements... (Photo André Pichette, Archives La Presse)

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Connor O'Brien est président et chef des placements chez Gestion d'actifs Stanton.

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Chaque semaine, un financier répond à nos questions. Il donne sa lecture des marchés, offre son point de vue sur la Bourse et lance quelques conseils d'investissement. Ce dimanche, Connor O'Brien, président et chef des placements chez Gestion d'actifs Stanton, à Montréal.

À votre avis, quel est l'événement le plus significatif des derniers jours à la Bourse ?

C'est la vigueur du rebondissement des principaux indices, sur la Bourse américaine surtout, après la chute de 10 % environ survenue à la mi-octobre.

Ça démontre que les investisseurs en général sont confiants et que des liquidités demeurent disponibles à investir en Bourse, en dépit des inquiétudes suscitées par le contexte géopolitique - État islamique, Ebola, etc. - et la faiblesse de la croissance économique mondiale.

Quant à la Bourse canadienne, l'événement le plus significatif est la chute persistante des prix du pétrole. D'autant qu'elle s'est répercutée dans les cours de certains métaux industriels et même le prix de l'or, en accentuant des marchés déjà baissiers depuis un certain temps.

Quel indicateur suivez-vous le plus attentivement en ce moment ?

Comme investisseurs en Bourse, ce que nous voulons acheter, ce n'est pas toute l'économie. Mais plutôt, ce sont des actions d'entreprises que nous estimons à bon prix et à bon potentiel de rendement en fonction de leurs risques d'affaires et des risques de marché.

C'est pourquoi, comme chef des placements chez Stanton, j'accorde plus ou moins d'importance aux grands indicateurs économiques. Ce que je surveille le plus avec mes collègues, c'est l'évolution réelle et prévisible des bénéfices et des dividendes des entreprises dans lesquelles nous sommes déjà investis, ou que nous pensons investir.

En termes d'indicateurs chiffrables, nous surveillons donc étroitement les résultats annoncés des entreprises, ainsi que leurs objectifs énoncés et leurs capacités à les atteindre.

En parallèle, nous surveillons l'évolution des prévisions et les attentes de résultats des analystes qui suivent ces mêmes entreprises.

Enfin, nous gardons un oeil attentif sur l'évolution comparative des multiples cours/bénéfice. Entre les entreprises comparables d'un même secteur d'activité, d'une part, mais aussi par rapport à l'ensemble du marché boursier où leurs actions sont transigées.

Que feriez-vous avec plusieurs milliers de dollars à investir ? 

Dans les fonds d'investissement de type « équilibré » que nous gérons, nous sommes encore ces temps-ci à notre allocation maximale en actions, de préférence aux titres à revenus fixes.

Nous continuons de préférer la Bourse - américaine surtout - parce que nous nous attendons à une période de rendement assez fiable, autour de 8 % à 10 % par an, pour les deux prochaines années au moins.

Quant à nos préférences sectorielles, nous investissons ces temps-ci dans les actions d'entreprises américaines les plus susceptibles de profiter du regain de l'emploi et de la consommation aux États-Unis : technologies, soins de santé, grands détaillants.

À l'opposé, quel placement évitez-vous ces temps-ci ?

Nous évitons d'investir dans les obligations à faible rendement courant et à longue échéance, en raison du risque trop important de perte de valeur lors de la remontée des taux d'intérêt.

Pour quantifier ce risque, rappelons que par le passé, une remontée des taux de deux points de pourcentage (200 points de base) a provoqué habituellement une perte de valeur d'au moins 7 % des obligations négociables à échéance de 10 ans.

Sur la Bourse canadienne, nous demeurons prudents envers les actions d'entreprises des secteurs de l'énergie et des matières premières.

Parce qu'en dépit de leur rechute récente, et la possibilité d'un plancher attrayant pour les investisseurs opportunistes, nous estimons que les marchés du pétrole et des matières premières demeurent vulnérables à des facteurs géopolitiques et la baisse de la demande chez de gros pays consommateurs, comme la Chine.

Par ailleurs, nous évitons d'investir dans les actions d'entreprises liées au marché de l'or.

Pour l'avenir prévisible, nous ne voyons aucune raison dans l'économie mondiale ou la demande pour l'or qui pourrait susciter une revalorisation.

Qu'est-ce que les marchés sous-estiment le plus actuellement ?

C'est l'impact durable et favorable en Bourse des masses de liquidités qui sont injectées dans le système financier et économique par les principales banques centrales du monde.

D'autant qu'après la Réserve fédérale américaine (Fed), on voit maintenant la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque du Japon intervenir massivement en ce sens.

Pour les investisseurs qui craignent avoir « manqué » le cycle haussier, cette injection continue de liquidités doit être interprétée positivement, un soutien à la « normalisation » des marchés boursiers et financiers, après une période de grande volatilité.

Dans ce contexte, je crois qu'il y a encore trop de particuliers investisseurs qui demeurent sous-investis en Bourse, et qui risquent maintenant de rater leurs objectifs de patrimoine requis pour financer leur retraite.

Au lieu d'attendre, ces investisseurs auraient intérêt à investir dans des fonds bien équilibrés, avec une certaine tolérance au risque. L'alternative de rendement zéro sur des liquidités, sinon négatif après l'inflation et l'impôt, est plus risquée à long terme.

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Connor O'Brien est président et chef des placements chez Gestion d'actifs Stanton. Cette firme montréalaise gère près d'un milliard en actifs provenant de fonds d'investissement - les fonds O'Leary - et de clients fortunés en gestion privée.

M. O'Brien cumule 25 ans d'expérience sur les marchés financiers canadiens et américains, dont 15 ans à New York, chez Lehman Brothers et Merrill Lynch, dans le domaine des fusions-acquisitions et de la gestion de capitaux privés et de portefeuilles boursiers.




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